Les lichens, des pistes à suivre

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Les lichens, des pistes à suivre

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« Lichen » est à la base emprunté au grec « Leikhên », signifiant « lécher ». En effet, cette appellation viendrait de la faculté de ces organismes à s’accrocher aux rochers ou aux arbres sur lesquels ils poussent.

Fiche pédagogique sur les Lichens ou comment faire avec des lichens, de l’éducation aux sciences sans trop de peine ??

INTRODUCTION


Tube lichen
Crédit : http://www.naturephoto-cz.com/tube-...

Les lichens sont des organismes un peu particuliers. Ils résultent d’une symbiose entre une algue et un champignon. Cette association entre deux êtres vivants a une répartition très vaste du point de vue des biotopes (toit, rocher, arbre…) et une grande répartition latitudinale.
Les lichens sont des organismes pionniers, ils sont capables de pousser sur le sable, les pierres, le sol nu, sur les coulées de lave sitôt refroidies, là où aucun végétal ne prétend s’aventurer. Ils retiennent la poussière qui est amenée par le vent accumulant des éléments constituants un sol. S’incrustant dans le substrat et libérant des acides, ils désagrègent la roche et la pulvérisent, contribuant ainsi, avec le temps, à la genèse du sol. Ils ouvrent alors la voie à toute une dynamique de colonisation végétale : les mousses, les fougères puis les plantes supérieures.

le lichen : un boss des math ?

ENJEUX : Pourquoi choisir le thème des lichens en fiche pédagogique ?


Pour des enjeux écologiques :

Il semblerait que ces organismes soient tout d’abord très sensibles à des formes de pollution. Souffrant des activités humaines d’une façon sensible, les lichens sont utilisés comme d’excellents bio-indicateurs. La présence ou l’absence de certaines espèces reflètent le taux de pollution de l’air. Dans un milieu naturel, l’abondance et la diversité des lichens sont les signes d’une bonne santé écologique. Actuellement en complément des méthodes directes de mesures physico-chimiques, la présence de groupement d’espèces de lichens poussant notamment sur les arbres permet d’établir des cartes représentant des niveaux de pollution par le dioxyde de souffre (SO2) notamment.
Dans la nature les lichens sont le maillon de base sur lequel repose l’écosystème arctique par exemple. Dans la toundra, ils forment un épais tapis qui régule l’humidité et la température au sol. Ils offrent aux rennes européens et aux caribous canadiens jusqu’à 90 % de leur alimentation hivernale. Les lichens offrent aussi le gîte et le couvert à des escargots, des limaces, des chenilles, des papillons. Des grenouilles viennent s’y camoufler et de nombreux oiseaux trouvent en eux des matériaux de choix pour construire leurs nids.

Lichen autour d’un nid d’oiseau
Crédit : http://naturnet.free.fr/html/pinson.html

Pour des enjeux alimentaires :

Les hommes ont aussi tiré profit des lichens. De nombreuses espèces (exemple : les usnées), entrent dans diverses recettes traditionnelles.
Malgré leur goût amer, elles sont consommées dans certains pays. Les lapons tirent par exemple une farine de la mousse d’Islande pour la pâtisserie tandis que les japonais sont friands de watakes et autres tripes de roches (nom donné à certains lichens). Nous pouvons citer pour finir la manne du désert qui est une espèce formant une source de nourriture en Afrique du Nord et en Asie.

Pour des enjeux vestimentaires :

En décoration, de nombreuses espèces peuvent fournir des teintures naturelles, connues sous le nom d’orseilles. Celle d’Auvergne qui donnait aux étoffes une coloration rouge ou violette pourpre était tirée de la parelle (Ochrolechia parella), une croûte blanchâtre qui pousse sur les schistes.

Le tweed écossais, les tapis navajos, les vêtements indiens de fêtes en Alaska.., tous tirent des lichens des camaïeux de verts, bleus, jaunes, rouges ou bruns. Les espèces du genre Roccella fournissent par ailleurs la teinture de tournesol.

LES RECHERCHES ACTUELLES

Fin XIXe, la symbiose est découverte :

Les lichens sont des êtres doubles. D’abord considérés comme des mousses, puis rapprochés des fougères et des algues finalement des champignons, les lichens ont été difficiles à classer. Ce n’est qu’en 1867 qu’un botaniste suisse Colonie de vacances
Valais
Suisse
Objectif Sciences International (OSI) organise des colonies de vacances scientifiques dans le Valais Suisse, ainsi que d’autres vacances à la montagne en suisse. De nombreuses thématiques sont proposées : nature, faune & flore, drones, géologie, architecture, paléontologie... Vous souhaitez plus d’informations ? Suivez ce lien sur les séjours nature.
Schwendener, découvre la dualité profonde de ces organismes formés de l’union d’une algue et d’un champignon. Lorsque cette conception fut acceptée, les scientifiques nommèrent cette union symbiose, un terme issu du grec signifiant « vivre ensemble ». Une sorte de mariage au sein duquel chaque partenaire dépend de l’autre pour survivre. Depuis les lichens classés dans le règne fongique (champignons) sont étudiés par une science nommée lichénologie.

Un mode d’association entre deux organismes efficace malgré une faible croissance :

Les premiers lichens remonteraient à 400 millions d’années. Cette union est plutôt une réussite si l’on considère que sur 65 000 espèces de champignons, 20 % ont choisi de s’unir avec une algue. Actuellement, on a répertorié 13 500 lichens, nombre approximatif car l’on découvre régulièrement de nouvelles espèces.

Echelle des temps

Certains lichens alpins pourraient être âgés de 1000 ans et d’autres au Groenland dépasseraient les 4000 ans.
La croissance des lichens est très lente (4mm en 25 ans), le record de vitesse maximale étant de 10 cm/an. Cette vitesse dépend surtout de l’humidité. Plus le climat est sec et moins le lichen se développe. Cependant plus il est déshydraté et plus il résiste à des températures extrêmes. Les lichens savent attendre patiemment le moment propice à leur développement. Leur succès, ils le doivent à une remarquable adaptation aux grandes variations de sécheresse et d’humidité. Quand l’eau vient à manquer, ils cessent leur croissance et entrent en dormance souvent sur de longues périodes. Ils savent capter la moindre trace d’humidité et l’absorbe comme du papier buvard. C’est la reviviscence : un lichen s’hydrate, se gonfle comme une éponge jusqu’à pouvoir contenir 30 fois son poids en eau !

Certains lichens n’hésitent pas à coloniser des terres polluées par des métaux lourds toxiques. Ils sont capables de résister aux radiations. Ils absorbent et concentrent les polluants métalliques et les éléments radioactifs. Les lichens possèdent de remarquables mécanismes d’autodéfense contre les métaux toxiques. Certains par exemple, produisent de l’acide oxalique, des acides lichéniques, des enzymes, des protéines et d’autres molécules qui fixent le zinc, le neutralisent et l’empêchent d’être toxique.


PERSPECTIVES

Perspectives Bio-indicatrices :

L’étude de la répartition des lichens autour du centre de Saint-Anthème permettrait de cartographier les zones plus ou moins polluées de l’air. Il est vrai cependant que la localisation du CSSE [1] est relativement éloignée des villes. Nous devrions avoir alors logiquement une qualité de l’air plutôt bonne. Pourquoi ne pas utiliser tout de même ces bio-indicateurs ? Ils rentrent en effet dans le programme de recherche de PERCEPTION sur l’étude du milieu environnant le CSSE. Pour les 10-12 ans, nous avons des séjours (« Les secrets de la forêt ») qui s’organisent autour de l’étude de l’état de santé de la forêt et des interactions interspécifiques en son sein. Serait-il possible alors d’élaborer une nouvelle façon d’examiner les arbres à l’aide des lichens ? Le diagnostic phyto-sanitaires, le suivi de ces arbres ou encore la cartographie de la forêt pourrait être grandement aidés en commençant par une simple observation et un inventaire des lichens, non ?... Nous pourrions comparer cet inventaire avec celui de l’Association française de lichenologie. Pistes à suivre…

Exemple d’échelle correspondante entre air et lichens

Perspectives pharmaceutiques :

Les lichens soigneraient. Des molécules introuvables ailleurs dans la nature et se comptant par centaines seraient dotées de propriétés antibiotiques, antivirales, antitumorales, anti-inflammatoires…etc. Leur rôle de filtre contre les UV pourrait également être mis à profit. Cependant si leur chimie est en grande partie connue, leur véritable activité biologique reste encore à démontrer. Il faut noter aussi que certaines substances des lichens peuvent être ALLERGISANTES, une réelle recherche sur l’espèce étudiée doit ainsi être effectuée avant toute activité pour éviter des désagréments… Les séjours PERCEPTION pour les 10-12 ans (« Les druides ») essayent de connaître le potentiel existant des plantes médicinales. Même si nous avons vu que les lichens n’étaient pas considérés comme des « plantes », il serait intéressant de creuser ce sujet. Une prise de contact avec un laboratoire de Rennes sur les substances licheniques et photoprotection serait-il possible ? Nouvelle piste à suivre… ;-)

Perspectives de recherches historiques :

Lichens sur pierre calcaire, gris et orange (tâches oranges autour de 3-4cm de large)
Crédit CANOT Edouard

Les lichens crustacés (c’est-à-dire ceux qui sont plaqués aux supports et ressemble à une croûte,...) qui croissent régulièrement et ne se détachent jamais du support minéral, ont permis de dater des moraines (déblais constitués par des pierres et blocs poussés par les glaciers) ou des vestiges archéologies (vieilles tombes ou statues de l’île de Pâques).
D’autres lichens permettaient une teinture des vêtements autrefois. Dans la Famille PERCEPTION, deux séjours seraient concernés par ces perspectives :
- pour les 7-9 ans « Aux temps de nos ancêtres », portant sur l’étude des anciens modes de vie des hommes et de leur adaptation à leur environnement et
- pour les 10-12 ans « Les druides », traitant de l’histoire et des connaissances de l’environnement local à travers son utilité et sa fonction (médecine, cuisine, teinture,…) dans les traditions ancestrales.
Comme nous l’avons vu précédemment, le lichen d’Auvergne était connu pour ses couleurs rouges qu’il donne aux vêtements. Une activité sur la création d’un tee-shirt (avec pourquoi pas le logo « Objectif Sciences International »…) utilisant une teinture naturelle tirée à partir de ces lichens serait tout à fait envisageable dans ce type de séjours. Encore des pistes à suivre…décidément !! ;-)

Perspectives Alimentaires :

Nous avons vu précédemment que les lichens pouvaient être une source alimentaire dans certaines cultures. Les lichens à proximité du centre auraient-il cette vertu ? Ce serait intéressant d’orienter des recherches dans ce domaine toujours dans l’optique de gestion intégrée du milieu naturel local. Les séjours « Les druides » ont dans leurs axes principaux la fabrication de potions. Pour quoi ne pas tenter notre propre potion avec nos lichens ? Une concurrence à Panoramix… Pistes à envisager…

Voici en lien un exemple de recette de cuisine avec du lichen.

Questions sur le parasitisme :

Les lichens ne parasitent généralement pas le support sur lequel ils se développent. Est-ce vrai pour les forêts de Prabouré ? L’observation de grande masse de lichen sur les branches des arbres sans feuilles ou aiguilles soulève cette question : le lichen est-il la cause d’un tel développement des branches ? Ou alors inversement, les branches sont la cause d’un tel développement des lichens ? Des activités d’observations, d’expérience de suivi des arbres lors de séjours « Les secrets de la forêt » permettraient de participer à la compréhension de l’évolution de l’écosystème forestier. Surprise !! Ces objectifs de suivis forestiers rentrent dans les perspectives de recherches de ce type de séjours…

Le lichen : un parasite ?
Crédit : http://www.quenovel.be/Horticole/hp...

Pistes licheniques à suivre… ;-)

lichen VS mousse : une compétition ? Trois grands lichens sur tronc de merisier (20 cm de diamètre) et une mousse.
Crédit CANOT Edouard

Sources


- Présentation générale des lichens
- Biologie des lichens
- Site en rapport avec la santé
- Association Française de Lichenologie, « Les lichens Vigies de notre environnement »
- Clé pour identifier les lichens
- Site sur la teinture

Notes:

[1Centre de Séjours Scientifiques Europe

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Voir également