Le CCD ou Colony Collapse Disorder

Définition et enjeux du phénomène de « Colony Collapse Disorder », quel lien avec l'influence des ondes électromagnétiques ? Voir descriptif détaillé

Le CCD ou Colony Collapse Disorder

Définition et enjeux du phénomène de « Colony Collapse Disorder », quel lien avec l'influence des ondes électromagnétiques ? Voir descriptif détaillé

Introduction

Le phénomène : qu’est ce que le CCD ?

C’est le dernier nom donné à un phénomène de disparition de colonies d’abeilles. Il peut aussi être connu sous le nom de « Fall Dwindle Disease », « Syndrome d’effondrement » ou « Phénomène Marie Céleste ». Il semble être à l’origine des plus sérieuses pertes de colonies d’abeilles, principalement aux États-Unis. Le CCD est apparu en 2003-2004 (vanEngelsdrop, Cox-Foster, Frazier, Ostiguy, & Hayes, 2006) mais les premières études relevant le phénomène et intégrant des chiffres précis datent de 2006. Par ailleurs même si des effondrements brutaux ont déjà été observés dès 1896, les caractéristiques du CCD sont aujourd’hui mises en évidence.
Ce phénomène est en expansion et en plus d’avoir touché une vingtaine d’états américains ainsi que le Canada [1], il gagne aujourd’hui l’Europe et l’Asie. Des cas récents ont pu être observés au Royaume Uni, en Espagne, au Portugal, en Suisse Colonie de vacances
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, en Italie, en Grèce (Lean, & Shawcross, 2007) et même en Thaïlande (Molga, 2007).

La disparition de colonies d’abeilles de manière ponctuelle n’était pas inconnue jusqu’alors. Cependant, la proportion des pertes et l’ampleur géographique sont désormais telles que scientifiques et professionnels sont mis en alerte face à ce phénomène nouveau : le CCD.

Etats américains touchés par le CCD en février 2007
www.doacs.state.fl.us



Description

Le CCD correspond à une perte brutale d’individus au sein des colonies d’abeilles avec une disparition complète ou quasi-complète des abeilles de la ruche. Les individus ne sont jamais retrouvés, il semblerait donc que ceux-ci meurent loin de la ruche. Le phénomène peut parfois s’accompagner du développement de Varroa [2].

Les symptômes ont été définis comme suit par le « CCD working group » .
Dans les colonies décimées : absence complète d’adulte, absence ou rare présence d’individus morts, présence de couvains operculés [3], on retrouve aussi des réserves de nourriture (miel et bourrache). Dans certains cas peuvent subsister la reine et quelques abeilles dans le nid.
Dans les colonies où le phénomène apparaît, les symptômes précurseurs sont : la main d’œuvre (les ouvrières) est insuffisante pour maintenir la couvée et elle est essentiellement issue de jeunes adultes, la reine est présente, les membres de la colonie sont peu disposés à consommer les provisions de nourriture, comme le sirop de sucre et les suppléments de protéines.

Couvains operculés
www.mellifica.be



Enjeux

Les abeilles ont une fonction vitale de pollinisation. Dans ce sens, et comme toute perturbation écologique en entraîne d’autres dans une réaction en chaîne, l’ensemble de l’écosystème peut être affecté par le phénomène. Ces propos, souvent attribués à Albert Einstein, le résument bien :

« Si les abeilles étaient amenées à disparaître de la surface du globe, alors l’homme n’aura plus que quatre ans à vivre. Plus d’abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’homme. »

D’un point de vue plus économique, sont directement affectées la pollinisation industrielle et la production commerciale de miel, soit l’apiculture industrielle. Certains apiculteurs ont vu la perte de 50 à 90% de leurs ruches. Les colonies survivantes sont même tellement faibles qu’elles ne sont plus capables de polliniser ou de fabriquer du miel. Enfin, en plus de l’apiculture, la production horticole et agricole peuvent rapidement subir les conséquences du CCD.

Recherches actuelles…

…concernant l’origine du CCD

Le phénomène étant récent, les premières études établies sur celui-ci datent de 2006.
L’état actuel des recherches ne permet pas de pointer précisément la cause de ce phénomène comme cité précédemment. Cependant, le groupe de travail sur le CCD semble tout de même écarter certaines hypothèses, à savoir que la nourriture, l’utilisation de produits chimiques, l’utilisation des abeilles (comme productrices de miel ou pollinisatrices) et l’origine de la reine ne peuvent pas être mise en cause dans la disparition des colonies.
Les hypothèses des causes potentielles du CCD sont actuellement les suivantes (pour le groupe de travail du CCD) : contamination chimique dans les réserves de nourriture, utilisation d’antibiotiques, agents pathogènes connus et inconnus dans les abeilles et les couvées, parasites, niveau de stress des adultes (transport de longue distance relatif à la pollinisation) et manque de diversité génétique.

Des équipes de recherches allemandes menées par Kuhn ont en fait relevé l’influence des ondes et champs électromagnétiques sur les comportements des abeilles. Elle met notamment en évidence que les abeilles ayant du subir des ondes électro-magnétiques (avec un téléphone portable à leur proximité) ne sont plus capables de retrouver leur ruche.
L’implication des ondes électromagnétiques dans le phénomène peut s’expliquer comme suit (cf. Souche, 2007) : les signaux électromagnétiques que les abeilles émettent pour naviguer couvrent une bande de fréquence de 180 à 250 Hz qui croise celle utilisée par nos téléphones portables (217 Hz). Les champs sont ainsi perturbés, ce qui peut entraîner une désorientation des abeilles et un affaiblissement de ces dernières par le stress, devenant alors plus vulnérables aux agressions chimiques et parasitaires. Dans le milieu, Cette implication des ondes semblent aussi s’accumuler aux problèmes liés à l’imidachlopride. Ce composé chimique actif utilisé dans certains pesticides peut détruire la mémoire des abeilles.

D’autres recherches se penchent quant à elle sur une origine pouvant être liée aux pesticides utilisés à proximité des ruches. La France a par exemple interdit l’utilisation de pesticides Gaucho en 2004 puis le Regent, relativement à leur nocivité vis à vis des ruches. Les OGM ont aussi été pointés du doigt notamment au Québec (cf. Souche, 2007).

Cependant, aucune cause ne semble encore faire l’unanimité et l’hypothèse de l’implication de plusieurs facteurs n’est pas à écarter (vanEngelsdrop et al, 2006), soit « une combinaison de tous ces agents » (J. Cumins, Université d’Ontario, cité dans Molda, 2007) semble l’hypothèse la plus vraisemblable.

Ruches désertées
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… concernant la gestion du CCD

The National Bee Unit gère la situation et est en contact avec les scientifiques américains et européens pour gérer cette situation, en étant membres de différents groupes de travail en Europe et aux USA. Le principal groupe de travail au Etat Unis est le CCD Working group : Bee Alert Inc., Florida departement of agriculture, The Pennsylvannia State University, Pennsylvania dept of agriculture, the USDA/ARS)

Perspectives

Le rapport du CCD de 2006 (vanEngelsdrop et al.) tente de décrire au mieux le phénomène, avec ses symptômes et ses éventuelles causes, et d’apporter des pistes pour mieux gérer la situation. Cependant, force est de constater les lacunes encore existantes pour comprendre réellement l’origine du CCD, et de clarifier l’implication des ondes dans ce phénomène.
Par ailleurs, un état des lieux concret de la situation mondiale et française semblerait de rigueur pour mieux gérer le phénomène, qui s’apparente à une nouvelle alerte concernant notre gestion de l’environnement ainsi que la biodiversité.

Les abeilles ont une fonction essentielle de pollinisation
http://www.irtc.org

Webographie - Bibliographie

http://beebase.csl.gov.uk/public/News/news.cfm

http://environmentdebate.wordpress.com/2007/04/19/ring-or-buzz/

http://www.latimes.com/news/science/la-sci-bees26apr26,0,896792.story?coll=la-home-

http://www.newscientist.com/blog/environment/2007/04/are-cellphones-wiping-out-bees.html

Johnson, R. (2007). CRS Report for congress - Recent Honey Bee Colony Declines. Congressional Reserch Service [Electronic version].

Lean G., Shawcross H. (15 avril 2007). Are mobile phones wiping out our bees ? The independant.
http://environment.independent.co.uk/nature/article2449968.ece

Lequet, A. Le varroa des abeilles.
http://perso.orange.fr/insectes.net/varroa/var2.htm

Molga, P. (20 août 2007). La mort des abeilles met la planète en danger. Les Echos.
http://www.lesechos.fr/info/energie/4611614.htm

Penn State University College of Agricultural Sciences. (29 janvier 2007). Honey Bee Die-Off Alarms Beekeepers, Crop Growers and Researchers.
http://aginfo.psu.edu/news/07Jan/HoneyBees.htm

Souche, C. (10 septembre 2007). Si les abeilles disparaissaient de la planète, l’homme n’aurait plus que 4 années à vivre.
http://cdurable.info/spip.php?article498

Union Royale des Ruchers Wallons.
http://www.apiculture-urrw.be/apiculture/lexique/p.htm

vanEngelsdorp, D., Cox-Foster, D., Frazier, M., Ostiguy, N., & Hayes, J. (2006, mai). Colony Collapse Disorder Preliminary Report, Mid-Atlantic Apiculture Research and Extension Consortium (MAAREC) - CCD Working Group, pp. 22 [Electronic version]. 2006-01-05. Retrieved on 2007-04-24.
http://www.ento.psu.edu/MAAREC/pressReleases/CCDSummaryWG0207.pdf
http://www.ento.psu.edu/MAAREC/


A lire sur le sujet

Souche, C. (10 septembre 2007). Si les abeilles disparaissaient de la planète, l’homme n’aurait plus que 4 années à vivre.
http://cdurable.info/spip.php?article498

Colony Collapse Disorder
http://en.wikipedia.org/wiki/Colony_Collapse_Disorder



Notes:

[1P. Molga (2007) cite « les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 États [américains]. Au Québec, 40 % des ruches sont portées manquantes », la source des chiffres n’est pas mentionnée dans l’article.

[2« Le Varroa (Varroa jacobsoni) est un acarien d’origine asiatique, découvert en France en 1982. Il cause de nombreux dégâts dès lors qu’il tend à pulluler. Il s’attaque aux abeilles adultes, mais également aux larves et aux nymphes, autrement dit au couvain. L’acariose génère souvent des malformations, ce qui hypothèque le devenir de l’insecte, et à terme celui de la colonie. Suite à une prolifération sévère, et non traitée, une ruche peut se voir totalement dépeuplée en quelques années. »

[3Le couvain est l’ensemble des membres immatures de la colonie (œufs, larves et pupes), dans le cas d’un couvain « operculé », celui-ci est scellé dans les alvéoles par les abeilles, avec parfois des opercules poreux.

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