L'abeille qui sait danser... Il faut la préserver !

Explication dans un langage accessible afin de connaître un peu plus ces insectes qui sont en danger. Voir descriptif détaillé

L'abeille qui sait danser... Il faut la préserver !

Explication dans un langage accessible afin de connaître un peu plus ces insectes qui sont en danger. Voir descriptif détaillé

Tout cela pour la communauté ! La communication a travers de la danse.

L’abeille (Apis mellifera) vit dans des colonies de dizaines milliers d’individus. Ça fait beaucoup ! C’est une grande société qui a besoin de s’organiser et de coopérer pour s’aider les uns les autres.

L’aliment par excellence de l’abeille est le nectar que lui fournissent les différentes plantes. Quand une abeille trouve une source de nourriture, elle est très solidaire : En rentrant à la ruche, celle-ci communique à toutes ses collègues là où ils peuvent en trouver.

Comment fait-elle cela ? L’abeille, se réjouissant d’avoir trouvé la source, danse en même temps qu’elle transmet l’information !

Dans les années vingt, le premier à se demander la signification de cette danse fut Karl von Frich (prix Nobel 1973). On lui doit la découverte de la richesse du langage des abeilles. En 1946, l’éthologue présente ses premières et magistrales conclusions sur la danse des abeilles. Au travers de ses observations et de sa recherche, il découvre deux types de danses : la danse en rond et la danse en huit, cette dernière s’appelle aussi frétillante (l’abeille fait vibrer son abdomen). La danse indique le chemin à emprunter pour trouver le nectar ! Elle donne l’information de la distance et la direction à suivre de la ruche vers la fleur.

- Quand la fleur est proche, à moins de 100 mètres, le chemin est facile : l’abeille exploratrice danse alors en rond sans préciser la direction. Les autres abeilles autour d’elle savent donc que ce n’est pas loin et pourrons la situer toutes seules.

- Mais, parfois, l’abeille exploratrice trouve de la nourriture dans un endroit loin, voire très loin (entre 100 et 6.000 mètres). Alors, en rentrant à la ruche, elle doit donner des instructions à ses collègues pour qu’elles ne se perdent pas.

Notre protagoniste exécutera à ce moment là la danse frétillante : elle parcourt les rayonnages de la ruche en effectuant une sorte de huit comme nous pouvons voir sur la figure. De cette manière, elle donne la direction à prendre pour arriver à la nourriture, avec comme référence la position du soleil [1]. Ainsi, si l’exploratrice danse avec sa tête vers le haut, la source sera dans la direction du soleil.

Une fois que l’on connaît la direction, encore faut-il connaître la distance.
Cette distance est exprimée à travers la durée pendant la quelle l’abeille fait vibrer son abdomen ou tout simplement par la durée pendant laquelle elle fait un 8 complet, [2]. En d’autres termes, plus l’exploratrice passe de temps à vibrer, plus loin est la source.

 [1] L’angle alpha entre l’axe central de la danse et son axe vertical correspond à l’angle entre la distance du soleil (sa projection verticale) et le trajet vers la source de nourriture. (Audriusa).
 [2] La distance est donnée par la vitesse de la danse. (J. Tautz et M. Kleinhenz)

A la ruche, les abeilles entourant l’abeille exploratrice commencent à danser de la même façon et c’est comme ça qu’elles apprennent le chemin qu’elles doivent emprunter pour trouver à manger (direction et distance).


Les abeilles... sont très sympa ! Faut-il les préserver ?

L’homme a beaucoup progressé dans sa connaissance scientifique des abeilles depuis le début de la disparition massive de celles-ci ces dernières décennies.

Le problème ? Elles ont une mission indispensable sur cette terre :
La pollinisation.

Dans la plupart des plantes, les parties mâles que constituent les grains de pollen doivent contacter les parties femelles ou stigmates pour pouvoir se reproduire (se féconder). Et ce n’est pas toujours évident ! Par exemple, les fleurs de certains arbres fruitiers ont besoin d’être fécondées avec le pollen venu d’autres variétés.
Mais les abeilles sont là pour les aider : A elles seules les abeilles sont responsables de 80% de la pollinisation des plantes.

Hors, comme nous venons de le voir, l’aliment principal de l’abeille est le nectar des fleurs. Et quand une abeille va se nourrir, elle prend aussi, volontairement ou non, du pollen sur son corps. Ensuite, quand la même abeille visite d’autres fleurs, le pollen de la précédente restera dans la nouvelle. Et voilà ! Les possibilités de fécondation sont presque assurées.

Aussi, nous pouvons penser que les fleurs produisent du nectar pour attirer les insectes pollinisateurs. Le nectar n’a en effet pas d’intérêt pour la plante elle-même, si ce n’est justement d’attirer les abeilles qui elle-même dissémineront leurs pollens en s’abreuvant de leurs nectars.

Tout le monde est gagnant, les abeilles sont nourries et les plantes sont fécondées.

Dans une nature où les uns se nourrissent des autres, l’abeille trouve sa nourriture en rendant service aux plantes. Alors qu’un herbivore va détruire une plante ou une partie pour la manger, l’abeille vit en harmonie avec elle. On dit qu’elles ont une relation de mutualisme.

L’abeille est réellement au carrefour de tout ce qui vit sur la Terre. Elle appartient au monde animal, mais vit en étroite association avec le monde végétal.

Elle a aussi une relation privilégiée avec les hommes qui l’élèvent et partagent sa nourriture. Au travers de la pollinisation, 40% de notre alimentation dépend des abeilles (la pomme, le melon, les salades, les oignon, les carottes…).

Si l’abeille produit du miel, c’est parce qu’il faut constituer des réserves de nourriture pour les saisons sans fleurs. Le miel est un produit très bon que l’on utilise pour ses caractéristiques nutritives, mais aussi médicinales, etc.

L’abeille n’attaque pas délibérément, c’est son ultime recours pour se défendre. Son but est juste faire partir l’ennemi de la ruche, pour ainsi le préserver et protéger le reste des abeilles.


Et maintenant, pourquoi sont elles entrains de disparaître ?

Depuis les années 90, des millions d’abeilles disparaissent.
En voici les principaux responsables selon Jaques Goût, (2008) :

- Les pesticides : ce sont des produits chimiques utilisés pour réduire les dommages produits par les ravageurs et les maladies dans les cultures. Ils sont utilisés par les agriculteurs ou les particuliers dans leurs jardins. Ils ont un impact négatif sur la santé des abeilles. Celles-ci perdent leur capacité à s’orienter (ce qui, comme nous avons vu, est essentiel pour elles).

En 2013, la Commission européenne a décidé d’interdire pendant 2 ans l’usage de trois pesticides mortels pour les abeilles. (La France est le troisième pays qui les utilise le plus !)

Pour en savoir plus, interview en Sciences et Avenir à Jean-Marc Bonmatin (26/03/2009/)

- Les parasites des abeilles comme la varroa (acarien) ou le virus IAPV.

- Le prédateur des abeilles : le frelon géant japonais (Vespa mandarina japonica).

- La pollinisation industrielle dans l’agriculture intensive : Des apiculteurs font voyager leurs abeilles sur des milliers de kilomètres pour polliniser les énormes zones de monocultures. Cela provoque chez ces dernières stress, désorientation, infections, destruction des notions d’espace et de saisons et déséquilibre alimentaire.

- L’urbanisation : Les abeilles peuvent être gênées par la façon de vivre de l’homme dans son milieu naturel.

Nous nous posons maintenant la question : Comment pouvons-nous contribuer à la préservation des abeilles ? C’est le moment de réagir !


Références :

- Jean-Adolphe Rondal. (2000). Le langage : de l’animal aux origines du langages humaine.

- Jaques Goût. (2008). 250 réponses aux questions d’un ami des abeilles.

- Mark Daniels. (2010). Documentaire : Le mystère de la disparition des abeilles

- Peter H. Raven ; Georges B. Johnson ; Kenneth A. Manson ; Jonathan B. Losos ; Susan R. Singer. (2014). Biologie.

Nos partenaires

Voir également