Groupements végétaux : niveaux d’approche et outils (...)

Ce bref article propose un rapide survol de diverses méthodes permettant de parvenir à la détermination des groupements végétaux de Suisse (et (...) Voir descriptif détaillé

Groupements végétaux : niveaux d’approche et outils (...)

Ce bref article propose un rapide survol de diverses méthodes permettant de parvenir à la détermination des groupements végétaux de Suisse (et (...) Voir descriptif détaillé

Introduction

Posons le cadre : une forêt, sur les contreforts du Jura. Alentour, des affleurements de calcaire sont partout visibles, colonisés par des chênes de taille relativement modeste et au tronc parfois tortueux. Ici et là, des blocs rocheux émergent ; c’est le domaine quasi-exclusif des pins sylvestres. Plus loin, l’atmosphère change brusquement : un large vallon en légère pente est occupé par les grands troncs lisses et gris du hêtre. Arrivés aux confins de la forêt, passé la lisière, on débouche dans une prairie dont la dominante verte des graminées est agrémentée de nombreuses fleurs colorées. De l’autre côté d’un ruisseau, on observe une prairie différente, où les espèces dominantes sont plus hautes, plus denses, et les touches de couleur plus rares.

Comment identifier les divers groupements végétaux mentionnés dans cet exemple ? Au niveau de la forêt, on observe facilement, d’après les essences dominantes, que trois groupements arborés différents sont présents – chênaie, pinède, hêtraie –, et on imagine assez intuitivement qu’il doit exister une relation entre ces essences et certaines conditions liées au type de sol. Faisant l’interface entre la forêt et le milieu extérieur, la lisière constitue un groupement de transition. Les deux prairies observées, bien que toutes deux dominées par les graminées, présentent quant à elles une différence manifeste aussi bien dans leur apparence que du point de vue de leur composition floristique, sans que la cause à l’origine de ces différences soit pourtant immédiatement identifiable.

Niveaux d’approche

On l’aura vu dans cet exemple, l’identification d’un milieu – qu’il soit naturel ou plus ou moins anthropisé – passe donc en premier lieu par la reconnaissance visuelle du type de végétation auquel il se rattache : forêt de feuillus, pinède, lisière, prairie…
Pour compléter et affiner cette première approche globale du milieu, il s’agit dans un deuxième temps de procéder à l’inventaire des espèces présentes en son sein, idéalement en effectuant un relevé selon la méthode phytosociologique (Braun-Blanquet, 1964 ; Guinochet, 1973 ; Pfadenauer, 1997 ; Theurillat in Theurillat & Matthey, 1987).
Pour avoir toutes les pièces du puzzle en main, il convient finalement d’ajouter à ces deux premiers éléments – physionomie et composition floristique du milieu – les divers paramètres environnementaux qui conditionnent son existence. Certains de ces paramètres sont directement observables sur le terrain (exposition, pente, roche-mère, granulométrie du substrat, etc.) ; d’autres (humidité du sol, pH, teneur en éléments nutritifs, etc.) pourront être déduits indirectement à partir des espèces présentes, d’après leurs valeurs écologiques (voir Landolt, 1977).

Outils d’identification

Une fois notés tous les paramètres liés à un groupement végétal, il existe plusieurs façons de procéder pour parvenir à son identification.

• Une première approche consiste à consulter les ouvrages de référence donnant la description et les principales caractéristiques environnementales de chaque milieu – sans oublier les espèces caractéristiques – dans un contexte géographique donné (voir p. ex. Mertz (2000) ou encore Runge (1994) pour l’Europe tempérée ; Pott (1995) pour l’Allemagne ; Bournérias & al. (2001) pour le bassin parisien ; Delarze & Gonseth (2008) pour la Suisse Colonie de vacances
Valais
Suisse
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).

• Une seconde manière de faire est d’établir un « diagnostic phytosociologique » du milieu d’après les espèces recensées sur le terrain. Concrètement, il s’agit dans un premier temps de chercher dans la littérature pour chaque espèce le groupement dont elle est caractéristique. Dans un deuxième temps, on comptera pour chaque groupement mis en évidence le nombre d’espèces qui y sont rattachées. Au final, le milieu probable est celui qui aura obtenu le meilleur « score » . Pour ce type d’analyse, c’est Ellenberg (1996) qui fournit l’outil le plus simple d’utilisation, en attribuant à chaque espèce un seul milieu – alliance, ordre ou classe, le degré de précision étant lié à la fidélité plus ou moins grande des espèces à un milieu. D’autres références peuvent être consultées (Delarze & Gonseth, op. cit. ; Oberdorfer, 1994), mais leur utilisation est plus délicate, l’information fournie n’étant souvent pas univoque, de nombreuses espèces étant citées pour plusieurs groupements – ici encore en fonction de leur fidélité plus ou moins grande à un milieu.

• Enfin, une troisième méthode consiste à employer une clé d’identification. Les clés dichotomiques, basées sur le principe d’une suite d’alternatives conduisant à une solution unique, sont généralement connues pour leur emploi dans les flores afin de déterminer les espèces végétales (voir par exemple Fournier (1947, 2000) pour la flore de France ; Aeschimann & Burdet (2004) ou Hess & al. (1967) pour la flore de la Suisse Colonie de vacances
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). Elles existent cependant aussi, bien que plus rares, pour les groupements végétaux (voir p. ex. Bournérias & al., op. cit. ; Latour, en préparation).

Bibliographie

Bournérias, M., G. Arnal & C. Bock (2001). Guide des groupements végétaux de la région parisienne. Belin.

Braun-Blanquet, J. (1964). Pflanzensoziologie (3. Aufl.). Springer.

Delarze, R. & Y. Gonseth (2008). Guide des milieux naturels de Suisse (2e éd.). Rossolis.

Ellenberg, H. (1996). Vegetation Mitteleuropas mit den Alpen (5. Aufl.). Ulmer.

Fournier, P. (2000). Les quatre flores de France. Dunod.

Guinochet, M. (1973). Phytosociologie. Masson.

Hess, H.E., E. Landolt & R. Hirzel (1976). Flora der Schweiz und angrenzender Gebiete (2. Aufl.). 3 Bände. Birkhäuser.

Landolt, E. (1977). Ökologische Zeigerwerte zur schweizer Flora. Veröff. des Geobot. Inst. der Eidg. Techn. Hochschule 64. Stiftung Rübel, Zürich.

Latour, C. (en préparation). Clé des groupements végétaux de la Suisse.

Mertz, P. (2000). Pflanzengesellschaften Mitteleuropas und der Alpen. Ecomed.

Oberdorfer, E. (1994). Pflanzensoziologische Exkursionsflora (7. Aufl.). Ulmer.

Pfadenauer, J. (1997). Vegetationsökologie – Ein Skriptum (2. Aufl.). IHW-Verlag.

Pott, R. (1995). Die Pflanzengesellschaften Deutschlands. Ulmer.

Runge, F. (1994). Die Pflanzengesellschaften Europas. Aschendorff Verlag.

Theurillat, J.-P. & E. Matthey (1987). Le vallon de l’Allondon. Sér. Doc. Cons. Jard. Bot. Genève 22.

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