Colloque 2008 - La gestion forestière intégrée

(31 janvier et 1er Février 2008) Ce premier colloque organisé dans le Livradois-Forez par l’Association Objectif Sciences a permis de réunir des (...) Voir descriptif détaillé

Colloque 2008 - La gestion forestière intégrée

(31 janvier et 1er Février 2008) Ce premier colloque organisé dans le Livradois-Forez par l’Association Objectif Sciences a permis de réunir des (...) Voir descriptif détaillé

1. Introduction au colloque

1.1 Présentation du colloque, de l’association Objectif Sciences et de ses acteurs.

par Dominique ANDREANI - Directrice générale, Association Objectif Sciences
Courriel : dg[at]objectif-sciences.com

Objectif Sciences est une association, loi 1901 d’Intérêt Général, dont l’équipe a vu le jour en 1992 et dont la mission fondamentale d’Education et de Culture Scientifique est enrichie par un volet de mise en valeur des recherches scientifiques et des solutions qui sont utiles au Développement Durable.

Afin de remplir cette mission, Objectif Sciences met en œuvre depuis 2005 un nouveau programme pédagogique de Formation à la Recherche PAR la Recherche dès l’âge de 7 ans, essentiellement basé sur la Pédagogie de Projet (Une démarche qui change tout : se donnant un objectif précis à atteindre, les participants des Camps Sciences ou les élèves des Classes Sciences se mettent en quatre pour réussir leur défi... et vont alors assimiler un maximum de connaissances, puisque devenus particulièrement avides de solutions au problème qu’ils désirent résoudre), et dont les activités sont axées autour de sujets de recherches réels. Ce modèle pédagogique fait l’objet du Programme de Recherche TOURNESOL.

Pour répondre à ses ambitions, l’Association est composée de scientifiques, étudiants, enseignants, issus de domaines de recherche très variés (géologues, archéologues, chimistes, biologistes, architectes, physiciens, ingénieurs…) qui travaillent sur les Centres de Séjour Scientifique gérés par l’association, et ce à toutes les périodes de l’année (séjours de vacances, classes de découvertes, colloques et séminaires…).

Chaque Programme de Recherche est décliné en plusieurs formes de productions, que sont les Stages de Vacances Scientifiques, les Classes Sciences, les Colloques, les Expéditions, ou encore les Formations.
Nos différents programmes de recherche sont axés autour des thèmes variés :

En France :
- Programme de Recherche PERCEPTION (Environnement, Archéologie, Eau) ;
- Programme de Recherche SPIP (Informatique, Mathématique, Electricité, Electronique) ;
- Programme de Recherche ECOLOGIS (Robotique, Architecture, Ecologie, Energies) ;
- Programme de Recherche UNIVERS (Astronomie, Géologie, Eau) ;
- Programme de Recherche PARADISAEA (Robotique, Espace, Aéronautique, Informatique, Energies, Electricité, Electronique).

Au Québec :
- Programme de Recherche CHASSEURS D’ETOILES (Astronomie, Robotique, Espace, Aéronautique) ;
- Programme de Recherche PEKUAKAMI (Environnement, Océanologie, Zoologie) ;
- Programme de Recherche PROPULSION (Robotique, Espace, Aéronautique, Energies) ;
- Programme de Recherche BOREALIS (Environnement, Ethnologie, Anthropologie, Ecologie).

En Polynésie Française :
- Programme de Recherche RAHUI (Océanologie, Biologie, Ecologie).

Au Kirghizstan :
- Programme de Recherche PANTHERA - (Kirghizstan) (Biologie, Ecologie, Zoologie).

Au Japon :
- Programme de Recherche ONSEN - (Japon) (Géologie, Ethnologie, Anthropologie, Ecologie, Energies).

Le colloque «  La Gestion Forestière Intégrée » fait partie du programme de recherche de PERCEPTION.



1.2 Présentation du thème : La Gestion Forestière Intégrée

par Olivier BIOTEAU – Responsable du programme PERCEPTION, Association Objectif Sciences
Courriel : olivier.bioteau[at]objectif-sciences.com

Mots-clés : gestion forestière intégrée, gestion environnementale, développement durable, participation, ressource.

Résumé :
Cette présentation a ouvert le colloque sur le thème de réflexion, à savoir la gestion forestière intégrée. Elle a défini le cadre de travail, les enjeux et les problématiques.

La gestion intégrée s’applique à de multiples domaines en environnement et, sans être une notion nouvelle, s’inscrit dans le courant de remise en cause du modèle de planification dite « rationnelle » qui s’est instaurée depuis les années d’après-guerre. Elle repose dans l’idée d’intégrer - ou de faire intégrer - dans les processus et les résultats du développement, le maintien de la qualité des systèmes écologiques. L’intégration vise aussi à considérer les systèmes économiques, sociaux et écologiques au sein de la biosphère et s’inscrit donc comme une pratique au cœur du développement durable.

Dans son action, la gestion intégrée prend en compte la protection et/ou le développement de ressources, dans une démarche de projet qui va réunir l’ensemble des acteurs concernés par le milieu, qu’ils soient scientifiques, décideurs, exploitants, gestionnaires ou simples utilisateurs du milieu.

Dans le domaine forestier, la gestion intégrée s’inscrit dans un contexte d’antagonisme entre production et protection qu’elle tente de concilier ainsi que dans un cadre multi-acteurs. Elle est aussi confrontée à de nouvelles problématiques : changements climatiques, prise en compte des utilités non productives de la forêt,... Un des enjeux de cette gestion forestière vise la considération de l’ensemble des acteurs, de leurs intérêts et donc des ressources variées que la forêt représente (ressource économique, ressource écologique, ressource historique et culturelle, ressource pédagogique, zone de loisirs -chasse, randonnée, grimpe en arbre,...-, zone de recherche et ressource paysagère.

Les problématiques qui se posent sont ainsi variées :
- Quelles actions/quelles expériences sont/ont été pratiquées en gestion forestière intégrée ?
- Quelle est la prise en compte du contexte multi-acteurs dans ces pratiques ?
- Quels outils techniques et quels moyens de planification sont développés pour favoriser l’intégration ? Sont-ils évalués ?
- Quels sont les écarts entre la gestion intentionnelle et la gestion effective dans le domaine ?
- Y a-t-il une adaptation des pratiques et de la planification face aux enjeux environnementaux ?
- Quelles sont les pratiques en faveur de la biodiversité ?
- Quel est le compromis entre protection et développement ?

Bibliographie :
- Department of Environmental Affairs and Tourism and Department of Water Affairs and Forestry South Africa (1998). A policy on pollution prevention, waste minimization, impact control and remediation.
- Deuxième atelier international sur la foresterie participative en Afrique, Préparer l’avenir : des conditions de vie durables en milieu rural grâce à la gestion participative des ressources forestières.
18-22 février 2002, Arusha, République Unie de Tanzanie.
- GAUTHIER, M. (2005). Gestion intégrée de l’environnement en milieu urbain : vers un renouvellement des pratiques planificatrices ? Organisations et territoires, pp. 59-67.
- GUNTON, T.I. & Day, J.C. Day (2003). The theory and practice of collaborative planning in ressource and environmental management, Environments, Vol. 31, N°2, pp. 5-19.
- KULSHRESHTHA, S. & DORE, H.I.M. (2000). Integrated Forest Management : Obstacles to a Comprehensive Integration of Economic and Environmental Dimensions, Journal of Sustainable Forestry, Vol 12, No. 1/ 2, pp. 7-36.
- MARGERUM, R. D. 1999. Integrated environmental management : the foundations for successful practice, Environmental Management, Vol. 24, N°2, pp. 151-166.
- MERMET, L., BILLÉ, R., LEROY, M., NARCY, J.B., & POUX, X. (2005). L’analyse stratégique de la gestion environnementale : un cadre théorique pour penser l’efficacité en matière d’environnement. Nature Sciences et Société 13, pp. 127-137.
- Ministère de l’agriculture et de la pêche (2006), Programme forestier national, 14p.
- THEYS, J. (2001). Un nouveau principe d’action pour l’aménagement du territoire ? Le développement durable et la confusion des (bons) sentiments, Repenser le territoire : un dictionnaire critique, sous la dir. de S. Watcher (pp. 225-284), Paris, DATAR/Editions de l’Aube, 287p.

Questions :
Depuis quand parlons-nous de Gestion Forestière Intégrée ?
O. BIOTEAU : Je pense depuis les années 80 avec des expériences pionnières au Québec. Cependant la notion de gestion intégrée au sens large date des années soixante à soixante dix me semble t-il, je chercherais plus précisément.
Qu’est-ce que le Développement Durable ? Comment est-il appliqué à la GFI ?
O. BIOTEAU : Le développement durable est défini comme étant un « type de développement » par la conférence de Rio de 1992. C’est pourquoi la notion est parfois sujette à controverse. Mais le développement durable se veut être, si l’on suit toujours sa définition, un développement qui prend en compte les dimensions économique, sociale et écologique ainsi que les générations futures.


1.3 Le CRPF, présentation de la structure et exemple d’action locale

par Guillaume BEAL - Animateur du PDM Vallée de l’Ance, CRPF Auvergne
Courriel : guillaume.beal[at]crpf.fr

Résumé :
La forêt auvergnate, qui couvre près de 27 % du territoire, présente certaines particularités, notamment sa proportion de forêt privée (85,70 %) et surtout son fort morcellement puisque la surface moyenne de l’unité de gestion est voisine de 0,5 ha. Ce morcellement influe directement sur la récolte de bois, si bien que la filière ne récolte actuellement que le quart de la production, d’où le phénomène de capitalisation de bois sur pied. Cette situation est préjudiciable aux forêts et à l’économie régionale car elle entraîne 3 conséquences :
- fragilisation des forêts car des peuplements trop denses sont sensibles aux aléas climatiques et parasitaires,
- absence de végétation de sous-bois et réduction de la biodiversité générale,
- perte d’activité dans la filière forêt-bois.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Au contraire, c’est ce même constat qui incite les pouvoirs publics à créer les Centres Régionaux de la Propriété Privée le 6 août 1963. Le CRPF est un établissement public à caractère administratif, administré par des propriétaires forestiers élus qui en orientent l’action, dans le cadre de la politique forestière (sous tutelle du ministère de l’agriculture). Pour simplifier les choses, les CRPF sont à la forêt ce que les Chambres d’Agriculture sont au monde agricole. On trouve ainsi un CRPF dans chaque région. Le CRPF a pour mission d’orienter et de développer la gestion des forêts des particuliers.

Les principaux axes de travail sont les suivants :
- Orienter vers la gestion durable des forêts
- Développer, par le conseil, l’information et la formation des propriétaires forestiers
- Regrouper les propriétaires forestiers et leurs produits avec l’aide des organismes professionnels
- Affirmer le rôle de la forêt dans le territoire
- Contribuer à la protection de l’environnement

Cependant le phénomène de capitalisation de bois se poursuit. Si bien qu’en 2004 une nouvelle action voit le jour : les Plan de Développement de Massif forestier (PDM). Ainsi grâce à des financements régionaux et départementaux, une animation locale est proposée au travers la mise en place d’un technicien forestier sur une Communauté de Communes. Ce technicien a pour mission principale de développer la mobilisation de bois et l’intégration des forêts dans le territoire. Son travail s’articule sur trois points :
- aider les propriétaires forestiers à mieux gérer leurs parcelles et à intensifier la sylviculture,
- permettre une mobilisation raisonnée d’une plus grande quantité de bois vers les scieries et industries du bois,
- contribuer à la politique d’aménagement durable du territoire.

Sur le territoire de la Vallée de l’Ance l’action PDM a débuté en juillet 2005.

Le diagnostic de la Vallée a permis de mettre en lumière un certain nombre de points :
- morcellement excessif (7 000 propriétaires forestiers ; un propriétaire possède en moyenne 1,45 ha ; une parcelle moyenne présente une superficie de 0,35 ha)
- âge des propriétaires : 1 propriétaire sur 2 a plus de 60 ans
- territoire « enclavé », éloigné des axes principaux et un manque d’unités de transformation implantées sur le territoire.
- desserte insuffisante sur certains massifs et manque de places de dépôts.

Ceci explique que seule 12 % de la surface boisée a fait l’objet d’une intervention dans les 15 dernières années alors que 75 % nécessiterait une coupe dans les 5 ans à venir.

L’utilité de ce diagnostic est de mieux cibler les actions à mettre en place. Voici une brève synthèse des opérations mises en place depuis le lancement du PDM de la Vallée de l’Ance :
- Organisation de réunions d’informations collectives à l’attention des propriétaires forestiers (20 réunions, 7 300 invitations, 670 participants)
- Rédaction d’articles de presse (La Montagne, la Tribune…) informant de l’actualité forestière (60 articles)
- Conseils forestiers :
- Visites conseils sur le terrain : environ 120 visites sur une surface de plus de 400 hectares
- Conseils téléphoniques : environ 400 entretiens
- Réponses aux courriers de demandes d’informations
- Informations techniques :
- Rédaction d’une mercuriale des prix des bois : plus de 550 exemplaires
- Rédaction d’une liste des acheteurs de bois : plus de 550 exemplaires
- Diffusion des fiches techniques du CRPF : 250 fiches éclaircies et 50 fiches dépressage
- Organisation d’un cycle d’initiation à la gestion forestière FOGEFOR : Formation payante (50 € pour 4 journées), 19 participants

Les premiers résultats se font aujourd’hui sentir mais restent peu évidents à quantifier :
- Enquête de satisfaction menée auprès des propriétaires (89 % se disent satisfaits ou très satisfaits de l’action PDM, 85 % constatent une augmentation du volume récolté dans la vallée)
- Mobilisation des bois : chiffres annoncés par un panel d’acheteurs

  • 1er juillet 2005 - 1er juillet 06 :12 000 m3 réels exploités,
  • 1er juillet 2006 - 1er juillet 2007 : 25 000 m3 réels exploités,
  • + 22 000 m3 achetés non exploités à ce jour.

Nous avons donc eu un doublement de la récolte ce qui reflète la dynamique forestière instaurée sur le territoire.
Sachant que 1 000 m3 de bois exploités génèrent un emploi dans la filière forêt bois, et au regard de l’importance d’un emploi dans un milieu rural comme la Vallée de l’Ance, nous pouvons faire le lien avec une gestion forestière intégrée et comprendre que les emplois ainsi créés sont source d’une dynamique essentielle pour l’ensemble des acteurs du territoire.

Questions :
Le PDM est-il un plan de développement local ou national ?
G. BEAL : Il existe en Alsace (expériences pionnières) mais aussi dans d’autres régions, une initiative de capitalisation est en cours en Auvergne, dans le Puy de Dôme et dans le Cantal…
La capitalisation est-elle rentable ? L’imposition est un problème. Quand les propriétaires apprennent que leur propriété forestière est imposable, ils font les grands yeux.
G. BEAL : En bois blanc la capitalisation est rentable, si… (le bois à papier stimule le marché). En bois rouge, c’est plus mitigé. Le cours du bois a chuté suite aux intempéries : la tempête de 1982 et celle de 1999. En 2005, il y a eu une reprise d’activité sur le bois blanc, surtout ici, dans la région.
Un auditeur : En Midi-Pyrénées, les PDM existent, ainsi que dans le Limousin, en Auvergne (Puy de Dôme, Cantal…). Qu’en est-il en Rhône Alpes ? En Midi-Pyrénées, les PDM utilisés ont 6 mois à 1 an, ils sont en phase de lancement, donc nous n’avons pas encore de résultat.
Pourquoi gardez-vous une si forte densité dans vos peuplements en vallée de l’Ance ?
G. BEAL : Ceci est dû au retard d’éclaircies. Par ailleurs, dès le premier coup de vent, tout est par terre donc nous devons doucement rattraper le retard. Aussi, les parcelles sont trop petites et l’unité de bois est le camion de bois...
Les plans de gestion fonctionnent mieux avec des jeunes ?
G. BEAL : Oui. Mais à l’heure actuelle, seulement 5 plans de gestion ont été réalisés. Le seul moteur reste le capital forestier qui apporte un revenu.
Quel est le profil type du propriétaire ?
G. BEAL : Le panel est large mais ils sont généralement âgés, de plus de 60 ans, peu présents sur les sites et très attachés au patrimoine forestier.
Et comment faites-vous pour les sensibiliser ?
G. BEAL : Pour un plan de gestion, il faut une surface conséquente, car il s’applique au-delà de 25 ha. Pour intéresser les propriétaires, la technique reste de dire que la forêt est un revenu et qu’ils peuvent récolter.
Quels sont tous les débouchés de la filière bois ? Est-il possible de diversifier et d’inventer de nouveaux débouchés ?
G. BEAL : L’association entre industrie et récolte peut constituer une diversification. Si la récolte avance, l’industrie suivra. Les petits produits partent très loin pour les usines de papiers, mais cela implique des coûts de transport. Les diamètres plus gros partent pour en faire des palettes, puis des poteaux EDF. Enfin au Maghreb, le Sapin part en charpente traditionnelle. Sinon, il n’existe pas beaucoup d’usines de transformation bois-énergie dans la région, il y en a une en Haute-Loire.
N’avons-nous pas intérêt à sortir de nouveaux débouchés ? Par exemple avec l’isolation laine de bois, le problème est actuellement que nous importons tout d’Allemagne.
G. BEAL : Il existe un retard en France à ce niveau, et il y a un problème d’homologation des produits. Il existe par contre un regain d’intérêt depuis quelques temps pour le bois de chauffage.
Pour une vision à long terme, ne sommes-nous pas censés diminuer l’effet de serre ?
G. BEAL : Il faut faire attention avec l’exploitation de la biomasse. On a besoin de revaloriser la biomasse au sol (retour de la matière organique au sol) car le sol est pauvre ici. La recherche se penche sur des arbres qui résisteraient aux aléas climatiques car le principal débouché de la filière bois est la construction.
Travaillez-vous sur la diversification des essences ?
G. BEAL : Oui, on favorise les hêtres. Dans les projets de reboisement, on se lance dans les hêtres et les érables sycomores. Mais il n’est pas facile de le faire entrer dans les mœurs.
L’économie d’échelle, cela n’a pas trop marché... ?
G. BEAL : Ce projet doit être repris de plus haut. Ce sont les coopératives ou les gestionnaires forestiers qui ont fait cette étude. L’étude serait-elle à refaire ? Le blocage viendrait à cause de l’envoi de lettre par les coopératives. Dans les 6 secteurs, il existe une aide au regroupement (le Conseil Régional offre les frais de notaire pour des regroupements de parcelles qui se jouxtent). Cependant, sur les 6 secteurs, pas un seul n’a abouti.
Comment circule l’information entre les propriétaires ? Par exemple : pour une gestion sur une parcelle, comment le voisin est-il au courant ?
G. BEAL : Pour savoir si le voisin fait une gestion intégrée, le CRPF envoie des courriers. Le principe des sous-massifs implique une circulation d’informations.
Pourquoi ne pas créer des Associations syndicales ?
G. BEAL : Ce sont de « grosses usines à gaz » et au final, ce n’est pas fonctionnel.
Vous avez abordé le travail avec le secteur privé, quid des propriétés publiques ? Comment se passe la collaboration ?
G. BEAL : l’ONF s’occupe de sa gestion et il existe des difficultés légales de mélange public/privé. Cependant, des regroupements sont proposés afin d’économiser le transport.
La monoculture est très présente ici, alors que l’étagement des plantations est bénéfique, existe-t-il des projets dans ce sens ?
G. BEAL : Historiquement, la monoculture s’explique par les besoins en termes de pâte à papier dès l’après-guerre. Les actions ont donc été dans le sens de ce besoin dans les projets de reboisement. Depuis les années 80, on parle de gestion forestière intégrée. Le CRPF a pour mission de faire une diversité, mais il faut l’intégrer petit à petit.
Peut-il y avoir des aides financières à la biodiversité ?
G. BEAL : La plantation a un coût. Lors de projets de reboisement, les semis naturels peuvent être intégrés. Il existe un bonus de biodiversité comme les aides de l’Etat.
La pression des cervidés est-elle prise en compte ?
G. BEAL : La pression des cervidés varie selon les secteurs. Dans les projets de reboisement, on protège. Le chevreuil va affectionner les espaces ouverts, ils n’iront pas dans des forêts naturelles. On risque d’avoir une augmentation de cervidés.
Qui commande les PDM ?
G. BEAL : C’est une démarche des élus. Le PDM est un outil d’animation ponctuel.


2. Partie 1 : Dynamique d’acteurs en gestion forestière intégrée

2.1 Projet pilote de gestion forestière intégrée en Région wallonne. Entre théorie et réalité, facteurs de blocage et de succès.

par Vincent VERRUE - Agent de développement, coordinateur du Projet de gestion forestière intégrée du massif forestier de Saint-Hubert (PGISH), Fondation rurale de Wallonie, Belgique
Courriel : v.verrue frw.be

Mots-clés : gestion intégrée, développement territorial, rural, acteurs locaux, aménagement forestier, environnement, participation citoyenne

Résumé :
La présentation propose une mise en contexte du paysage administratif qui prévaut en Région wallonne et qui influence directement la gestion des forêts publiques et privées. Une fois le contexte installé il s’agit de définir ce qui est entendu par Gestion Forestière Intégrée, comment le concept est arrivé en Région wallonne et comment il se traduit sur le terrain, dans la gestion journalière des forêts.
L’exemple choisi, le seul actuellement en cours en région wallonne, est celui du Projet de Gestion Intégrée du massif forestier de Saint-Hubert. Ce projet, initié en 1999, suite à des divergences de vues entre acteurs gestionnaires et utilisateurs, a connu une évolution très favorable de sorte que d’un projet forestier, il pourrait maintenant devenir un réel projet de développement territorial en milieu rural, dépassant largement la sphère forestière. En effet, des thématiques telles que le développement touristique, l’éducation à l’environnement, la conservation de la nature se sont naturellement ajoutées aux thématiques de départ (la recherche de l’équilibre sylvo-cynégétique, la sylviculture), relevant classiquement de l’aménagement forestier.
D’abord, nous évoquerons les blocages qui ont ralenti le processus et qui restent une menace pour l’avenir. Nous épinglons notamment la nécessité d’une coordination neutre et dont l’action est reconnue par les acteurs locaux, les difficultés liées à la représentativité des acteurs et la prise de décision, le manque de cadre légal, le décalage entre la réflexion à très long terme et la nécessité pour les acteurs locaux et les élus d’obtenir des résultats visibles à court terme, la difficile articulation avec les développements scientifiques nécessaires au processus, l’acceptation par les gestionnaires « historiques » de partager leurs compétences et savoirs, la participation citoyenne.
Ensuite, nous montrerons par quelques exemples que des réalisations concrètes sont possibles dans des délais raisonnables et que ces actions contribuent à rapprocher différents acteurs qui ne sont habituellement pas en contact (organisation de l’écoute encadrée du brame du cerf, rédaction de brochures de sensibilisation, mise en place d’un réseau d’aires de vision).
Enfin, nous terminerons par l’actualité, à savoir la mise en place d’une structure pérenne qui soit à même de faire de ce projet pilote, un projet de développement territorial à long terme, soutenu par les acteurs locaux et durable dans le temps.

Bibliographie :
BOUSSON E. (2003). Gestion forestière intégrée, approche basée sur l’analyse multicritères, Presses agronomiques de Gembloux.
DECOSTER M-D. et al. (2003). Usages concurrents de l’espace rural et maintien de la biodiversité, Actes de l’Université Rurale Wallonne.
JADOUL G. et al. (2007). Projet Life de restauration des tourbières et des milieux humides du plateau de St-Hubert.

LEJEUNE Ph. et al. (2007, février). Vers une gestion intégrée et participative de la forêt ? L’exemple de la commune de Nassogne, Forêt wallonne, n°86.
NORMANT P., BALLON Ph., KLEIN F. (2004, automne). A propos de l’équilibre sylvo-cynégétique et des moyens de l’obtenir, RDV Technique n°6, ONF.
VERRUE V., JOSKIN N. (2006). Projet de Gestion Intégrée du massif forestier de Saint-Hubert, de la philosophie au programme d’actions.

Questions :

• Les mêmes problématiques et blocages sont retrouvés au niveau de l’outil des « chartes forestières », c’est donc encourageant. Avez-vous été sollicités par des collectivités françaises ?
V. VERRUE : J’ai participé au carrefour des chartes à Dijon, donc il existe des possibilités d’échanger ces constats. Les chartes sont reconnues dans un texte de loi. Le problème dans les chartes réside dans la continuité des emplois des acteurs et des salariés. La création d’associations est là pour garantir cette continuité et inscrire l’action dans la durée. Il y a des financements pour ces projets mais après 2 ans de projet, des blocages peuvent survenir car il manque de budget. Les nouveaux accords sont variés. La structure de base (loi 1901) va chercher des financements. L’idéal est d’avoir un outil régional et pour que ce soit inscrit au niveau de la loi.
• Il n’existe pas de Communauté de Communes en Belgique ?
V. VERRUE : Non, en Belgique, une commune est une association de commune, donc on peut retrouver ce niveau tout de même.
• Est-ce que tous les acteurs se retrouvent ?
V. VERRUE : L’exemple du brame du cerf permet de dire oui !
• Quelle est la part d’implication des propriétaires privés ?
V. VERRUE : Elle est très faible et il est très difficile de les toucher. Il n’y a pas d’association qui regroupe les forestiers. Généralement, les très gros propriétaires sont en plus chasseurs. Ils ont donc senti une intrusion du public dans leurs affaires. On constate aussi de petites avancées en terme de recensement, mais il semble difficile de formaliser les actions par la signature d’une charte. Il faut trouver le bon thème qui va les faire adhérer, que l’on peut retrouver par exemple dans les projets forêt/faune.
• Y a-t-il des passages pour la faune sous les routes ?
V. VERRUE : Pour l’instant, il n’y a pas de volonté d’investir à ce niveau même si l’on souhaite « brasser » les deux massifs. Dans la réalité, le passage se fait car les barrières sont petites.

Partie 2 : La technologie au service de la gestion forestière

Réflexion sur la gestion intégrée de la réserve d’Al Frounlok (Lattaquié-Syrie) à partir d’images satellitaires, de la structure et de la dynamique de la forêt de Quercus cerris ssp pseudo cerris.
par Hikmat ABBAS - Professeur, Département de Foresterie et d’Ecologie, Faculté d’Agronomie, Université de Tichrine, Lattaquié, Syrie.
Courriel : abbas-hk scs-net.org

Mots clés : Al Frounlok, Gestion, structure forestière, dynamique, tourisme.

Résumé :
Nous avons effectué cette recherche entre octobre 2006 et mai 2007 sur une forêt de Quercus cerris subsp pseudo cerris, de la réserve d’Al Frounlok, forêts qui se développent dans des milieux menacés par des pratiques touristiques peu respectueuses de l’environnement et par des incendies élevés. Dans cette forêt, formée de groupes forestiers irréguliers plus ou moins jardinés, on trouve quelques bouquets purs, qui peuvent avoir un bel avenir si on les entretient de manière raisonnée avec la méthode combinée. L’étude de terrain a été effectuée sur 25 placettes, où nous avons étudié les conditions écologiques et forestières, et cela spécialement dans cette région fortement touristique. Nous avons mis en place des placettes circulaires sur lesquelles nous avons mesuré la pente (d’en moyenne 20 %), la hauteur des arbres (moyenne de 29 m), le diamètre moyen des arbres (43 cm), la surface terrière moyenne (38,7 m2/ha), la densité moyenne (306,5 arbres à l’hectare). Nous avons collecté des données dendrométriques qui ont permis de calculer des indices de forme, un volume moyen (environ 664.7 m3/ha), et un accroissement moyen annuel (6,6 m3/ ha /an)…
Nous avons comparé les résultats obtenus avec ceux disponibles dans l’étude de Chalabi (1980). L’âge moyen de cette forêt est environ 100 ans. Les types de peuplements les plus répandus dans cette forêt sont : forêt de Pinus brutia (70 %) et Quercus cerris ssp pseudocerris (30 %). Du point de vue de la biodiversité, nous noterons que Mouterde (1964 - 1967 - 1983) d’après Assoad (1997) mentionne 335 espèces dans cette région, dont 84 espèces dans le secteur d’Al Frounlok. De son côté Chalabi, (1980) a dénombré 122 espèces dans la région d’al Frounlok alors que Assoad, (1997) en a trouvé 208. Il faut signaler qu’il n’existe aucun plan d’aménagement dans cette région.
Le but de cette recherche est d’une part, de présenter la structure, la dynamique, et la richesse de cette forêt à divers publics (forestiers, chercheurs …), d’autre part, de proposer des aménagements de nature à la protéger et la mettre en valeur dans un perspective durable.

Bibliographie :
ASSOAD. N.G. (1997). Contributions à l’étude de la biodiversité de la flora dans la forêt de Al Frounlok représentant d’un écosystème forestier humide et sera prononcé comme réserve, Mémoire de Master, Université d’Alep, Faculté d’Agronomie.165p.
CHALABI.M.N. (1980). Analyse phytosociologique, phytoécologique, dendrométrique, et dendroclimatologique des Forêts de Quercus cerris subsp pseudo cerris et contribution à l’étude taxonomique de genre Quercus L. en Syrie, Thèse ès sciences, Université Aix Marseille III. 342p.

Questions :

• La surface terrière que vous donnez (40 m2/ha) doit rendre difficile la structure jardinée. Où sont les gestionnaires ? Y a-t-il une réelle volonté de développer la gestion sylvicole ?
H. ABBAS : Il existe des ingénieurs mais du côté de Tichrine, nous n’avons pas vraiment les compétences. Les étudiants que nous formons ont certes une formation forestière mais ne sont pas des « forestiers ». De même que le traitement sylvicole n’existe pas vraiment.
• Quelle est la fréquentation et l’usage de cette forêt par rapport à la population locale, est-ce traditionnel ou vivrier ?
H. ABBAS : Elle est traditionnelle dans un premier temps, cette zone est spéciale, sa qualité est liée au type de bois, il faut la préserver.
• Le problème est que, sans contrôle de la part de l’État et d’organismes de contrôle, les plantations jardinées ne sont pas possibles, alors que cela permettrait d’offrir une ressource aux habitants, non ?
H. ABBAS : Une communauté méditerranéenne (Italie, France, …) permettrait de protéger ces réserves. Mais même si il existe peut-être un manquement au niveau de la coopération internationale, on ne peut pas non plus compter trop sur l’aide extérieure. Il y a aussi un problème de reconnaissance des travaux universitaires dans les décisions politiques… mais comme cela ne représente que 4 % du territoire, ce n’est pas un enjeu de poids. Même si nos arbres mesurent jusqu’à 29 m de haut, et qu’il existe un accroissement de plus de 6,5, la forêt méditerranéenne est intéressante. Et puis il manque d’ingénieur. Notre faculté ne forme pas de forestiers mais des agronomes. Il manque donc de gens bien formés pour gérer la forêt.
• Avec les données que vous annoncez, la rentabilité économique semble envisageable ?
H. ABBAS : Qu’allons nous faire ?...
• La sagesse locale était maintenue et protégeait la forêt, non ?
H. ABBAS : Cette forêt est nommée réserve mais avant tout, c’est une forêt domaniale puisqu’elle n’est protégée que depuis 2002. C’est une forêt d’État, c’est pour cela qu’elle est désormais protégée, cela provient de son caractère unique, c’est aussi un patrimoine scientifique. Il faut trouver les moyens de sensibiliser sur les questions environnementales. Donc elle est interdite au public sauf pour les chercheurs qui y font des études. Il faut trouver les moyens de dire aux gens que la forêt est bien pour eux, pour leurs enfants.
• La solution d’interdire tout accès est excessive, de même que l’interdiction de coupe, et cela freine l’entretien sylvicole, non ?
H. ABBAS : Il faut couper du bois et en faire quelque chose pour l’entretenir. Il y a une régénération insuffisante, mais cela fait 80000 ans que ce type de forêt existe… Donc la solution ne serait pas d’interdire mais il faut des moyens pour préserver les écosystèmes. On chercherait aussi à préserver les populations et les pâturages. Mais tout cela dépasse les problèmes forestiers.
• Que faites-vous des zones incendiées ?
H. ABBAS : Elles sont reboisées avec des espèces adaptées aux conditions écologiques s’il n’y a pas de régénération suffisante. Le reboisement dépend de l’usage envisagé (apiculture, élevage, agriculture) afin d’aider la vie sociale. Mais on prend en compte la résistance aux incendies.
• Le classement en réserve provient de l’écotourisme, pour la protéger, pour fabriquer une économie ? Ne risque t-on pas de tuer ces initiatives ?
H. ABBAS : La réserve est créée pour protéger cette zone unique, pour améliorer ce type de forêt, et surtout le Quercus Cervis.
• Pour pérenniser ces espèces, est-ce que les peuplements sont préservés par des prélèvements, de la conservation et des récoltes, afin de protéger et faire aussi profiter d’autres lieux de ces essences robustes en vue du réchauffement climatique ? Soit, y a-t-il conservation génétique (on parle peu de la diversité génétique, cela peut être important à ce niveau…) ?
H. ABBAS : Bonne idée, il faut le faire ! Mais trop peu de données existent sur le secteur, à cause du manque de chercheurs dans le pays, même si une nouvelle étude d’un étudiant de Master a été enclenchée…

Préconisations méthodologiques pour l’évaluation de la biodiversité à partir de traitement d’images satellitaires.
par Ilene MAHFOUD - Doctorante, Université d’Avignon.
Courriel : mahfoud_ilene yahoo.fr

Mots clés : biodiversité, agrégations des données spatiales satellitaires, Modifiable Areal Unit Problem (MAUP), structure spatiale, classification supervisée, robustesse

Résumé :
Nous proposons une méthode qui permet aux gestionnaires de mesurer la biodiversité forestière à partir d’images satellitaires de différentes résolutions à une échelle adaptée. La biodiversité est estimée dans et entre les populations observées à différents niveaux d’agrégation spatiale. Nous montrons dans cette recherche, d’une part, l’impact du support spatial sur la robustesse de la mesure, c’est-à-dire l’effet écologique d’agrégation des données, lié au « Modifiable Areal Unit Problem ». D’autre part, nous discutons de l’existence possible d’une échelle pertinente, stable en dépit de changements de certaines des caractéristiques des images considérées (niveau d’agrégation des pixels, taille et forme des images, résolution initiale des pixels de l’image). Trois zones d’étude différentes sont analysées sur la réserve de biosphère du Mont Ventoux (Vaucluse), à l’aide d’images satellitaires SPOT5 à différents niveaux de résolution initiale : 2,5 ; 5 et 10 m. L’information traitée correspond à une classification supervisée de 8 espèces végétales dominantes et à un indice de végétation (NDVI). Les traitements sont réalisés avec les logiciels ArcGIS et Grass. Les indices utilisés évaluent plusieurs aspects complémentaires de la diversité : indice de Shannon, indice de Simpson, de dominance et de richesse spécifique. La recherche débouche sur une comparaison instruite des mesures de biodiversité et des préconisations quant à leur sensibilité au support spatial utilisé pour l’analyse en écologie du paysage.

Bibliographie :
BAKER W. (1997). The r.le Programs, A set of GRASS programs for the quantitative analysis of landscape structure, Version 2.2, University of Wyoming, USA.http://grass.itc.it/gdp/terrain/r_l...
OPENSHAW S. (1984). The modifiable areal unit problem. Concepts and Techniques in Modern Geography, Number 38, Geo Books, Norwich.
JELINSKI D.E., WU J. (1996). The modifiable areal unit problem and implications for landscape ecology, Landscape Ecology, vol. 11 no. 3, pp. 129-140.

Questions :

• La résolution entre 40 et 80m maximise la mesure de biodiversité ? Pourquoi ? Ne serait-ce pas plus pertinent de moyenner ?
I. MAHFOUD : Nous ne voulons pas perdre de détails donc nous cherchons toujours à la maximiser.
• Vous nous avez montré une étude de biodiversité comme résultante du nombre d’espèces arborées. Elle est aussi liée à la densité au sein de la même espèce. Est-ce que l’analyse spatiale mesure cette densité ?
I. MAHFOUD : Notre souhait était, grâce à la télédétection, de mesurer cette biodiversité mais pas de la densité. Donc si, c’est possible, mais n’était pas dans nos recherches. Seule la structure spatiale nous intéresse dans notre étude.

• Grâce au satellite, on peut différencier les espèces ?
I. MAHFOUD : Oui, avec les nouvelles techniques comme radar ou avec les images satellites à résolution de 50cm et les photos aériennes, il est facile de les différencier. Mais à grande échelle, il faut travailler avec des images satellites. Notre étude se basait sur l’étude à 2,5m.
• Cette technique demande-t-elle un rafraîchissement des données ?
I. MAHFOUD : Oui, afin de comparer aux données de terrains.
• Est-ce compatible avec une gestion de terrain ?
I. MAHFOUD : Oui, nous sommes en train de valider la méthode pour cela. Cela change, mais pas assez vite.
• Il faut adapter le type de matrice au terrain, non ?
I. MAHFOUD : Oui.
• Avec des images, peut-on identifier les milieux associés à la forêt : prairie, mares, lisières ?
I. MAHFOUD : Oui, nous avons la possibilité de le faire. Nous avons plusieurs méthodes cartographiques. La nature des données nous oblige à choisir une méthode. Il faudrait une bonne matrice de classification par rapport aux milieux que l’on cherche à définir.

Partie 3 : Des exemples d’intégration, points de vue techniques et scientifiques

Projet Life – Les rapports entre chasse et conservation de la nature

par Gérard JADOUL - Ingénieur, Life Tourbière, St Hubert, Belgique.
Courriel : gerard.jadoul gmail.com

Mots clés : Projet LIFE, restauration, tourbières, gestion intégrée, chasse, tourisme, vision de la faune

Résumé :
Présentation du projet, enjeux et contexte du massif.
Localisation : Plateau de Saint-Hubert, province de Luxembourg, Région wallonne, Belgique.
Sites Natura 2000 concernés : Haute Wamme Masblette (BE30029) Forêt de Freyr (BE34030).
Dates : 2003 – 2007.
But : restauration des tourbières et des milieux humides.
Le projet s’étend sur une zone de travail potentiel de 842 hectares, appartenant à des propriétaires très différents : la Région wallonne (20 %), 9 communes différentes (63 %) et une quinzaine de propriétaires privés (17 %).
La plupart de ces zones ont été enrésinées à partir de la seconde moitié du XIXe siècle et la biodiversité caractéristique des habitats tourbeux y a, par conséquent, fortement régressé.
Le projet LIFE s’est assigné plusieurs grands objectifs :
• sur 300 ha minimum, abandon de la sylviculture résineuse
• sur 150 ha minimum, restaurer les habitats par l’abattage des résineux et le bouchage du réseau de drainage, la création de digues et de mares
• sur 100 ha minimum, maintenir les milieux ouverts grâce à un pâturage ovin
• sensibiliser les propriétaires au fait que la production sur ce type de sols est non rentable alors que le développement de la nature est une meilleure orientation de gestion
• intégrer la conservation de la nature dans une forêt à vocations multiples : production, chasse, tourisme, pédagogie, …

Rapports chasse et conservation de la nature.
Le projet LIFE Tourbières est géré par une association de chasseurs (UGCSH) regroupés depuis 1985 en Conseil cynégétique sur le plateau de Saint-Hubert. Le territoire de ce Conseil couvre 55.000 ha de forêts et regroupe plus de 140 territoires de chasse.
Ce projet prouve que les intérêts de la conservation de la nature peuvent rejoindre ceux de la chasse.
• En termes d’équilibre entre la forêt et la grande faune.
Comme beaucoup de massifs forestiers wallons et européens, le plateau de Saint-Hubert est confronté à des problèmes de régénération et de diversification des essences forestières. La grande faune (cerfs, chevreuils et sangliers) est souvent jugée responsable de cet appauvrissement forestier. Mais l’absence de larges zones ouvertes en forêt qui puissent offrir une nourriture variée à la grande faune joue également un rôle dans ce déséquilibre. Les zones restaurées par le projet LIFE offrent une alimentation naturelle (herbacée et ligneuse), bien répartie sur l’ensemble du massif.
• En termes de quiétude de la faune et d’opportunité touristique.
La grande faune a besoin de quiétude pour se nourrir, se reproduire ou élever ses jeunes. La vocation touristique importante du massif forestier peut contrarier ce besoin de quiétude.
Des aires de vision sont créées en bordure des zones ouvertes par le LIFE. Cette offre d’accueil du public doit être doublée de la création de zones de quiétude réservées à la faune. Le grand public peut alors observer les animaux évoluant en toute tranquillité. Le secteur touristique local peut miser sur cette nouvelle dimension pour accroître l’attractivité de la région.

• Au niveau européen, la philosophie de Natura 2000 est d’assurer la protection des habitats naturels et des espèces tout en poursuivant les activités humaines, dont la chasse. Pourtant des tensions et incompréhensions entre les différents usagers du milieu naturel naissent autour de Natura 2000. Dans certaines régions européennes, ces oppositions sont parfois très tendues. L’exemple d’un LIFE piloté par une association de chasseurs peut donc démontrer que la cohabitation des différents usagers est non seulement possible mais peut s’avérer profitable à tous.

Questions :

• Ce projet est ambitieux et réussi, la réussite est-elle liée seulement aux aspects cynégétiques ?
G. JADOUL : Oui, en effet, c’est un point important (les grands propriétaires sont notamment chasseurs, mais pour les plus petits…) et un levier mais pas seulement. Les outils financiers pour aider les propriétaires sur le rachat des plantations fonctionnent. Cependant, quelques propriétaires attachaient aussi un point affectif aux milieux ouverts. Mais la valeur « utilité publique » n’a quant à elle aucun impact.
• Les engins utilisés lors des travaux sont lourds, mais des moyens plus légers ont-ils été envisagés (câbles etc.) ?
G. JADOUL : En fait, nous avons choisi entre deux solutions : ouvrir peu l’espace de manière très propre ou l’ouvrir beaucoup de manière moins propre. Nous avons préféré ouvrir les milieux le plus possible, soit ouvrir beaucoup avec un peu de dégâts (15% de la parcelle était affectée par l’intervention). Beaucoup de dégâts ont été limités grâce aux mises à blanc avec des lits de branche. Nous avons fait du broyage semi naturel. Nous avons voulu faire de la surface.
• Du point de vue de la concertation, comment avez-vous procédé ?
G. JADOUL : Les réunions étaient faites par les acteurs, avec de très nombreuses rencontres (collège, conseil communal avec les acteurs publics). Avec les acteurs privés, nous descendions sur le terrain.
• Par rapport aux expertises, y a-t-il eu des experts de terrain ?
G. JADOUL : Pour qu’un site soit Natura 2000, il doit être accrédité par un centre scientifique. Les études scientifiques ont été de tous ordres. Pour déposer un LIFE, on demande un dossier scientifique très assis. Il ne peut être sélectionné sans cela. Donc tout était cartographié puisqu’il y a eu une phase préalable « scientifique ». Cela dit, après les épicéas, on a fait revenir l’équipe de scientifiques pour des conseils dans le type de maillage par exemple.
• En Auvergne, nous avons enrésiné trop près des rivières, mais les propriétaires ne veulent pas bouger, comment faire ?
G. JADOUL : Nous avons eu les mêmes soucis pour mettre en place Natura 2000, l’action coercitive ne donnant pas de rétribution. Dans un premier temps doit se faire une action volontaire dans un second temps, une mesure coercitive.
• Le projet LIFE a-t-il des actions juridiques ?
G. JADOUL : Il y a un engagement de 30 ans avec les propriétaires. C’est un statut de RND.
• Une part des coupes constitue du bois énergie ? N’existe-t-il pas là un levier ?
G. JADOUL : Le bois énergie n’est pas souhaité pour garantir un retour au sol suffisant. De plus, il semble plus coûteux que bénéfique.
A. DIERSTEIN : Il y a aussi un problème technique de taille (il y a notamment trop d’aiguilles). Soit peu de peuplements correspondaient à ce qu’il fallait. Dans d’autres sites, sur des sols porteurs, l’harmonie bois énergie/conservation de la nature est possible et peut financer cette gestion.

La gestion multifonctionnelle des espaces ruraux et l’innovation au cœur du développement durable.
par Sophie LAFON et Corinne PARDO - Ingénieur, Post-doctorante, CEMAGREF Bordeaux
Courriel : sophie.lafon bordeaux.cemagref.fr - corinne.pardo bordeaux.cemagref.fr

Mots clés : Instruments et dispositifs collectifs de conservation et valorisation, Forêt méditerranéenne et atlantique, Trufficulture et Sylviculture truffière, biodiversité et interdisciplinarité

Résumé :
Dès le XIe siècle, l’exploitation de la garrigue boisée devient l’un des domaines les plus importants de l’économie des arrière-pays méditerranéens. Les activités proto-artisanales y demeurent prépondérantes jusqu’au début du XXe siècle. Le chêne vert était alors un arbre forestier rentable : charbonnage, écorçage, bois de chauffe, ramille, glandée. L’abandon quasi-total de l’exploitation du chêne vert, suite à l’adoption de la carbochimie, à la place du charbon de bois et à la révolution industrielle, engendre la progression de la garrigue boisée en Méditerranée nord-occidentale, le vieillissement des taillis. Suite à cette déprise forestière, la surface boisée de l’arc méditerranéen a doublé depuis le début du siècle. Les propriétaires forestiers se retrouvent ainsi confrontés à une mutation importante de fonctionnalité de cet espace morcelé et majoritairement privé. L’orientation purement sylvicole laisse désormais la place à une multifonctionnalité de la forêt méditerranéenne valorisant ainsi les fonctions non marchandes des boisements. Il est une pratique, encore expérimentale à l’heure actuelle, à l’interface des enjeux économiques et non marchands, qui soulève l’intérêt des propriétaires, des élus, des gestionnaires et des scientifiques : la sylviculture truffière.
Afin de cerner les enjeux et les moyens mis en œuvre pour développer ce modèle de gestion des taillis vieillissants, une analyse comparative internationale (France / Espagne) des pratiques d’acteurs a été effectuée dans le cadre d’un doctorat sur la gestion et les usages de l’arbre en Méditerranée nord occidentale et se poursuit aujourd’hui au sein du programme INGEDICO. La sylviculture truffière constitue l’une des innovations de ce programme en tant que technique de restauration et de reconquête d’habitats truffiers. Le programme INGEDICO s’intéresse également aux instruments de gestion et coordinations d’acteurs ainsi qu’à l’ingénierie des connaissances en mobilisant des complémentarités de savoirs et des savoir-faire qui peuvent être en eux-mêmes innovants ou exemplaires. Ce caractère innovant réside à la fois dans sa volonté de faire travailler ensemble des chercheurs de disciplines différentes mais également dans sa volonté de répondre à des problématiques locales territorialisées par des méthodes de recherche/intervention intégrant la diversité des espaces supports concernés. L’intérêt plus scientifique de ce programme tient notamment à ce qu’il s’intéresse aux innovations organisationnelles à la fois comme vecteur et comme produit d’un apprentissage collectif : en quoi favorisent-elles une production de connaissances nouvelles (biotechniques et organisationnelles) permettant une formulation effectivement partagée du problème à résoudre et une élaboration d’action en vue de le résoudre ; réciproquement, en quoi cette production de connaissances conduit-elle à transformer les modalités organisationnelles ?
Pour pouvoir développer une telle approche, ce programme repose sur l’étude de situations en cours où l’innovation organisationnelle est « en train de se faire ». Les sous-projets constitutifs de ce programme de recherche articulent, par construction, des approches des sciences biotechniques ou écologiques et des approches des sciences sociales. Aussi, sortir d’une stricte orthodoxie disciplinaire pour répondre à ces questions et mettre en œuvre une interdisciplinarité effective constitue un des enjeux scientifiques de ce programme. En raison de sa richesse en espaces forestiers (Landes, Pyrénées, Dordogne, Lot) parfois strictement protégés, l’Aquitaine et la région Midi-Pyrénées constituent des territoires d’expérimentation exceptionnels des formes renouvelées que doit prendre une gestion territorialisée durable de la biodiversité ordinaire ou remarquable (faune sauvage, espèces et écotypes locaux, flore et fonge).

Bibliographie :
COUIX, N., GIRARD, N. (2006, Juin). Apprendre à accompagner des projets singuliers de gestion de l’espace. Quels cadres théoriques pour rendre compte des pratiques et connaissances en situation ? Communication présentée à : Journées CO-Act., Semaine de la Connaissance, Nantes, France. http://tech-web-n2.utt.fr/sdc2006/c....
MOQUAY, P. (2006, Novembre). Gestion de territoires et développement durable : nouveaux outils, nouveaux comportements ? Introduction au colloque. Communication présentée à : Colloque Politiques territoriales et développement durable : évaluation et gouvernance, MEDD / PUCA / Université François Rabelais, Tours, France.
OLIVIER, J.M. (2006). Programme national d’expérimentation en trufficulture. Synthèse des deux contrats de plan- MAP-FFT – Oniflhor – Rapport 55p.
POINSOT, Y., 2007. Faune sauvage et territoire dans les campagnes françaises. Les Annales de géographie (soumis).
YOUNG, J., WATT, A., NOWICKI, P., ALARD, D., CLITHEROW, J., HENLE, K., JOHNSON, R., LACZKO, E., MCCRACKEN, D., MATOUCH, S., & NIEMELA J. (2005). Towards sustainable land use : identifying and managing the conflicts between human activities and biodiversity conservation in Europe. Biodiversity and Conservation, 14, pp. 1641-1661.
Publications de transfert :
ALARD, D., & DUTOIT, T. (1995). Conservation des pelouses sèches du nord-ouest de l’Europe : vers des modèles de gestion où l’homme a sa place. Le Courrier de la Nature, 152, pp. 16-22.
CALLOIS, J.M., MOQUAY, P. (2006). La territorialisation des politiques de développement rural : acquis des expériences antérieures et perspectives. Ingénieries – eau agriculture territoires, numéro spécial Politiques de développement rural : enjeux, modalités et stratégies, pp. 155-163.
MAGDA, D., MEURET, M., HAZARD, L., AGREIL, C. (2001). Répondre à une politique de conservation de la biodiversité : le pâturage des brebis pour la maîtrise des landes à genêts. FaçSADe 12 : pp. 1-4.
OLIVIER, J.M. (2006). Le trufficulteur français, 57, pp. 8-10.
GUINBERTEAU, J., LEPRINCE, F., OLIVIER, J.M., etc. (2004). Actes du colloque « Cèpes et forêt paysanne », LPA-Vic, 29p.
DIETTE, S., (2003). Sylviculture truffière et restauration des paysages forestiers méditerranéens. Mémoire de fin d’étude d’ingénieur forestier, 11e promotion FIF 2000-2003, Centre régional de la propriété forestière, Agence méditerranéenne de l’environnement, Ecole nationale du génie rural des eaux et des forêts, 96 p.
DIETTE, S., LAURIAC, A., (2004). La sylviculture truffière : aperçus historiques, apports techniques et enjeux pour la région méditerranéenne. La forêt française, LVI - 3-2004, pp. 219-230.
MIRIEU De LABARRE, S., (2003). Conversion des taillis denses de Chênes verts en écosystèmes truffiers : impacts sur la diversité floristique. Une étude de cas dans la région d’Uzès (30). Mémoire de maîtrise de biologie des populations et des écosystèmes, Université de Montpellier II.
REYNA S. & GARCÍA BARREDA, S. (2005, mai). La truficultura y la selvicultura trufera en la defensa contra incendios forestales. Conferencia internacional sobre estrategias de prevención de incendios en el sur de Europa, Barcelone, Espagne.
REYNA S, (1999). Aproximación a una selvicultura trufera. Tesis doctoral Universidad Politécnica de Madrid (inéd.).

Questions :

• Cette étude ne concerne que les chênes verts ?
S. LAFON et C. PARDO : Oui, dans le cadre du doctorat. Dans ma nouvelle étude, d’autres plantations sont intégrées. Dans le cas du truffier, nous travaillons avec d’autres essences. Pour Ingedico, la truffe Périgord est au centre du projet, mais on peut imaginer différentes sortes de truffes (diversité spécifique). La transversalité de la démarche, plus variée peut être transférée à d’autres contextes forestiers.
• Vous ne vous intéressez qu’à la truffe noire ?
S. LAFON et C. PARDO : Oui, pour l’instant, mais potentiellement, nous pouvons nous étendre à plusieurs espèces de truffes. Mais nous commençons par une espèce emblématique. Si cela fonctionne, nous transférerons la démarche. De toute manière, les propriétaires veulent cette truffe plus rentable.
C’est un combat entre écologues et exploitants. Au niveau écologique, la concurrence entre les différentes espèces de truffes est fonction de l’humidité du milieu. Des réflexions complémentaires sont à mener, notamment sur des truffes dites moins nobles, par exemple en Italie avec la valorisation de la truffe blanche.
• Les changements climatiques ont des conséquences, et peuvent donc entraîner des modifications de la trufficulture envisagée ? Ou alors ce facteur est-il mis de côté ?
S. LAFON et C. PARDO : les enjeux des changements climatiques sont pris en compte de manière directe ou indirecte dans les projets (bois énergie, …), mais ils sont variables et peuvent être vus sous différents angles… Le chêne vert par exemple remonte un peu en terme de limite géographique et la production truffière est à 80% due au chêne vert et cela même dans les zones « non favorables ». On retrouve le chêne vert et la sylviculture truffière au nord de la répartition géographique de l’espèce. Peut-être cela constituera t-il une prémisse par rapport aux changements climatiques à ce niveau et permettra un amortissement des effets de ces changements.
• N’y a-t-il pas de chêne vert en Syrie ?
S. LAFON et C. PARDO : en effet, sa limite géographique s’arrête en Turquie, il est remplacé par une autre espèce plus au Sud.

Prise en compte de la biodiversité dans les pratiques de gestion des forestiers privés
par Monique BOUCHAUD - Assistante Ingénieur, CEMAGREF Clermont-Ferrand.
Courriel : monique.bouchaud cemagref.fr

Mots clés : biodiversité, gestion forestière, action collective, propriétaires forestiers privés.

Résumé :
Ce travail s’inscrit dans un programme de recherche du GIP Ecofor financé par le MEDD et le MAP afin de mieux connaître les déterminants socio-économiques de la gestion forestière tournée vers la biodiversité (en particulier des petits propriétaires forestiers).
Deux unités de l’UMR Métafort de Clermont-Ferrand contribuent à cette recherche. Les propriétaires forestiers prennent-ils en compte la biodiversité et sa conservation dans leur manière de gérer leurs forêts si gestion il y a ? Qu’est-ce qui les amènerait à conserver ou favoriser la biodiversité à travers des actions collectives ? Pour répondre aux questions qui touchent à la biodiversité et à sa conservation, nous avons choisi de nous situer dans le Massif Central. Au niveau local, 6 terrains d’étude ont donc été retenus.

Méthode de travail
Nous entrons sur le territoire par l’intermédiaire d’une personne ressource la plupart du temps le technicien CRPF du secteur ou la responsable forêt (soit PNR Morvan, soit PNC). Nous travaillons par le biais de la méthode boule de neige, nous ne rentrons pas sur le territoire par les institutions mais par les actions collectives dynamiques.
Nous identifions les actions collectives par le biais des enquêtes. Nous portons une attention particulière aux actions collectives qui ont les caractéristiques suivantes :
• tous les acteurs se sont fixé une « mission commune » (concernant la gestion forestière)
• ils sont tous d’accord sur la démarche pour y parvenir
• ils disposent, pris tous ensembles, de toutes les ressources nécessaires pour accomplir leur mission

Résultats
Telle que les scientifiques entendent la biodiversité, il n’y a pas d’action collective visant à favoriser ou conserver la biodiversité à travers la gestion forestières des propriétaires forestiers privés, il n’y a pas d’action intentionnelle vis à vis de la biodiversité. Différents indicateurs se font jour, appropriés différemment par les propriétaires suivant les territoires.

Conclusion
Ces indicateurs se révèlent être applicables au niveau local mais ne favorisent pas une politique nationale réglementaire, d’où une difficulté supplémentaire.
Comment avons-nous su de quels indicateurs les propriétaires se dotaient ? Nous leur demandons leur définition de la biodiversité en fin d’entretien à chacune des personnes rencontrées.
Des applications réglementaires telles que Natura 2000 ont été mal perçues du fait d’une communication insuffisante lors de la mise en place (les propriétaires pensaient que l’on voulait mettre la forêt sous cloche).
Pour 2008, nous poursuivons notre travail par l’évaluation de l’apprentissage en un an des propriétaires par rapport à des informations ou formations qui pourraient modifier leur gestion forestière de façon durable (sur 2 terrains).

Bibliographie :
ANGEON V. et CALLOIS J.-M. (2006). Capital social et dynamiques de développement territorial : l’exemple de deux territoires ruraux français, Espaces et sociétés, n°. 124/125, pp. 55-71
ANGEON V. et CARON A. (2005). Quel mode de régulation et de gestion durable des ressources forestières pour la biodiversité ? Une analyse à partir de la coordination locale, Proposition de recherche Biodiversité et gestion forestière Enjeux écologiques et sociaux, Développer les connaissances sur les dimensions socio-économiques de la relation entre gestion forestière et biodiversité, Quelle concertation entre acteurs et quelle régulation économique ?, Ministère de l’Agriculture et de la pêche, 29p.
ANGEON V. et CARON A. (2007). Quel mode de régulation et de gestion durable des ressources forestières pour la biodiversité ? Une analyse à partir de la coordination locale, Rapport intermédiaire. Ministère de l’Agriculture et de la pêche, 65p.
ARGYRIS Chris et SCHÖN Donald A. (2002). Apprentissage organisationnel, De Boeck Université.
AZOULAY D. (2006). Biodiversité forestière : peut-on la gérer de manière collective ?, Mémoire de fin d’étude pour l’obtention du diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Rennes, 60p.
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BERGES L. et al. (2002). Prise en compte de la biodiversité dans la gestion forestière : éléments de méthode, Ingénieries - E A T (spécial Aménagement forestier), pp. 45-55.
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n°. 31, pp. 2-3.
BRÉZARD J.-M. (2005). Conservation des éléments importants pour la biodiversité : le point sur les dispositifs proposés au gestionnaire de forêts publiques, Les Rendez-vous techniques de l’ONF, n°. 9,
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Questions :

• En fonction du Terrain d’expérimentation 1, quelles sont les pistes vers une harmonisation des indicateurs ?
M. BOUCHAUD : Les indicateurs sont les trois présentés et seront utilisés dans 2/6 des terrains pour voir si les propriétaires changeront leurs discours et leurs pratiques.
• Les temps ne sont-ils pas trop courts pour voir une évolution des mentalités ?
M. BOUCHAUD : Si, mais ceci est dû au financement de l’étude 2006-2009. Mais une étude de corpus (réunions, presse) permet d’analyser ceci.
• C’est le même constat pour nous, en Belgique. L’outil normatif ne fonctionne pas, à cause de la diversité des propriétaires. L’érosion ne va-t-elle pas continuer…. à cause de la lenteur de l’apprentissage ?
M. BOUCHAUD : Un facteur déterminant est la proximité des propriétaires. C’est la proximité qui fait l’implication de chacun. Toute la panoplie des propriétaires, je ne sais comment faire pour les impliquer. Je crois beaucoup au travail de proximité et d’animation.
Un auditeur : La multiplicité des propriétaires est-elle un gage de biodiversité ?
M. BOUCHAUD : J’ai une grande croyance dans le travail de proximité, d’animation… Nous tentons de changer les choses grâce à nos enquêtes…
Un auditeur : L’enjeu est dans la proximité, prenons l’exemple wallon avec l’engagement (et donc le financement) de 26 « études scientifiques » alors que 3 coordinateurs auraient peut être abouti au même résultat voire mieux. Il y a aussi une réaction épidermique à certains projets tels que Natura 2000.
• Est-ce que, au niveau municipal, il n’y a pas la responsabilité d’engager les animateurs ?
M. BOUCHAUD : Les communes forestières ne se sentent pas concernées dans le développement de la forêt. Nous sommes obligés de travailler par massif, il parait difficile de penser globalement.
Un auditeur : par rapport à mon expérience, parfois les propriétaires peuvent aussi être sensibles au fait de « voir la forêt comme elle était dans le temps ». Mais le problème est complexe devant la multiplicité des profils de propriétaires.
• En 2009, quel sera le résultat ?
M. BOUCHAUD : Nous espérons prolonger l’étude pour vérifier la mise en pratique du discours des propriétaires.
• Quel est le nombre de propriétaires ? Existe t-il une corrélation entre site et mentalité/sensibilité ?
M. BOUCHAUD : Nous avons fait 70 à 80 enquêtes, mais les profils sont très différents, les propriétés sont petites, il n’existe donc pas de corrélations.
• Y aura-t-il des prérogatives données aux propriétaires ?
M. BOUCHAUD : Non, ce n’est pas trop possible, seulement des recommandations.
• Vous avez parlé des privés, et les autres ? Pour vous qu’est ce que la biodiversité ? Connaissez-vous PEFC ?
M. BOUCHAUD : Nous ne nous sommes pas intéressés aux autres.
• Y a-t-il des endroits où l’on expérimente des choses en biodiversité (ex : permaculture) ?
M. BOUCHAUD : Pas que je sache
• Existe-t-il des parcelles pédagogiques pour faire passer le message ?
M. BOUCHAUD : Une expérience d’initiative liée à une école a été menée. Le projet se situe aux portes d’Autun, géré par une association, l’objectif est de faire une gestion forestière (valorisation, coupes) et de créer un sentier pédagogique. Mais les actions sont ponctuelles et de petite envergure. Ils ont voulu réunir des acteurs du coin et d’ailleurs, soit de faire une action collective pour diversifier les peuplements.
• Concernant Natura 2000, Y-a-t-il des zones d’expériences de biodiversité ? (Question ouverte au public)
Les auditeurs :
- L’ouverture des forêts, pour un propriétaire, si c’est juste une question de biodiversité, il s’en moque… mais si on lui explique que la biodiversité peut être bénéfique au rendement, alors cela peut fonctionner
- La biodiversité est aussi un effet induit.
- Le CRPF préconise l’éclaircie.
- Mais il est clair que la biodiversité n’est pas un objectif en soi pour un propriétaire (c’est idem pour l’expérience belge)
• Un vieux propriétaire souhaite planter une biodiversité volontariste, n’aura-t-il pas raison ? Dans le sens où le propriétaire ne mettra pas ses œufs dans le même panier.
Un auditeur : En l’occurrence, nous ne sommes pas sur une culture de carottes, il n’est pas possible d’anticiper le marché (exemple de l’épicéa à l’origine pour la production de papier).
• Pourquoi ne pas faire gérer ses parcelles par un gestionnaire forestier (sur le même principe que l’agence immobilière) ?
Un auditeur : Faire gérer par un gestionnaire impliquerait un fort coût…
Un auditeur : La piste est explorée avec actuellement des projets de location de terrains forestiers avec un système de mensualité. Mais un frein réside dans le problème d’attachement aux forêts et aux petites parcelles. Le propriétaire se sent dépossédé.
Un auditeur : Pour boiser, des règles existent et on ne peut transformer une terre agricole en forêt sans accord avec des plans de boisement.

Thématique pédagogique suscitée par la découverte du domaine de Leygat (SOLIGNAC), Centre de l’arbre
par Gérard RIBOULET - Expert forestier, expert judiciaire, Consultant en arboriculture ornementale. Cabinet Riboulet, Solignac.
Courriel : cabinet.riboulet wanadoo.fr

Résumé :
I) Analyse paysagère
Le site, au relief vallonné et dégagé, s’étend sur 7 ha.
• contexte historique, culturel et paysager de la région de Solignac ;
• rappel historique de la propriété de Leygat ;
• structure paysagère élargie ;
• cartographie des composantes du site ;
• points de vue de l’extérieur ;
• points de vue vers l’extérieur ;
• ambiances spécifiques ;
• points noirs ;
• objectifs paysagers, contraintes et atouts ;
• techniques de valorisations paysagères résultant de l’analyse.

II) Conception d’un parc à caractère romantique : l’acerquercetum
Sur près de 1 ha, l’objectif est l’obtention d’un parc botanique romantique dans lequel ont été introduits, au printemps 2006, 26 chênes et 26 érables et une cinquantaine d’arbustes ordonnés suivant une thématique de régions d’origine (depuis l’est des Etats Unis jusqu’à l’Europe occidentale ;
• protocole et conception et cartographie mono-arbre ;
• méthode de plantation et d’entretien ;
• maîtrise de l’eau par récupération d’eau pluviale pour l’alimentation de la nappe.

III) Établissement d’écosystèmes forestiers : l’ecosylvatum
Sur 1,5 ha de prairies pentues (deux versants) et des boisements existants (3 ha), l’objectif est de tendre vers la pérennisation d’une douzaine d’écosystèmes forestiers (« ecosylvatum »).

3.1- Étude préalable du milieu naturel
• études préalables : géologique, pédologique et climatique ;
• système hydrographique ;
• réserves en eau utiles ;
• importance du relief et effet des versants ;
• modes de caractérisation des écosystèmes (potentiels et existants) ;
• modalités de conception d’écosystèmes forestiers sur zone prairiale ;
• modalités de conception d’écosystèmes forestiers sur zone boisée ;
• cartographie et maquette de l’existant et du projet ;
• protocole général de plantation ;
• essences introduites, modes de plantation et d’entretien.

3.2- Étude préalable d’un protocole
• choix d’essences objectif et essences secondaires ;
• dispositif d’installation.

3.3- Réalisations
a) création d’écosystèmes sur prairies

• techniques culturales de préparation du terrain ;
• techniques d’entretien et de suivi de la végétation.

b) Restauration d’écosystèmes après pâture des sous-bois

• période d’attente nécessaire à l’expression des habitats ;
• diagnostic de l’existant et de son avenir ;
• effets de la rudéralisation ;
• choix des techniques d’intervention visant à la constitution d’écosystèmes.

c) Rétablissement d’un système forestier après dégâts de tempête

• modalités de remise en état ;
• choix d’une structure de peuplement ;
• techniques de la futaie irrégulière ;
• méthodes cartographiques de la futaie irrégulière ;
• semis naturels et stations forestières ;
• modes de colonisation des terrains vierges et importance de la pédogenèse.

IV) Création d’une lande mellifère : le melliforum
• principales espèces forestières mellifères ;
• herbacées et arbustes persistants non forestiers ;
• mode de vie de l’abeille ;
• installation d’un rucher ;
• conception d’un espace mellifère ;
• techniques de création, d’installation et d’entretien.

V) Diagnostic, expertise et protection de l’arbre
Observations sur place du mode de fonctionnement de l’arbre : ses modes de réitération, de réparation, de consolidation, de compartimentation, son système racinaire, sa statique, ses stress et pathologies, son comportement social…

a) physiologie et mécanique ;
• diagnostic physiologique ;
• diagnostic mécanique ;
• espérance de maintien.

b) fonctions et valeurs des arbres :
• valeurs des arbres et des boisements d’agrément ;
• valeurs des arbres forestiers et des forêts de production ;
• évaluation des patrimoines forestiers et ruraux ;
• principe du cubage des arbres sur pied ;
• estimation quantitative, qualitative et financière ;
• différents modes d’expertise, de valorisation et de négociation.

c) la défense de l’arbre :
• statut social de l’arbre ;
• les formes de contentieux ;
• défense par les moyens légaux, réglementaires et jurisprudentiels ;
• les classements et protections.

Questions :

• Quelle est l’orientation du bâti ?
C. RIBOULET : Il y a eu un changement du site d’intérêt pour bénéficier du soleil.
• La chênaie reconstituée est-elle en cohérence avec les paysages et la pédologie ?
C. RIBOULET : Oui à cet endroit, elle est entourée d’un chemin, dans un coude, sentiment de forte chaleur, à gauche près des peupliers. On a l’impression de changer de région à 10 m d’intervalle. Il y a aussi eu un choix d’espèces calcicoles. Certains espaces sont expérimentaux, peu d’expériences ayant été menées jusqu’alors à ce niveau.
• Vous parlez de chênaie-hêtraie sans hêtre, comment nommer une station sans arbre impliqué…. ?
C. RIBOULET : En effet, ce type d’écosystème peu être défini comme tel devant son organisation.
• Une augmentation de température de 2 à 4°C n’est viable que si l’on maîtrise les gaz à effet de serre, vous ne préconisez pas la biomasse, nous ne remplirons donc pas les objectifs du GIEC ?
C. RIBOULET : Le choix est volontaire, en effet, il n’y a pas que du bénéfice.

Conclusion

Remerciements et Synthèse du colloque

par Olivier BIOTEAU – Responsable du programme PERCEPTION, Association Objectif Sciences

Remerciements des acteurs et des partenaires
Les organisateurs tiennent à remercier :
• les personnes et les structures présentes : le Cabinet Riboulet, le CEMAGREF de Bordeaux, le CEMAGREF de Clermont-Ferrand, le CRPF Auvergne-Limousin, l’ONF Auvergne, l’Université de Tichrine, l’Université d’Avignon, Life Tourbière Belgique, la Fondation rurale de Wallonie ainsi que tous les auditeurs.
• toutes les personnes et structures qui nous ont aidés dans la communication de l’évènement ainsi que nos différents partenaires, entre autres : le Parc Naturel Régional du Livradois Forez (excusé), la Coopérative Forestière des Ardennes, l’Université du Maine, le groupe ECOFOR, les éditions QUAE, l’Association forêt méditerranéenne, Arbora, la revue TEOROS de l’UQAM et d’autres encore, …
Grâce à tous, nous avons pu parcourir en partie le thème de gestion forestière intégrée et avoir des échanges riches à ce sujet. A l’issue de ces deux journées, nous pouvons dire que la rencontre a été pertinente, et le sujet de GIF paraît porteur et à faire évoluer… Faire évoluer la thématique, c’est aussi réussir à réunir d’autres acteurs, pertinents et absents aujourd’hui : le Parc Naturel Régional Livradois Forez, les acteurs de la valorisation du bois (excusés), les chasseurs, les élus locaux.

Synthèse
A la suite des contributions et des échanges qui ont suivis, la gestion forestière intégrée nous apparaît donc quand même comme un projet complexe, nécessitant des moyens financiers, des moyens humains et des moyens techniques/scientifiques.
• L’intégration « sociale » a surtout été développée sous l’aspect de la concertation.
• L’intégration « écologique » sous le terme de biodiversité
Enfin, deux autres notions semblent aussi centrales dans les pratiques et les expériences partagées de Gestion Forestière Intégrée, à savoir : le cadre spatio-temporel ainsi que la concrétisation et la diffusion. Revenons sur ces cinq points.

Vers une concertation accrue des acteurs.

La concertation avec les acteurs est un élément essentiel de la gestion dite intégrée. Elle inclue notamment la coordination qui apparaît comme un rôle clé dans la démarche de projet (illustré par M. VERRUE (Fondation rurale de Wallonie) et par M. JADOUL et Mme. DIERSTEIN (Life tourbières), rôle clé à la fois devant la nécessité d’informer les acteurs et de centraliser l’information. Ce rôle central reste à adapter selon le contexte de travail.
La concertation se veut hiérarchisée. D’une part, d’un point de vue temporel dans la mesure où certains des acteurs vont intégrer le processus de concertation avant les autres, d’autre part parce que tous ces « stakeholders » ne sont pas au même niveau au sein de la démarche.
La concertation paraît multidimensionnelle puisque les intérêts à prendre en compte sont multiples et variés. Les projets réalisés ou à venir vont ainsi dans ce sens (illustrés par Mmes LAFON et PARDO, CEMAGREF Bordeaux). Par ailleurs, la gestion intégrée se veut réellement différente de la sanctuarisation imposée qui peut mener aux conflits, l’objectif de la démarche de gestion intégrée étant de faire converger les intérêts vers un projet commun choisi.

Enfin, la concertation s’adresse à des acteurs qui montrent des intérêts divers sur le sujet forestier. L’expérience montre une pluralité des profils des acteurs privés et met ainsi en exergue la difficulté de l’approche à initier. Cependant malgré une difficulté concrète de sensibilisation de ces acteurs (illustrée par Mme BOUCHAUD, CEMAGREF Clermont-Ferrand, et M. BEAL, CRPF) et des moyens de sensibilisation qui restent à développer, des initiatives porteuses ont été concrétisées (illustré par M. RIBOULET, Cabinet Riboulet). Du côté des acteurs publics, les besoins doivent être adaptés (illustré par M. ABBAS, Université de Tichrine).

La recherche de pratiques favorisant la biodiversité

Malgré la volonté toujours croissante de mettre en place des actions en faveur de la biodiversité, composante centrale de l’intégration écologique, les expériences de terrain nous montrent des variations entre la gestion effective et la gestion intentionnelle.
La mise en place d’outils techniques et/ou technologique est concrète (illustré par Mlle MAHFOUD, Université d’Avignon). Ces techniques restent à faire évoluer et peut-être à mettre en lien et à faire accepter aux acteurs du terrain.
Par ailleurs, même si l’intégration écologique vise l’ensemble des composantes de l’écosystème, force est de constater que l’accent, en terme de pratiques est porté sur l’objet « arbre » (même si la diversité des essences d’arbres diversifiera les écosystèmes forestiers dans leur ensemble). Cependant, la biodiversité n’apparaît pas comme une finalité ou un objectif en soi lors des projets, son acceptation doit passer par la valorisation des intérêts et représentations portés par les acteurs et propriétaires.

Le levier économique

L’économie reste un point central dans l’évolution de la gestion forestière intégrée et de chacun des projets, et cela à toutes les étapes du processus. La concertation des acteurs passe aussi par une entente à ce niveau. En effet, l’économie constitue un élément moteur pour la convergence des points de vue des acteurs.

Un cadre spatio-temporel à (re)définir ?

Autour de la notion temporelle viennent se greffer plusieurs problématiques, à savoir celle de la durée à accorder aux différentes étapes de la GIF sachant que la lenteur des démarches peut s’avérer déstabilisante. De même viennent s’ajouter la difficulté d’anticipation (face à l’évolution du projet, face au cours du marché, …) et les besoins d’effets à courts termes pour les acteurs du terrain.
D’un point de vue spatial, force est de constater le caractère aléatoire de la valorisation des projets en fonction des territoires et notamment à corréler à la superficie forestière, ce qui débouche généralement sur une conscientisation accrue des acteurs ainsi qu’une recherche de solution par le développement de moyens. Soit, le dépassement de la difficulté d’intégration de la gestion forestière dans l’aménagement de certains territoires doit pouvoir passer par des aides d’une échelle dépassant celle du territoire.

Concrétisation et vulgarisation

Loin d’être une méthode de gestion acquise, les expériences nous montrent qu’au sein des démarches, les différences de stades d’évolution en fonction des projets sont importantes, de même que les différents niveaux d’intégration ; d’où la nécessité de diffuser les expériences vécues, les réussites,... Les efforts sont en cours mais les méthodes et les outils restent à développer, de même que les expérimentations à persévérer et à innover.

Perspectives
A l’issue des deux journées, des questionnements sous-jacents au thème de réflexion émergent :
• La faiblesse de la prise en compte des changements climatiques au sein des projets et des démarches semble mettre en avant le fait que cette problématique, quand bien même non négligée, se situe à un niveau de réflexion et d’action au-dessus des projets existants déjà difficiles à mettre en œuvre.
• Quelle place pour la gestion écosystémique dans les projets de gestion intégrée ?
• Enfin, les expériences nous montrent que quel que soit le projet et son niveau d’évolution (phase initiale, phase de suivi,...), la question de la pérennisation de son action et des moyens à mettre en œuvre pour cette pérennisation se pose.
• Enfin, quels rapports émergent de la gestion forestière intégrée avec la territorialisation et la sensibilisation des différents publics ?

La gestion multifonctionnelle des espaces ruraux et l’innovation au cœur du développement durable.
par Sophie LAFON et Corinne PARDO, CEMAGREF Bordeaux

Introduction

Le programme INGEDICO « Instruments de gestion et dispositifs collectifs de conservation » s’inscrit dans l’une des thématiques prioritaires pour les Régions Aquitaine et Midi Pyrénées. Il s’intéresse à la gestion des ressources naturelles renouvelables dans une perspective de développement durable, s’attache à des situations très contextualisées et multi-usages des territoires supports aux recherches engagées. La singularité des projets étudiés au sein du programme dépend du type de ressources, des modes d’utilisation, des conditions pédoclimatiques, du contexte socio-économique, culturel, de l’histoire locale, des expériences antérieures, des personnalités et des acteurs en présence. INGEDICO s’intéresse donc au processus d’action collective qui mêle une grande diversité d’acteurs publics et privés dans des démarches dites « participatives » : collectivités locales, services de l’Etat, acteurs des filières de production, population locale, etc. Le projet répond à une demande « d’outils de gestion » (conceptuels, méthodologiques, techniques de modélisation, indicateurs de suivi, supports pour partage de connaissances, etc.) de la part des praticiens et des institutions. Une adaptation à la situation locale des « outils » ou instruments et connaissances disponibles est alors nécessaire. Nous soumettons l’hypothèse qu’améliorer l’adéquation entre « outils » de gestion, au sens de David (1998, 2006), et situations d’action dans lesquelles ils sont mobilisés peut aider à améliorer l’efficacité des dispositifs collectifs. Ceci oblige à travailler sur des instruments (mobilisés, mobilisables ou à concevoir) adaptés aux situations particulières de conservation et valorisation des ressources naturelles. De façon complémentaire, en référence aux travaux de Pierre Lascoumes et Patrick Le Gales (2006), on entend par instrumentation de l’action publique (IAP) « l’ensemble des problèmes posés par le choix et l’usage des outils (des techniques, des moyens d’opérer, des dispositifs) qui permettent de matérialiser et d’opérationnaliser l’action gouvernementale. Un instrument peut être législatif et règlementaire, économique et social, conventionnel et incitatif ou informatif et communicationnel ». La thématique trufficole en lien avec la gestion forestière et agricole concertée est au cœur du programme INGEDICO notamment par l’étude territorialisée de méthodes de sylviculture truffière innovantes et de trufficulture durables.
Selon Patrick Moquay, Jean-Pierre Desfontaines et Emmanuelle Marcepoil (2001), les enjeux sur les territoires ruraux nécessitent de définir de nouvelles pratiques territoriales, individuelles et collectives. Il faut établir de nouveaux partenariats, de nouvelles formes de concertation sur de nouveaux territoires. On assiste à une nécessaire reconfiguration des dimensions sociales et spatiales de l’espace rural local. C’est face à ces enjeux, notamment environnementaux, que se situe la problématique des représentations spatiales, comme moyen d’accompagnement du développement territorial. Cette perspective d’ingénierie des connaissances en situation modifie, combine et crée de nouvelles connaissances sur les objets biologiques en jeu et mobilise de ce fait nécessairement les sciences biotechniques dont c’est l’objet (selon les cas, écologie, génétique, foresterie, mycologie) afin de produire de nouvelles connaissances (indicateurs notamment) qui soient opérationnelles pour l’action collective. Un des enjeux scientifiques liés à ce projet interdisciplinaire est de développer une démarche originale de production de connaissances dans les sciences biotechniques qui change fondamentalement de posture par rapport à celle habituellement adoptée, généralement hypothético-déductive. Trois questions scientifiques permettront pour INGEDICO de capitaliser sur les méthodes et de contribuer à la mise en place de recherches-interventions adaptées permettant d’étudier la transferabilité et la complémentarité de techniques de sylviculture truffière innovantes et de trufficulture durable :
• Quels instruments mobilisés ou mobilisables pour la trufficulture et la sylviculture truffière ? Leurs caractéristiques ? Sur quelles connaissances reposent-ils ? Comment sont-ils utilisés ? Quels décalages avec les pratiques
• Comment concevoir des instruments de gestion en adéquation avec les pratiques ? Quelles méthodes et outils pour favoriser le partage de connaissances et pratiques à des fins de co-construction ? Nous nous attacherons plus particulièrement à deux situations correspondant à des moments forts de partage des connaissances ; le diagnostic (passage d’un diagnostic sectoriel à un diagnostic partagé) et la transformation des indicateurs de gestion d’une ressource particulière rendue nécessaire par la prise en compte d’une diversité de pratiques et d’enjeux.
• Comment concevoir des instruments de partage de pratiques ou de capitalisation des expériences à des fins de développement d’une compétence collective et d’une inscription dans la durée de la gestion des ressources ?

1 / Histoire et définitions de la sylviculture truffière et de la trufficulture

Afin de mieux comprendre l’essence du projet INGEDICO en lien avec la trufficulture et la sylviculture truffière, il est nécessaire dans un premier temps de revenir sur l’histoire de la trufficulture en France afin de mieux définir les termes de trufficulture et sylviculture truffière. Afin d’illustrer nos propos et de rendre plus concret un projet qui n’en est qu’à ses prémices, nous nous reporterons tout au long de notre argumentaire aux données récoltées en Méditerranée nord-occidentale (Pardo, 2005). « Si l’on ne considère que le bassin méditerranéen, on pourrait presque se demander si la truffe ne serait pas un des ciments cachés de la latinité ! » (Olivier, Savignac, Sourzat, 1996). Le maintien physionomique des taillis méditerranéens n’est plus effectif. Leur actuelle sous exploitation, accentuée au cours des dernières décennies, ne peut par conséquent qu’entraîner le vieillissement naturel de telles formations physionomiquement homogènes et la fermeture du couvert. De nouveaux plans de gestion et d’aménagement bien définis, tenant compte tant des caractéristiques écologiques et biogéographiques de cet écosystème que des intérêts patrimoniaux (selon une conception économique et sociopolitique), seraient pourtant préférables. Et c’est actuellement ce qui se dessine en France et en Espagne, à l’initiative du CRPF pour le premier cas et des centres de recherche forestière dans le second, avec les modèles de gestion multifonctionnelles des chênaies vertes à vocation truffière ou sylviculture truffière. Aussi avant de préciser l’intérêt porté par INGEDICO aux techniques de sylviculture truffière anciennes ou plus modernes est-il souhaitable de mieux définir dans quelle mesure ces techniques contribuent aujourd’hui à un ensemble de pratiques plus globale appelé trufficulture en France.

1.1 / Qu’entend-t-on par trufficulture en France ?

Selon l’ouvrage « Truffe et trufficulture » (2002), la trufficulture est née en France fortuitement au XIXe siècle d’une conjonction exceptionnelle de facteurs démographiques, sociaux, économiques et écologiques. C’est dans la région de Loudun que les premières plantations par semis de glands furent établies dès la fin du XVIIIe siècle (1790). Une conjonction de phénomènes favorables explique l’apogée de la production truffière dans la deuxième partie du siècle suivant : la crise phylloxérique décime le vignoble français livrant alors à la truffe des territoires de conquêtes importants dans de nombreuses régions. Ce capital écologique et agronomique est mis à profit par les paysans, parfois viticulteurs ou éleveurs et agriculteurs. Les deux premières guerres mondiales vont amorcer le déclin de la production truffière suite à la réquisition des hommes pour la guerre et à la disparition des savoir-faire, la truffe étant à l’époque une affaire essentiellement masculine ; la transmission des savoirs des hommes morts au combat n’ayant pu se faire auprès des femmes. De plus l’exode rural s’amplifiant, la perte de main d’œuvre disponible pour l’entretien des truffières s’accentue.
En 1957, le traité de Rome et l’instauration de la Politique Agricole Commune réorientent l’agriculture française vers une agriculture plus moderne mais aussi plus industrielle ; l’autosuffisance alimentaire du pays est alors en question. En raison du caractère aléatoire de sa récolte, la truffe n’entre pas dans ce concept technico-économique de production agricole. Sur le plan écologique, les pratiques traditionnelles liées au pastoralisme sont progressivement abandonnées ainsi que l’émondage des arbres. Les taillis et les bois ne sont plus exploités pour le chauffage. Ces évolutions contribuent à la fermeture du milieu vers un boisement plus ou moins dense. A partir des années soixante, la profession trufficole s’organise en créant des syndicats locaux, départementaux et la fédération nationale des producteurs de truffe en 1965. A cette même époque s’amorce une véritable recherche sur les truffes en Italie puis en France apportant des résultats en écologie, agronomie, biologie et systématique qui débouche sur la mycorhisation contrôlée des plants. Les premiers plants garantis par l’INRA apparaissent sur le marché en 1974. L’expérimentation des techniques et des conditions de production est réalisée par le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes ; différentes stations d’expérimentation sont soutenues par l’Etat, l’Europe et les collectivités. Inspirés directement des vergers arboricoles, les plantations truffières se développent dès lors. Cependant les limites de la mécanisation et de l’utilisation de méthodes intensives importées du modèle arboricole classiques sont mises en évidence par les trufficulteurs dès 1994. De nouveaux modèles doivent s’inspirer des données de l’écologie des truffières naturelles (Sourzat, 1994).
D’après cet auteur, plusieurs modèles de trufficulture co-existent en truffière plantée ; les modèles « Pallier », « Tanguy », « traditionnel », « Malaurie » sont définis selon différents types de pratiques truffières, toutes héritées du modèle de la plantation en verger, avec ou sans utilisation de plants mycorhizés certifiés, avec ou sans arrosage raisonné, avec ou sans travail du sol, avec fauche ou sans fauche du couvert, avec ou sans taille des arbres, la densité de plantation recommandée pouvant avoir évolué au fil des années. En parallèle de ces différents « modèles », la rénovation truffière consiste à exploiter au mieux les bois de chênes sur sols calcaires, en recréant des conditions écologiques de la production truffière. Ces modèles ayant aujourd’hui encore évolué, Pierre Sourzat distingue à présent la trufficulture traditionnelle qui emploie des plants non mycorhizés, de l’arboriculture fruitière où les arbres sont cultivés comme des fruitiers ce qui permet, si les arbres poussent vite et bien, un démarrage rapide de la production mais génère des risques importants de contamination par d’autres espèces de truffes ou champignons. Enfin, il met en avant la culture de la truffe en pelouse calcicole où la mycorhization des arbres par la truffe noire (tuber mélanosporum) est préservée et qui demande de gérer la pousse de l’herbe. Jean- Marc Olivier et Pierre Sourzat (2006 ab) ont mis en évidence que les dégâts provoqués par la trufficulture mécanisée, le travail du sol linéaire avec des outils à dents tractés sont en contradiction avec la croissance racinaire centrifuge de la propagation de la truffe sur les racines. De plus, le responsable de la station trufficole du Montat rappelle combien l’abandon progressif du pastoralisme et des pratiques liées à la récolte de bois de chauffage a contribué à la fermeture des milieux forestiers semi-ouverts favorables à la truffe.

1.2 / La sylviculture truffière : rénovation et/ou entretien de truffières naturelles sous couvert forestier.

Les fondations de cette approche s’inscrivent dans une observation pertinente et une compréhension du terrain. L’un des pionniers de cette démarche en France, un ingénieur du CRPF Languedoc-Roussillon, s’est intéressé aux écrits anciens afin de comprendre les raisons de la chute de production entre la fin du XIXe siècle et aujourd’hui. Il corrèle ainsi divers événements majeurs aux fluctuations de la production. Les crises phylloxériques, la politique de reboisement des terrains de montagne et la déprise agricole alliée à la dynamique forestière naturelle génèrent une modification et une extension du milieu favorable, dans un premier temps, à la production de truffes. La crise des milieux ruraux perdurant, la déprise agricole et forestière s’accentue et le couvert se ferme inexorablement. Alors qu’au siècle dernier, l’essentiel de la récolte de Tuber melanosporum avait lieu majoritairement sur des zones de reconquête forestière, l’idée germe de « redynamiser l’existant » en reconstituant des zones de « pré-bois » dans lesquelles se situaient l’ensemble des truffières au XIXe siècle. C’est d’ailleurs des forestiers de cette époque qui parlent pour la première fois de « sylviculture truffière » comme étant « la création ou la culture raisonnée des forêts de chênes et d’yeuses » (Bedel, 1866). Cette sylviculture connaît actuellement les prémices d’un véritable projet territorial grâce à la volonté individuelle puis en coopération des acteurs de cette filière. La démarche consiste en fait à rétablir un habitat favorable à la truffe en réhabilitant d’anciennes truffières naturelles. L’objectif étant finalement d’entretenir le couvert forestier tout en combinant diverses productions possibles et aménités (qualités environnementales, paysagères, valeur culturelle d’identité et d’appartenance, patrimonialisation…). Ce modèle de gestion multifonctionnelle du couvert s’appuie sur trois modes opératoires que sont le recépage, l’éclaircie et la régénération naturelle ou assistée (Diette, Lauriac, 2004) ; appliquées de manière isolée ou combinée, associées à un entretien des sous-bois équivalent à une sélection précise de plantes accompagnatrices favorables à la truffe (arbousier, genévriers, olivier, thym, romarin, lavandes…), ces techniques sylvicoles gèrent l’arbre dans son milieu afin de redynamiser l’écosystème forestier dans son ensemble et espérer re-déclencher la fructification du champignon. S’adressant donc à des territoires forestiers, étrangers jusqu’alors de ce type d’orientations, ces pratiques mobilisent un nouveau réseau d’acteurs ; scientifiques, gestionnaires ou propriétaires impliqués à divers niveaux dans la gestion durable des forêts méditerranéennes.
2 / Les enjeux environnementaux et paysagers au cœur du programme INGEDICO.

La richesse faunistique et floristique de la forêt méditerranéenne n’est plus à démontrer. Cette biodiversité est intimement liée à la diversité des habitats de ce milieu mosaïque (pelouses, friches, taillis, maquis, forêts, lisières, parcelles agricoles…). Les premières études botaniques, menées par l’Institut de Recherche et de Développement dans le cadre du programme de restauration des paysages méditerranéens par la sylviculture truffière, ont démontré l’effet favorable des activités trufficoles sur le retour d’espèces de milieux ouverts et intermédiaires en raison des éclaircies occasionnées. Ainsi, il a été constaté un gain en biodiversité floristique de 144% entre le témoin (garrigue boisée) et le verger truffier (datant d’une vingtaine d’années) et de 308% entre le témoin et la parcelle forestière rénovée depuis trois ans (Mirieu de Labarre, 2003). De plus, en maintenant un milieu semi-ouvert, le milieu gagne en hétérogénéité stratigraphique (arbre, arbuste, herbacée, muscinée). Cette multiplication des strates végétales conduit ainsi à une augmentation du taux de recouvrement du sol, augmentation décuplant les capacités antiérosives caractéristiques habituelles des sols en milieu forestier. Le développement de truffières en milieu forestier impose également « la création et l’entretien de chemins d’accès ce qui multiplie les zones de lisières bénéfiques à la réinstallation des espèces menacées ». Outre l’intérêt considérable sur un plan strictement écologique, les chasseurs et leur fédération en espèrent d’importants bénéfices en termes de « petits gibiers, de la pénétrabilité du couvert et de la réduction de la population de sangliers ». Ces derniers, causant des ravages réguliers dans les productions, sont d’ailleurs au cœur des préoccupations des exploitants truffiers afin de trouver un moyen de réguler leur population et de restreindre la pénétrabilité des parcelles. Un certain nombre de milieux méditerranéens se retrouvent dans les régions d’Aquitaine et Midi-Pyrénées sous forme de pelouses calcicoles plus ou moins fermées.
Dans le cadre d’INGEDICO dans les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, différents territoires pilotes feront l’objet de diagnostics territorialisés à différentes échelles spatiales afin de mieux caractériser les enjeux environnementaux présents sur les territoires truffiers ainsi que les caractéristiques truffières de ces territoires. Enjeux de l’eau et de l’érosion, de la biodiversité, et risques incendies : quelles pratiques de sylviculture truffière et de trufficulture durables sont valorisables ? Pour quels dispositifs de gestion territorialisés ? Différents dispositifs territorialisés seront étudiés : zonages, contrats ou règlements liés à l’environnement et aux paysages et à la gestion des milieux naturels. Si l’on prend l’exemple de la mise en œuvre de Natura 2000 en France, elle s’est révélée douloureuse et conflictuelle à l’épreuve des scènes locales suscitant des craintes de la part du monde rural (Alphandéry & al, 2005). Pourtant, la protection et la préservation du paysage sont de nos jours les fers de lance des politiques publiques de gestion de l’arbre quel que soit le milieu dans lequel il est perçu. Favoriser et relancer l’occupation et l’exploitation en mosaïque des milieux méditerranéens comme les pelouses et habitats d’intérêt communautaires constituent les principaux objectifs des gestionnaires du paysage et de la forêt. Dans une telle optique globale de restauration des paysages, les partenariats institutionnels et politiques sont indispensables dès l’amont de la démarche réflexive et impliqués dans les comités de pilotage et les évaluations préalables.
La mise en place de processus de concertation à différentes échelles et la co-construction d’instruments de gestion avec les différents acteurs permettent de mieux intégrer l’enjeu de la biodiversité aussi bien remarquable (habitats, espèces à protéger dont la truffe fait partie intégrante si tant est qu’on prenne en compte son habitat) que plus ordinaire (faune sauvage, petit gibier, zones tampons et corridors : haies et jachères). L’enjeu de la biodiversité doit être intégré dès l’amont dans les diagnostics territoriaux de façon complémentaire à celui de l’eau ou d’autres enjeux. Il s’agit d’intégrer les différentes formes de savoirs et savoir-faire riches et variés des trufficulteurs en organisant l’expertise croisée et la co-construction d’instruments de gestion adaptés entre savoirs empiriques et scientifiques. Un travail de coordination et de concertation important est à mener entre les différents acteurs mobilisant des instruments d’accompagnement qui peuvent être adaptés à chaque contexte. A l’échelle de territoires intercommunaux, il s’agira d’identifier les enjeux paysagers et environnementaux des territoires concernés, de croiser les enjeux présents pour définir des territoires à enjeu et des zones ateliers expérimentales pertinentes. C’est à dire réaliser des diagnostics territorialisés prenant en compte les aspects truffiers et environnementaux, définissant des territoires prioritaires de recherche-action par enjeu environnemental. Pour chaque territoire à enjeu, des enjeux de gestion opérationnels seront identifiés en adéquation avec des pratiques existantes préalablement identifiées. Ceci nécessite donc également de réaliser un état des lieux des pratiques truffières existantes pour chacune des deux régions françaises et de le mettre en perspective avec les pratiques observées en Languedoc Roussillon, en Espagne ou en Italie. Cet état des lieux, conduit en concertation avec les trufficulteurs, doit permettre de co-construire des instruments de gestion adaptés aux pratiques existantes en les valorisant pour l’environnement et la truffe et prendre en compte les dynamiques locales.

3 / Etudes des pratiques truffières expérimentales associées en France et en Espagne dans le cadre d’INGEDICO.

3.1 / Etude des pratiques expérimentales de sylviculture truffière réalisée en Languedoc-Roussillon et Communauté autonome Valencienne.

Le support comparatif sur lequel s’appuie le projet présenté concerne les expérimentations trufficoles observées sur la commune d’El Toro (Province de Castellón, Communauté autonome de Valencia, Espagne) et en Languedoc-Roussillon. Dans la première situation, le couvert se décompose en une végétation très pauvre dominée par Juniperus thurifera au Nord et une chênaie mixte naturelle et éparse dominée par le chêne vert au Sud. Des plantations denses de pins, effectuées entre 1958 et 1969 par le gouvernement, masquent les versants sud des collines. Une fermeture volontaire du couvert afin d’exploiter le bois d’œuvre a « étouffé » les truffières naturelles, que seuls les autochtones connaissaient et entretenaient. La conservation de ce boisement n’étant plus justifiable en raison de la chute des cours du bois de pin et la mévente des coupes, la réouverture du boisement est autorisée depuis la fin des années quatre-vingt dix. Des programmes de relance de production naturelle de truffes appuient cette dynamique. Les expériences réalisées alors par la « Fundación Centro de estudios ambientales del Mediterraneo » sur ces boisements « domaniaux » promeuvent et modélisent une nouvelle gestion transposable aux forêts privées (Reyna, 2007a). Elle consiste en une éclaircie de la pinède de plus de 1 000 pieds par hectare et une redynamisation de la chênaie à Quercus ilex et Quercus faginea préexistante. La recherche de ces couverts ouverts de chênes et de plantes compagnes est couplée à une recherche sur la relance de la mycorhization in situ de chênes adultes anciennement truffiers (Reyna, 2007b). En Languedoc-Roussillon, cette pratique truffière portée par le CRPF commence à s’inscrire dans un schéma d’organisation et de développement du territoire dans son ensemble. Bien que les actions en ce sens ne sont que ponctuelles, elles « gagnent peu à peu du terrain » et s’inscrivent désormais dans des réflexions construites en faveur d’une dynamique de renouvellement territorial autour de la valorisation d’une ressource [la chênaie verte], au sens de Marsat, Brun et Josien (2002), par l’intermédiaire de produits [la truffe notamment], de services et d’attractivité ; il s’agit, en l’occurrence, de mettre en valeur (économiquement, culturellement et socialement) le produit « truffe », son écosystème et le territoire concerné. A titre d’exemple nous citerons la démarche amorcée par la commune de Saint-Guilhem-le-Désert qui, dans le cadre du plan local d’aménagement concerté, a repéré cette pratique comme un projet « motivant les propriétaires et les exploitants » et pouvant être promu sur la commune. Cette activité sylvicole devrait permettre aux propriétaires forestiers de se réapproprier leurs bois abandonnés et d’entretenir ainsi volontairement le couvert ; la trufficulture par voie agricole serait également associer à l’oléiculture dans le cadre de la réhabilitation des terrasses. La « mise en place d’un cahier des charges de création et d’entretien des truffières naturelles » est envisagée dans le but de préserver la ressource et d’améliorer la qualité des paysages (Etude du PLAC de la commune de Saint-Guilhem-le-Désert, p.81). L’implication d’organismes aux fonctionnalités diverses pour le développement de la truffe dans les arrière-pays méditerranéens s’expliquent effectivement par les divers enjeux soulevés. Les finalités économiques de ce type de gestion des chênaies vertes sont réelles certes, il n’en reste pas moins vrai que d’autres objectifs plus immédiats fédèrent également institutionnels et scientifiques (environnement, biodiversité, paysage et DFCI notamment).
3.2 / Etude des pratiques expérimentales en Aquitaine et Midi-Pyrénées dans le cadre d’INGEDICO.

Dans les régions d’Aquitaine et Midi-Pyrénées, un état des lieux des pratiques expérimentales existantes, nous permettra de mieux connaître les pratiques des trufficulteurs afin d’étudier leur valorisation potentielle au travers d’instruments de gestion durable et territorialisés au sein de territoires à différentes échelles spatiales. Il s’agira d’améliorer les connaissances sur le champignon et son milieu par la mise en place de diagnostics « faune, flore et fonge » en associant des compétences différentes (naturalistes, cynégétiques, agricoles et forestières, empiriques et scientifiques…) et co-construire des instruments de gestion de la ressource. A cette fin, il est nécessaire d’expérimenter les méthodes de sylviculture truffière innovantes dans le cadre de dispositifs territorialisés et durables, d’améliorer la production de truffe en milieu planté et ou rénové ce qui nécessite la construction d’indicateurs partagés de la ressource entre acteurs socio-économiques et acteurs environnementaux. En Dordogne, avec différentes collectivités et partenaires privés et publics, des études préalables à la mise en place d’une Mesure Agro-environnementale Territorialisée et d’outils DFCI ou paysagers intégrant des techniques de sylviculture truffière et de trufficulture innovantes seront réalisées y compris en zone à Haute Valeur Naturelles. Dans le Lot, des diagnostics pour l’intégration de la problématique truffière dans les politiques paysagères et environnementales pour différents enjeux environnementaux seront réalisés au sein du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy.

4 / Etude des différents instruments de gestion mobilisés et/ou mobilisables pour la truffe et son environnement
4.1 / Les instruments potentiels territorialisés rémunérant les aménités truffières à finalité durable et paysagère.

Différents instruments de gestion des espaces naturels, contractuels ou non pourraient présenter un intérêt paysager pour la truffe. Des contrats agri-environnementaux, forestiers, non agricoles et non forestiers pourraient par exemple rémunérer la restauration truffière des paysages et ce aussi bien en trufficulture par la plantation qu’en sylviculture truffière par la rénovation et la gestion pastorale extensive de milieux. Dans le cadre d’INGEDICO, ces contrats devront prendre en compte les enjeux environnementaux présents sur les territoires et dépendront de la mise en œuvre territorialisée de différents dispositifs financés par la puissance publique en partenariat avec les acteurs privés. Leur mise en œuvre et leur conception nécessite une importante concertation et la mise en place d’outils de diagnostics à différentes échelles afin de mettre en synergie des savoirs scientifiques et empiriques en associant des sphères d’acteurs aux logiques différentes. Nous attacherons une attention particulière à la co-construction de diagnostics territorialisés multi-échelles adaptés aux pratiques ainsi qu’aux instruments d’accompagnement de formation ou de sensibilisation à mettre en place en partenariat avec les bénéficiaires.

4.2 / La DFCI, un enjeu capital en forêt.

Le potentiel DFCI a été établi dès les premières plantations truffières. La voie agricole, par compatibilité géo-pédologique, tend à se développer à proximité des boisements forestiers de type méditerranéen notamment, permettant ainsi la création de zones de transition, coupures vertes aménagées limitant les effets du feu. Les techniques développées dans le cadre d’une orientation de sylviculture truffière s’inscrivent pleinement dans la démarche d’entretien inscrite dans la loi du 9 juillet 2001. Outre la création de coupures de combustibles et de pistes au sein même des zones boisées, le débroussaillement ou l’entretien des sous-bois est désormais obligatoire (Art. 321 à 323) à proximité de construction et de part et d’autre des chemins existants ; l’idée de coupler cette démarche DFCI à une activité agricole, en l’occurrence trufficole, garantie la pérennité d’une telle démarche et l’octroi de financements au titre de la DFCI. En plus des discontinuités horizontale et verticale obtenues lors des interventions à vocation truffière, l’intérêt de telles pratiques dans les secteurs à risque se situe également à trois niveaux de l’intégration de l’activité dans les milieux concernés : l’accessibilité, l’irrigation et la surveillance des zones de production. Ces constats nécessitent cependant de plus amples recherches, notamment sur la modélisation d’alliances de bandes débroussaillées de sécurité (BDS) à la production de truffes (Bourgade, 2001).

Discussion et conclusion

Les résultats attendus de ce projet sont de différents types. Des résultats scientifiques et pratiques issus d’une mise en perspective des différentes situations de conservation et valorisation de ressources renouvelables étudiées permettront différents types de productions scientifiques. Une grille de caractérisation des instruments de gestion mobilisés dans le cadre des situations étudiées et des questions d’adéquation, c’est-à-dire d’ajustements réciproques, aux pratiques en situation qu’ils peuvent soulever sera élaborée par les chercheurs. Des connaissances méthodologiques pour l’élaboration de diagnostics partagés et d’indicateurs partagés de gestion de ressources naturelles renouvelables et des connaissances méthodologiques relatives à l’accompagnement d’activités réflexives au sein de groupes de praticiens sont attendues ainsi que des connaissances en termes de méthodologie de recherche-intervention et des connaissances méthodologiques pour l’accompagnement de projets. Sur un plan pluridisciplinaire, des connaissances nouvelles disciplinaires en sciences de gestion et de la cognition, sciences politiques et géographie seront co-construites sur le rôle des instruments de gestion comme supports de l’apprentissage collectif, sur les processus de construction de connaissances partagées entre domaines de connaissances différents ; d’ingénierie d’élaboration des instruments de gestion ; des conditions favorables à l’émergence et au déploiement d’une compétence collective (Couix, Girard, 2006). Enfin, des connaissances plus disciplinaires dans les domaines biotechniques impliqués seront produites : la définition de nouveaux indicateurs de diagnostic et de pilotage de couverts végétaux complexes qui contribueront à terme à faire émerger de nouveaux objets de recherches en agro-écologie pour répondre aux enjeux de conservation des habitats par les pratiques pastorales ; de nouveaux indicateurs de gestion forestières qui prennent en compte une diversité des pratiques de gestion des sylviculteurs ; des connaissances sur la truffe et son milieu issues d’un diagnostic croisé « Faune, flore et fonge ».
Les différentes actions de recherche envisagées reposent sur une démarche de recherche-intervention au cours de laquelle les résultats sont coproduits entre chercheurs et partenaires socio-économiques donnant lieu ainsi à une première forme de valorisation. Ce projet a en effet une posture explicitement ingénierique : il vise à produire des connaissances actionnables (Argyris, 1995) c’est-à-dire utilisables en situation par les acteurs de terrain qui y sont impliqués.
Les produits pratiques attendus par les acteurs sur ce projet consistent en une caractérisation des instruments de gestion mobilisés ou mobilisables. Il s’agira de déterminer quels instruments de gestion forestière intégrée sont mobilisables pour la truffe et l’environnement : diagnostics multi-usage à différentes échelles, modalités de restauration par éclaircie et entretien sylvo-pastoral par le biais de contrats paysagers, outils de maîtrise foncière et pastorale, intégration de la thématique truffière dans différents dispositifs de prévention des risques (Incendies DFCI, Erosion) ; prise en compte de pratiques douces en plantations truffières pour la gestion qualitative ou quantitative de l’eau. Il s’agira de co-construire avec les acteurs des instruments de gestion en adéquation avec les pratiques pour chacune des situations. Au-delà des enjeux pour les partenaires directs, l’intérêt des résultats attendus pour les utilisateurs potentiels concerne l’opérationnalisation de leurs plans de gestion. Il s’agira de disposer des connaissances actuelles en agro-écologie, en foresterie, en mycologie, sur le sujet pour améliorer les méthodes de diagnostic utilisées et construire des outils d’évaluation de l’efficacité des actions menées, innover dans les actions mises en œuvre ainsi que contribuer à l’amélioration des dispositifs, processus et méthodes de partage de connaissances dans ces projets intersectoriels. Cela nécessite une prise de recul sur l’action qu’ils sont en train de mener : formaliser les connaissances mobilisées et en cours d’élaboration, améliorer le dialogue entre acteurs de différents secteurs qui ont du mal à concevoir des plans de gestion ensemble et à les mettre en œuvre de façon coordonnée.

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