Classe Sciences PERCEPTION La forêt Mystère du 1er au 6 Mai 2011

46 adolescentes du lycée Fieldgen venant du Luxembourg viennent percer les mystères de l'écosystème forestier de moyenne montagne par une classe (...) Voir descriptif détaillé

Classe Sciences PERCEPTION La forêt Mystère du 1er au 6 Mai 2011

46 adolescentes du lycée Fieldgen venant du Luxembourg viennent percer les mystères de l'écosystème forestier de moyenne montagne par une classe (...) Voir descriptif détaillé

Menez à bien d'incroyables projets scientifiques !
Des voyages scientifiques qui changent le monde
Des aventures hors du commun, des projets réels pour le développement durable

Introduction

Le Centre de Séjours Scientifiques de la Vallée de l’Ance débute cette année un grand projet d’agro-foresterie dans le cadre de son Programme PERCEPTION. PERCEPTION désigne le Programme de Gestion Forestière Intégrée, le G.I.F. Le Programme de Gestion Forestière Intégrée, approche raisonnée de l’agro-foresterie, est au cœur d’un projet de recherche qui se veut proche de la nature et des nouveaux défis du Développement Durable. Outre le transfert d’attitude entre écosystèmes, c’est vers une optimisation de la ressource « forêt » que se dirige ce programme en étudiant l’agriculture en sous-bois ou agro-foresterie. Des études connexes complètent la « boîte à outils » de ce programme. Les jeunes Luxembourgeoises vont donc participer pendant cinq jours à la mise en place des premiers éléments de ce grand projet d’agro-foresterie. Nous leur souhaitons la bienvenue dans cette aventure scientifique....et humaine !

Le Journal de Bord



















Dimanche 1er Mai 2011

Les filles sont arrivées aujourd’hui à l’heure prévue. Après l’installation dans les chambres, elles ont découvert le centre aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Plus tard, après le repas, nous avons fait une veillée jeux de connaissance avec le « jeu du drap » et le « squatteur », afin d’apprendre les prénoms de toute l’équipe.

Lundi 2 Mai

Lundi matin : Phase Contact

Le soleil est au rendez-vous ! Nous en profitons donc pour partir nous immerger dans l’environnement de moyenne montagne d’Auvergne !
Cinq équipes sont créées et chacune d’entre elle est accompagnée d’un éducateur scientifique et d’un professeur. La matinée est abordée par chaque groupe de manière différente, mais il s’agit globalement pour chacun des groupes d’une immersion sensorielle, où les filles découvriront l’espace grâce à leurs sens... L’ouïe, l’odorat, la vue et le toucher nous permettent ainsi de décrire les milieux dans lesquels nous évoluons.
Nous avons pu observer différents habitats tels que les forêts environnantes, des prairies, ou encore un cours d’eau ; et certaines équipes ont même pu observer des tourbières situées au dessus du Centre, milieu caractéristique des Hautes Chaumes du Livradois Forez.

Ensuite, du haut d’un point de vue dégagé, une lecture de paysage a été effectuée afin de se rendre un peu mieux compte du découpage des différents milieux nous entourant.


Nos estomacs crient famine, c’est donc l’heure d’aller manger !

Après un petit temps libre entre copines, nous sommes ensuite allées jouer dehors avec nos éducateurs. C’est le moment de se défouler et d’en profiter, toujours sous le soleil !

Lundi après-midi : Phase Découverte

Cet après-midi, nous rentrons dans le vif du sujet !
Une sortie en forêt nous a permis de différencier deux types de forêts présentes ici autour du centre :
- des forêts mixtes (composées de plusieurs espèces d’arbres) : ici appelées hêtraies-sapinières puisque composées principalement de hêtres et de sapins ;
- des forêts mono-spécifiques (composées d’un seule espèce d’arbre) : ici appelées des pessières puisque composées uniquement d’épicéas.

Afin d’apprendre à se repérer dans l’espace et à localiser nos observations, nous avons découvert l’utilisation du GPS, de la boussole et de la carte. Nous avons ainsi pu repérer notre déplacement entre les deux forêts.

Nous avons également créé une carte des sons comparée, entre une forêt mixte et une forêt mono-spécifique.
Une carte des sons est un document sur lequel on reporte les sons perçus dans un environnement en les qualifiant, et on les localise par rapport à notre position (feuille orientée Nord/Sud, l’individu se positionnant au milieu).

Après un dîner bien mérité, c’est l’heure de la veillée « Quiz musical », pendant lequel bien entendu, nous n’avons pas manqué l’occasion de chanter et de danser !

Mardi 3 Mai

Mardi matin : Phase Approfondissement (1re partie)

Pour la phase d’approfondissement, les groupes de filles vont tourner sur cinq ateliers gérés chacun par un éducateur. Avec une heure de temps consacré à chaque atelier, ces activités vont se dérouler durant la matinée d’aujourd’hui, et la journée de demain.

- L’étude de la faune :

On parle ici de microfaune, d’insectes du sol, voire d’oiseaux. Pièges, appâts, et autre pièges-photos permettront de qualifier et de quantifier cette faune.
Cet atelier est tourné vers la biodiversité de la faune sur différents milieux que sont ici la forêt, la lisière (ou écotone) et la prairie. C’est Lydie, éducatrice scientifique qui guide cet atelier.

La séance d’une heure débute en salle par quelques questions posées aux filles afin de définir ou redéfinir certains mots tels que : biodiversité, faune, flore, écotones,... vus par exemple en phase découverte.
Après cela, nous nous posons quelques questions sur les manières de se rendre compte de la biodiversité animale des milieux.
Petit survol sur la manière de reconnaître des oiseaux et comment savoir si des animaux habitent le milieu ou n’y sont que passés. Nous apprenons alors à utiliser des clés de détermination et des guides.
Pour l’étude des milieux au niveau faunistique, nous n’étudierons que les insectes, plus facile à capturer et à étudier.

A nouveau, petit questionnement sur la manière d’attraper des insectes, ce qui donne parfois des idées très originales.

Nous apprenons quelques techniques de capture puis nous fabriquons un aspirateur à insectes. Les filles sont bien sûr enchantées à l’idée de devoir aspirer des insectes, mais normalement aucun risque d’avaler une petite bête, quoique....!

Direction le terrain pour tester tous nos outils sous la pluie (pour le 1er groupe), ce qui n’attire pas vraiment les insectes...!

Quelques petits sursauts, quelques grimaces mais tout le monde arrive à attraper au moins un insecte, et parfois même des gros !

La récolte terminée, nous retournons en salle pour la détermination de nos amis, grouillants dans les boîtes !

Le temps restant de la séance est donc destiné à ces déterminations qui ne sont pas une mince affaire et qui prennent du temps. On note sur les cahiers les insectes que tout le groupe a déterminé et le tour est joué pour cette séance biodiversité et détermination.

Insectes trouvés :
- Orthoptères ( Pezotettiz giornai ou criquet pansu, Tettigonia viridissima ou grande sauterelle verte, criquet) ;
- Arachnides ( Thomisiadae , Diaea dorsata ) ;
- Coléoptères ( Microcara testacea ) ;
- Diptères (tipule).

- La pédologie :

Un autre atelier concerne la pédologie, c’est à dire la science des sols, de leur formation et de leur évolution ; la stratigraphie, l’étude des strates du sous-sol ; et la géomorphologie, discipline qui étudie les sédiments. C’est Alain, éducateur scientifique, qui guide cet atelier.
















Utilisation de la tarière, types de sol, humidité, granulométrie, déclivité, épaisseurs, interfaces, etc... sont ici les paramètres qu’il va falloir extraire.
Durant les cinq heures (1 heure par groupe), les filles vont devoir faire des trous dans différents sols pour en extraire, à l’aide d’une tarière, des carottes de terre qui seront ensuite examinées en salle. Cette activité est la pédologie.
Elles devront aussi exécuter des coupes stratigraphiques pour regarder et décrire les strates du sous-sol (ou tranches ou horizons) que nous laissent découvrir les carottes.

Leur terrain d’exercice (humide car il pleut aujourd’hui) est :
- La forêt d’épicéas située au sud du Centre : une forêt en forte déclivité possédant une rupture de pente en son tiers final,
- La prairie parallèle à cette forêt et qui possède les mêmes caractéristiques morphologiques.

Le premier groupe procède d’abord à une entaille dans un repli de terrain afin d’y installer une coupe stratigraphique. Cet exemple permet d’apprendre à voir une coupe, d’apprendre à la lire, d’apprendre à la décrire. Une fois la coupe préparée, nos apprenties peuvent lire et décrire les 5 strates qui se dévoilent à leurs yeux :
- La 1re strate ou couche est..................
- La 2e strate ou couche est.................
- La 3e strate ou couche est.................
- La 4e strate ou couche est.................
- La 5e strate ou couche est.................

Une fois cette succession bien détaillée et bien comprise, nous passons à la manipulation de la tarière.

Le lieu de prélèvement de la première carotte se situe en haut de pente, à environ 40 mètres du bord de la route, face à la coupe stratigraphique, à quelques mètres de celle-ci. La position géodésique de ce point de prélèvement appelé « station n°1 » est déterminée par le GPS dont les filles répètent une fois de plus l’utilisation. Il s’agit de prélever une carotte de terre à l’aide de la tarière. Il faut être deux personnes pour la faire pénétrer dans le sous-sol de la forêt en tournant ce grand « tire-bouchon ».

Finalement, mais à grand renfort de muscles, un échantillon de terre est remonté.

Cette carotte est aussitôt détachée du « tire-bouchon », emballée dans une feuille de papier d’aluminium, étiquetée, et déposée dans une caisse en attendant les suivantes.

Que nous dit cette première carotte ? Et bien déjà, elle confirme la même succession de strates qui ont été dévoilées dans la coupe stratigraphique précédente. Mais cette fois nous ne nous contentons pas de voir ces strates mais nous pouvons aussi les toucher. Nous pouvons vérifier leur différente couleur, leur composition, leur texture, ce qu’elles contiennent, leur granulométrie (la taille des grains de matière contenus), leur humidité, leur pourcentage relatif en argile.
Un exercice réussi qui nous apprend beaucoup de choses sur le sous-sol de la forêt, sur son environnement et sur l’action des hommes.

Le second groupe se transporte dans la même forêt, beaucoup plus loin à l’intérieur, détermine l’endroit affecté d’une rupture de pente et procède aux mêmes opérations que leurs camarades précédentes. D’abord une coupe stratigraphique, ensuite une carotte. Là les éléments en présence ne sont pas les mêmes qu’à la station n°1. Le sous-sol n’est pas le même, c’est une chance. Ultérieurement nous pourrons faire des comparaisons.

- L’étude de la flore :

Un autre atelier concerne la flore et plus particulièrement la petite flore. C’est Clément qui anime cette partie.

L’activité commence par une explication de la méthode du quadrat et du but de cette méthode. Il s’agit de compter, lister, repérer et identifier les espèces de petite flore présente sur le site (en lisière de forêt mono-spécifique) sur un carré de 1m par 1m délimité par des ficelles.
Il s’agit de caractériser la diversité et d’établir des critères et indices de biodiversité tels que le nombre d’espèces et d’individus au mètre carré.

Après ces quelques explications, nous partons sur le terrain munis de feuilles et crayon, et après avoir choisi un des cinq quadrats délimités, nous comptons le nombre de fleurs puis de tous les petits végétaux présents avec l’herbe, la mousse et même le lichen.

Nous faisons un dessin du quadrat sur une pleine feuille en délimitant des zones, des taches permettant de situer les espèces dans le carré. Ensuite nous prélevons un échantillon de chaque espèce et nous revenons en salle pour les dessiner très précisément avec le crayon de bois bien taillé pour avoir un trait fin. Nous avons comme modèle des planches de naturalistes et des illustrations du livre Flore forestière française.

Ensuite des explications sont apportées avec le vocabulaire botanique des détails d’une fleur et d’une feuille (sépale, corolle, étamine, pédoncule, nervures, limbe,...).

Puis nous identifions les espèces : la mousse, les fleurs grâce au livre « Fleurs de nos montagnes », les herbes grâce à l’herbier et les différents livres à notre disposition. Nous pouvons aussi rechercher sur internet avec le site Tela botanica PDA. Cette recherche nous fournit des explications relatives à la plante (mode de reproduction, répartition, floraison,...) et surtout, maintenant nous connaissons son nom commun et latin, ainsi que sa famille.

Mardi après-midi : Visite du Montpeloux

Cet après-midi, nous sommes tous allés au Volcan de Montpeloux. Ce volcan, situé sur la commune de Saillant (63), présente une particularité tectonique : les orgues basaltiques.

Le cône du volcan est aujourd’hui un petit lac où viennent se mirer les formations hexagonales de basaltes, et cet environnement lithique sert aujourd’hui de décor naturel pour des représentations théâtrales nocturnes. Le Montpeloux est époustouflant de jour, nous imaginons avec peine la grandeur féérique qu’il dégage la nuit.

Pour y accéder, chaque fille y est allée les yeux bandés, en file indienne, en suivant le chemin d’accès sans qu’elles puissent voir le spectacle, et pour que, placées face au décor, la surprise soit énorme.

La surprise est réelle, les filles restent sans voix, saisies, pétrifiées lorsqu’elles enlèvent leurs foulards des yeux.

Ensuite, 2 des 5 groupes nous ont fait une petite improvisation dans le théâtre à ciel ouvert sur la création de ces orgues basaltiques : une princesse serait tombée dans un trou et en voulant remonter elle aurait créé les orgues...!

Après avoir donné la vraie version de la création de ceux-ci, nous avons participé à la chasse au trésor géante mondiale appelée « geo catching ». Enfin nous avons bénéficié d’une présentation géologique des différentes roches basaltiques et granitiques présentes sur le site par Alain.

Après le goûté pris sur place, le bus nous a ramené en direction de Saint-Anthème pour que les filles puissent procéder à quelques achats locaux. Le retour au centre s’est fait à 18H00.

Pour terminer cette journée, nous avons fait une veillée «  rallye-choco  ». Pour ce jeu nous avons utilisé un gros dé, d’environ 1 mètre sur un mètre. A chaque fois que l’une d’entre nous tombait sur le 6, elle devait aller au centre du cercle que nous formions, enfiler très rapidement un déguisement très hétéroclite et essayer de manger du chocolat en tablette mais avec l’obligation de se servir d’un couteau pour couper le chocolat et d’une fourchette pour le piquer et le porter à la bouche. Essayez, vous verrez.......
Pendant ce temps là le dé continuait à tourner, passait de main en main, très vite, très très vite. Le dé n’avait pas le temps de se poser par terre qu’il était déjà relancé par une suivante. Un rythme de fou ! Ainsi, se vêtir et espérer manger du chocolat devenait un défi impossible. Mais tout de même quelques-unes ont su faire vite et goûter à la délicieuse tablette. Futées les filles !!!!

Mercredi 4 Mai

Mercredi matin : Phase Approfondissement (2e partie)

Dès 10h, les activités d’approfondissement reprennent, pour deux heures. Le soleil est de retour, mais le vent reste assez froid. Certains ateliers se dérouleront tout de même dehors.

- La reconnaissance des arbres :

Pour cet atelier, les filles ont précédemment appris à utiliser différents appareils : un luxmètre, pour mesurer l’intensité de la lumière ; un pied à coulisse, pour mesurer le diamètre d’un tronc d’arbre ; un rapporteur, une calculatrice, de la ficelle, un dendromètre ou « croix du bûcheron » ou encore « bâton de Jacob », tout ceci permettant de définir la hauteur d’un arbre ; une mini-fiche guide de reconnaissance des arbres ; et enfin des livres sur les arbres (dont le Guide Delachaux des arbres d’Europe). Cet atelier a été mis en place par Sabrina.

Différencier les essences, estimer le diamètre des arbres, leur âge, leur état de santé, leur hauteur, établir aussi les profils des forêts concernées. Tout ceci doit être rapporté au bilan.

Pour mener à bien cet atelier, nous nous sommes positionnées dans la forêt mixte (hêtraie-sapinière) située face au centre.

Chaque groupe a été divisé en deux équipes. En alternance, chaque équipe a d’une part étudié le système arbre , puis appris à observer et différencier les arbres.

L’étude du système arbre s’est basée sur la mesure du diamètre de plusieurs arbres grâce au pied à coulisse, la mesure de la luminosité à différents points de la forêt grâce au luxmètre, et la mesure de la hauteur d’un arbre grâce à un rapporteur avec un fil plombé.

Ces mesures ont permis aux filles de tirer des conclusions quant au bon développement d’un arbre, son état de santé, etc.
Par exemple, deux arbres de même taille et de même type, mais de diamètre de tronc différent, avec une luminosité plus intense près de l’arbre le plus fort, peuvent suggérer la difficulté de l’arbre le plus mince à se développer. Au contraire, à luminosité égale, on peut imaginer un déficit quelconque (manque de minéraux dans le sol pour l’arbre le plus faible par exemple).

Pour observer et différencier les arbres, les filles ont utilisé une fiche mini-guide, traçant les lignes principales à observer dans la reconnaissance d’un arbre (silhouette, écorce, rameau, bourgeon, feuille). A partir de cette fiche, les filles ont choisi un arbre et on dû retrouver son type (le type de forêt n’a été mentionné qu’à la fin de chaque atelier).

- L’étude des paramètres physico-chimiques :

Nous sommes pratiquement, maintenant, de vrais spécialistes de la forêt ! Cet écosystème n’a presque plus aucun secret pour nous. Encore quelques éléments avec Anne, notre 5e éducatrice scientifique, et nous serons de parfaits petits scientifiques naturalistes !
Nous découvrons ou redécouvrons l’utilisation d’outils de mesure :
-  le thermomètre à sonde pour mesurer la température de l’air et du sol (en comparaison avec un thermomètre à mercure),
-  l’hygromètre afin de quantifier le pourcentage d’humidité dans l’air,
-  le papier pH pour savoir si notre sol est plus ou moins acide,
-  le luxmètre qui nous permet de mesurer l’intensité de la lumière,
-  la tarière afin de prélever un peu de terre nécessaire à nos analyses,
-  et enfin, l’étuve, notre petit four, qui nous aura permis de connaître la teneur en eau du sol (pesée d’un échantillon de terre, puis mise au four et pesée de ce même échantillon le lendemain matin : selon si la terre était à la base plus ou moins humide, son poids aura varié après l’évaporation de sa contenance en eau lors de son passage dans l’étuve).

Après quelques explications sur le matériel et la manière de l’utiliser, nous partons alors, par groupe de deux ou trois, faire nos propres mesures, dans la forêt mono-spécifique d’épicéas puis dans la prairie au sud du centre afin de comparer nos valeurs dans ces deux milieux.

Lors des analyses de pH et de contenance en eau du sol, nous apprenons également à nous servir du matériel de laboratoire : bécher (petit récipient utilisé en chimie), balance, spatule, pipette,…
Pour mesurer le pH de la terre, nous créons une solution : une dose de terre pour deux doses d’eau. C’est alors dans ce mélange que nous pouvons plonger le papier pH, puis observer son changement de couleur.

Après comparaison des deux milieux, nous pouvons constater une température généralement plus fraiche en sous-bois que dans la prairie, un sol également plus frais en forêt, une luminosité plus grande en prairie, une hygrométrie relativement proche dans les deux milieux, et un pH également identique ou presque dans les deux milieux, toujours entre 5 et 7.

Après tout ceci, l’étude de la petite faune et de la flore, des sols et des sous-sols, des arbres, et enfin des paramètres physico-chimiques, n’a plus (ou presque) de secret pour nous ! Nous avons appris, pratiqué, testé, pour évoluer vers le statut de spécialistes dans des disciplines différentes. Le regroupement de nos expertises représente une somme de moyens extraordinaires !

L’heure de déjeuner arrive, les filles courent vers le réfectoire pour un repas, encore une fois, bien mérité !

Mercredi après-midi : Jeu de piste et Phase Approfondissement (dernière partie)

L’après-midi débute en beauté : 2h pour courir dans les bois, à la recherche d’indices pour découvrir le mot mystère.
Par équipe de 10, les filles reçoivent une pochette contenant une carte de la forêt, une boussole, et un document pour reporter les réponses aux questions et les lettres composant le mot mystère....
Et alors, quelle équipe trouvera ce fameux mot....?!...!!

A 16h30, dernière partie des ateliers d’approfondissement scientifique, au cours desquels les filles pourront compléter leur apprentissage de la reconnaissance d’un milieu forestier.
Ces ateliers se terminent par un bilan et des propositions d’idées pour le Projet de Recherche qui débutera dès le lendemain.

La journée s’achève la tête dans les étoiles, avec une veillée au coin du feu de camp. Une fois la nuit tombée, le télescope montre le bout de son œil, c’est alors le moment d’observer Saturne ainsi que les constellations.


Jeudi 5 mai

Jeudi matin : Visite du Moulin Richard de Bas

La journée d’aujourd’hui s’annonce riche.
Lisez le programme : toute la matinée visite du moulin Richard de Bas à Ambert, puis retour au Centre pour le déjeuner. L’après-midi, action d’envergure sur le Projet de Recherche. Et après le goûter, synthèse et préparation de la retransmission du vendredi matin, puis repas du soir avec la fameuse « potée Auvergnate ». Et pour finir cette journée, nos animatrices nous organiseront une BOUM ! Ça c’est du programme !!!

Notre visite au Moulin Richard de Bas fût un enchantement. Il s’agit d’un moulin à papier du XIVe siècle, classé Monument Historique et qui fonctionne et produit encore du papier aujourd’hui. Après un détour par la demeure rustique du dernier Maître papetier ayant vécu au Moulin Richard de Bas, nous voyageons à travers les siècles et les continents pour nous laisser conter l’histoire du papier inventé il y a plus de 2 000 ans en Chine. Puis vint le temps de nous dévoiler les secrets de la fabrication de la pâte à papier qui se perpétue en ces lieux depuis 1326. Ici point de bois ! uniquement des chiffons de coton et de lin et de l’eau pure pour fabriquer une « simple feuille, une feuille blanche, une feuille de papier d’Auvergne » (Pierre SEGHERS). Ce papier, pour ne pas être composé de bois, est aussi le seul papier à ne pas jaunir (car il ne contient pas de lignine, lui !). Après la visite, on s’y colle aussi, au papier (c’est le cas de le dire !). Notre guide nous montre comment le fabriquer, et nous nous prenons au jeu : nous ressortirons toutes avec notre petit certificat d’apprenti maitre papetier, et notre feuille faite maison, avec nos mains !
Une fois la visite finie, montée dans le bus et retour vers le Centre.

Déjeuner, temps calme, puis sciences...

Jeudi après-midi : Phase projet

Il nous faut vous expliquer en quoi consiste ce Projet de Recherche :
- Et bien voilà, le Centre Scientifique qui accueille ces jeunes collégiennes, a le projet d’expérimenter l’agriculture en sous-bois, ou l’agro-foresterie si vous préférez.
- C’est quoi « L’agro-foresterie ? « C’est un système dynamique de gestion des ressources naturelles reposant sur des fondements écologiques qui intègrent des arbres dans les exploitations agricoles et le paysage rural et permet ainsi de diversifier et de maintenir la production afin d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales de l’ensemble des utilisateurs de la terre. »

Alors, pour ce Projet Expérimental de culture en sous-bois (céréales principalement) que le Centre Scientifique veut mettre en place sur de grandes parcelles dès cette prochaine saison estivale, en clairière, en prairie et en sous-bois, les jeunes filles vont avoir comme mission de dresser un bilan exhaustif :
1/ de la faune,
2/ de la petite flore,
3/ des insectes,
4/ des sols et sous-sols,
5/ des arbres,

tout ceci sur un transect de 500 mètres de long, d’orientation SUD/NORD, (ligne virtuelle traversant de part en part des écosystèmes différents sur les terrains que gère le Centre Scientifique).

Les filles auront à réaliser leur bilan par « segments » de 100 mètres.

Sur les 500 mètres de longueur sont délimités 5 segments : segment A, segment B, segment C, segment D, segment E. Les groupes étant constitués de 9 ou 10 filles, sur chaque segment se trouvent 5 groupes de 2 filles ou 3 groupes de 2 filles et 1 groupe de 3 filles.

A 14 heures précises, munies de tout le matériel dont elles auront besoin sur leur transect, les filles se dirigent vers leur théâtre d’expérimentation scientifique. Chacune d’elle va œuvrer dans le cadre disciplinaire choisi parmi ceux appris en atelier d’approfondissement les jours précédents.

La mission consiste à prélever, échantillonner, noter, photographier, en deux heures tout un tas d’éléments d’informations, de mesures, de matériaux, de faune, de plantes, etc... afin d’avoir une « image » des écosystèmes en place sur ce transect, à un moment donné.

Ainsi une banque de données de la faune, de la petite flore, des insectes, des sols et des sous-sols, et des arbres sera acquise.

Quel est le but de la manœuvre ? Les responsables du Centre sont conscients que les plantations en sous-bois qui vont être réalisées cet été peuvent engendrer des modifications des écosystèmes de ces sous-bois et des zones qui les entourent.
D’une part, les responsables du Centre sont soucieux de mesurer et de suivre les évolutions possibles des écosystèmes dans ce cadre, et d’autre part, ils sont soucieux de mesurer et de suivre les évolutions possibles qui affecteraient les écosystèmes des parcelles des autres propriétaires. Ainsi, régulièrement ce type d’opération sera renouvelé.

Deux heures après a lieu le regroupement de toutes les équipes. La somme des résultats apportés est volumineuse. Une mine de renseignements vient d’aboutir sur les tables. Le temps de prendre un goûter bien mérité et les groupes se retirent dans leurs salles d’activité pour dresser un bilan de l’opération, faire quelques tris et préparer la retransmission qui aura lieu demain matin. Nous voyons déjà se profiler la qualité des résultats qui seront dévoilés lors de la retransmission de demain.
Toutes ces opérations nous accaparent. Le temps passe vite. Il est déjà l’heure de la douche, du dîner, du temps libre, et de la soirée.

Cette dernière soirée s’est passée en musique, avec l’immanquable Boom de fin de séjour ! Au Centre de Séjours Scientifique, à elle seule LA BOOM est une institution. Disc jokey, lumières psychédéliques, ambiance, sonorisation, bar sans alcool, tout y est ici pour que la boom du centre soit une soirée réussie pendant laquelle tout le monde s’éclate. Posez la question à tous ceux et celles qui sont venus à nos booms !! Chacun, dix ans après, s’en souvient encore.....


Vendredi 6 mai : Retransmission

Aujourd’hui retransmission et compte à rebours pour le départ ! Ça sent les grands moments dans tous les couloirs.

Les filles descendent au petit déjeuner avec leurs valises déjà bouclées, ou presque... Ça sent le grand départ.

Les filles se pressent au retour du petit déjeuner... Ça sent la fébrilité des grandes retransmissions (les retransmissions de fin de séjour sont encore une autre institution du Centre de Séjours Scientifiques).

Le dernier forum donne le ton, il est plus rapide, différent, les professeures sont toutes là, elles écoutent, réjouies et satisfaites de cette semaine scientifique dont ont bénéficié leurs jeunes élèves.

Déjà Marianne et Marine, les éducatrices « Vie quotidienne », font un bilan et remercient chaleureusement les 46 jeunes filles. De ce côté là, le séjour s’est très très bien passé.

Les éducateurs (trices) scientifiques sont là aussi : Anne, Lydie, Sabrina, Alain, et Clément. Bilan très positif également ! Dernière ligne droite ce matin à ne pas rater.

Le groupe des jeunes filles, les éducateurs, les professeures ne font qu’un lorsque les applaudissements de toutes et de tous viennent féliciter et remercier chacune, chacun.

Et c’est parti pour la retransmission, après quelques dernières mises au point.
A chaque stand correspond un segment de transect étudié. Il y a ici, dans la salle du Petit réfectoire le stand A, le stand B, le stand C, le stand D, et le stand E. Posters au mur, matériels et outils exposés sur les tables, échantillons, résultats, preuves sont là pour témoigner de la recherche sérieuse, appliquée que les jeunes collégiennes ont mené.

Stand A

Stand B


Stand C

Stand D


Stand E
Segment A
Pédologie & Faune
Flore & Paramètres physico-chimiques
Arbres
Stand A
Stand A
Zoom sur les Insectes
Zoom sur l’étude des Sols
Zoom sur les Plantes
Zoom sur les Paramètres physico-chimiques
Zoom sur les Arbres
Segment B
Les Insectes
La Pédologie
Les Paramètres physico-chimiques
Segment C
La Pédologie
Les Paramètres physico-chimiques
La Flore
Zoom sur la Flore
Les Arbres
Echantillons de carottes
Segment D
Les Insectes
Les Arbres
La Pédologie
La Flore
Les Paramètres physico-chimiques
Stand D
Segment E
La Pédologie
Les Arbres
Les Insectes
La Flore
Les Paramètres physico-chimiques
Stand E

Affluence. Questions, réponses, échanges, débats contradictoires. Pendant une heure cette retransmission a transpiré les sciences pures et les sciences humaines. C’est une réussite !!

Il est 12H00. Départ dans deux heures.....
Déjeuner succulent, tables bruyantes des derniers instants, souvenirs déjà.

Il est 13H00. Départ dans une heure.....
Derniers préparatifs. Qui un sac à dos. Qui des accolades qui n’en finissent plus. Échange de dédicaces. Le bus est sur le parking, les moteurs Volvo tournent.

Il est 13H30. Départ dans trente minutes.....
- Les bagages en premier.
- Les jeunes filles du lycée privé FIELDGEN de la rue d’Anvers à Luxembourg sont toutes sur le pas de la porte et aussi les membres de la Direction et le personnel du Centre de Séjours Scientifiques de la Vallée de l’Ance, les éducateurs scientifiques, les éducatrices de vie quotidienne sont là.
Le bus s’élance, monte la pente jusqu’en haut de la route....
« Au revoir » interminables par la vitre arrière du véhicule.

LE SÉJOUR PERCEPTION DE LA CLASSE FIELDGEN A ÉTÉ UNE AVENTURE SCIENTIFIQUE ET HUMAINE EXTRAORDINAIRE.

Merci à toutes. Merci à tous. Et à l’année prochaine...!

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