Au fil de l'Arbre Amazone du 07 Août au 21 Août 2015

5 jeunes de 15 à 18 ans ont décidé de découvrir la Guyane et de contribuer à des études Scientifiques. Voir descriptif détaillé

Au fil de l'Arbre Amazone du 07 Août au 21 Août 2015

5 jeunes de 15 à 18 ans ont décidé de découvrir la Guyane et de contribuer à des études Scientifiques. Voir descriptif détaillé

Menez à bien d'incroyables projets scientifiques !
Des voyages scientifiques qui changent le monde
Des aventures hors du commun, des projets réels pour le développement durable

Introduction

L’Amazonie vous fait rêver ? Et bien c’est au beau milieu de la forêt amazonienne, dans une zone sécurisée et protégée que votre séjour se déroulera. Vous serez plongé au coeur de ce pays parmi les plus riches du monde en matière de biodiversité.
Venez participer aux travaux scientifiques sur la faune et la flore locale afin de connaître et protéger cette diversité. En effet, cette dernière est menacée : l’exploitation forestière, le développement urbain et routier, l’orpaillage, sont autant d’agressions pour ce poumon de la planète.
Vous ferez avancer le Programme de recherche PERCEPTION d’Objectif Sciences International et peut-être croiserez-vous le regard du célèbre Jaguar d’Amazonie…
…et comme c’est en communiquant sur toute la richesse que renferme la forêt qu’il sera alors possible de sensibiliser l’opinion publique et faire évoluer les mentalités, l’effet de votre séjour dépassera de loin la durée du voyage.

Le Journal de Bord

Vendredi 7 aout

17h arrivée à l’aéroport

18h récupération des bagages

Toute l’éqiuipe à bon port !

18h30 découverte de nôtre petit chez nous jusqu’à dimanche.

Au mur, une carte de Guyane vierge. Cachés un peu partout dans le maison, des petits papiers avec des syllabes inscrites dessus.
A nous de recomposer les mots ou plutôt les différents noms de lieux dans lesquels nous passerons du temps durant nôtre séjour.
Awala
Kourou
Cayenne
Kaw

Maitenant, il faut les placer sur la carte..... pas si évident que ça !

Après un repas bien mérité : excellentissime pâtes carbonara préparées par Noé, Marion et Guillemette, nous allons faire une petite balade digestive sur la plage qui est juste à côté de la maison.
Il s’agit de la plage de Montabo.

Ce soir comme cadeau de bienvenue nous avons eu le privilège d’assister à la naissance de tortues Luth !

La tortue luth est la plus grosse tortue marine au monde avec un poids moyen de 450kg et une taille de 160cm. Elle se nourrit quasi-exclusivement de méduses.
Elles viennent pondre entre les mois d’avril et août. Les plages de l’Est accueillent près de 5000 pontes tous les ans et ce soir nous avons pu admirer le résultat !

https://youtu.be/7OuUzbG8NRQ

C’était un moment magique !

Règles d’observation des tortues marines

Samedi 8 aout

Réveil tardf suite au décalage horaire, tous le monde se rassemble autour d’un petit déjeuner frugal, puis direction la piscine qui nous faisait de l’oeil depuis notre arrivée.

C’est après plusieurs heures de baignade que nous sommes sortis pour déguster des restes cuisinés avec amour par les cuisiniers du jour précédent.
Suite à l’apparition de quelques brûlures sur le dos de certains, nous nous sommes mis en quête d’une pharmacie pour acheter, entre autre, nos moustiquaires. Puis une rencontre décisive pour le reste du voyage se fit : le joyeux, le prodigieux, l’éblouissant, intarissable source de savoir sur les peuples méconnus de la partie sud du continent amérindien, animateur et magicien à ces heures perdues : Manu.
Une fois les hamacs (magnifiques) achetés, nous nous sommes dirigés vers la place des Palmistes, où se tient entre de grands palmiers une statue de Felix Eboue, grande figure de l’outre mer qui ont oeuvré pour la défense de la démocratie.

En direct de la place des Palmistes

Sur place se tenait ce week-end le 5e rassemblement des peuples autochtones de Guyane.

Nous en avons beaucoup appris sur les différentes ethnies qui peuplent le pays, de part la grande disponibilité des personnes tenant les stands mais aussi de Manu.

Nous avons vu des objets locaux (parures, bijoux, mais aussi des couleuvres qui sont des presses à manioc (plante locale) qui permettent en pressant la plante d’en extraire l’acide cyanhydrique extrêmement toxique, pour transformer en aliment le tubercule de manioc.

Une couleuvre servant à presser le manioc

Les recettes sont variés : couac, cassave sans oublier le cachiri boisson de toutes les fêtes.
Nous avons d’ailleurs consommé ce jus devant un spectacle multi-culturel où différents peuples venaient effectuer des danses rituelles ou bien chanter des airs typiques de la région.

Il y a 6 peuples locaux mais beaucoup plus si on prend en compte les peuplades immigrées. Ainsi, les Tekos, les Wayanas, les Wayapis, les Palikurs, les Arawaks et les Kali’nas n’étaient pas les seuls à partager leurs cultures ce soir. Les plus nombreux sont les Kali’nas ainsi que les Tekos et les moins nombreux sont les Arawaks dont les 400 individus vivent dans de petits villages où la culture ancestrale se perd peu à peu.

Ce soir c’était repas spécialité : du nassi
C’est un plat qui vient du Surinam et qui est composé de riz, d’une sauce soje,de haricots et de poulet.
Nous avons également pu goûter une boisson faite à partir de manioc : du kachiri

Dimanche 9 aout

Après cette petite journée d’acclimatation, nous prenons la route direction Awala !
Fini la glandouille, il est maintenant temps d’entrer dans le vif de notre sujet !
Durant le trajet (3heures de minibus) nous verrons les différentes spécificités des oiseaux et les critères importants à observer et noter lorsque l’on cherche à les identifier.
Dans l’après midi nous monterons les filets de capture sur notre zone d’étude et ce soir, c’est enfin le moment de la capture !

Solène vient de me téléphoner (Florian directeur OSI séjours Drome) pour me donner des nouvelles. Ce soir les participants ont capturé avec leurs filets des chauffes-souris. La chaleur est bien présente tout au long de la journée.

Ce lundi a été utilisé pour des observations ornithologiques.
Tout le monde est en super forme.

Le groupe n’aura pas accès à internet avant le 13, nous essayerons donc de vous donner des nouvelles si Solène capte avec son téléphone.

Bonne soirée.

Dimanche 9 aout : le vrai !

Dimanche matin, nous nous sommes levés relativement tot pour partir s’installer dans la réserve de l’Amana à Awala Yalimapo. Après trois heures de voyage, nous sommes enfin arrivés et nous avons commencé à installer nos hamacs. Ce ne fut pas une mince affaire. Les hamacs enfin montés, nous avons rejoint notre guide Sylvain et son fils Quentin qui avaient installé des filets pour attraper oiseaux et chauve-souris. Le site de capture, appelé Pilwal, n’avait jamais été utilisé auparavant pour piéger et identifier des chiroptères.
Des chercheurs avaient simplement enregistré les différents cris de chauve-souris et rencontré des difficultés lorsqu’il avait fallu attribuer un cri pour une chauve-souris. En effet, certain cri ne correspondaient à aucune espèce normalement présente dans cette zone d’étude. L’hypothèse est donc qu’une nouvelle espèce serait présente.

C’est pour cette raison que nous sommes venus ici afin de procéder à des captures et identifications d’individus et tenter de découvrir si une nouvelle espèce est réellement présente dans cette zone.

Nous avons capturé en début de soirée cinq oiseaux de deux espèces différentes : des moucherolles pie et des grimpars talapiot, ces derniers ont la particularité d’avoir les plumes de leurs queues très rigide, ce qui leur assure un meilleur équilibre lorsqu’ils sont posés sur une branche. Il s’agit aussi d’une des familles forestières les plus complexes de Guyane. Nous les avons observés et bagués avant de les relâcher de nos propres mains.

Moucherolle pie

Nous sommes ensuite retournés à notre carbet où la propriétaire nous avait préparé un repas typiquement guyanais à base de manioc : nourriture particulière mais au combien appréciée par notre groupe.
Nous avons ainsi pu échapper à la vague de moustique qui arrive chaque soir au couché de soleil vers les marais où se trouvaient notre guide. Nous sommes ensuite retournés voir Sylvain pour observer cette fois-ci les chauves-souris.

Nous les avons à tour de rôle tenues et examinées afin de déterminer leur espèce. Pour cela, il faut procéder en plusieurs étapes : la capture, les chauves-souris en se prenant dans les filets s’emmêlent, il faut alors les démailler soigneusement afin de ne pas les blesser, le tout sans se faire mordre. Elles sont ensuite placées dans des pochons en tissu suspendu afin de diminuer leur stress engendré par la capture. Ensuite il faut les examiner en suivant une clé de détermination par exemple en mesurant la taille de l’avant-bras, la présence ou non d’un uropatagium (membrane présente entre les deux pattes arrières), le nombre d’incisives, tant de critères permettant de déterminer son espèce.

Durant la soirée, nous avons pu capturer 10 individus de 6 espèces différentes : Sturnira tildae, Micronicteris minuta, Sturnira lilium, Platyrrhinus brachychephalus, Glossophaga soricina, et enfin Rynchonycteris naso. Cette dernière, insectivore, possède un sonar plus développé que ses congénères et donc détecte très bien la présence des filets. Il est donc plus difficile de les capturer. Comme il se faisait tard, nous avons replié les filets puis nous sommes rentrés vers minuit pour nous coucher. Après quelques péripéties avec les hamacs, tout le monde a pu rejoindre les bras de Morphée.

Lundi 10 aout

Après un réveil difficile du fait d’une nuit courte nous avons profité d’un petit déjeuné aux couleurs locales. Quelle confiture choisir devant tant de choix : goyave, papaye, mangue...? 9h, il est tant de lever le camp direction Panatos. Aujourd’hui, nous faisons des observations ornithologiques. Afin d’apprendre tous les critères nécessaires à l’identification des oiseaux, Solène nous a préparé des petits rébus ; il s’agit de critères comportementaux et anatomiques : le chant, la silhouette, la forme des ailes, la queue, le bec, la taille, le comportement, le vol et l’habitat.

Equipés de nos jumelles et de nos carnets de note, il nous a donc été possible d’identifier quelques espèces :
Buse à tête blanche : c’est une espèce propre aux marais car elle a besoin d’eau pour chasser Buse à tête rousse : espèce la plus courante au nord de la Guyane
Urubu à tête rouge : espèce très commune
Busard
Conur cuivré
Tyran mélancolique
Rale piolo : c’est un oiseau marcheur qu’il est quasiment impossible de voir, il a donc été identifié grâce à son chant
Tangara évêque : c’est un oiseau aux couleurs bleue-turquoise que l’on trouve souvent dans les jardins et qui est communément appelé Bleuet
Twiete : c’est le plus petit perroquet de Guyane, la spécificité du mâle c’est d’avoir un gros croupion bleu
Colombe de verrot
Batara hupé : c’est un oiseau très commun en Guyanne
Batara rayé : son chant est très proche de celui du Batara hupé
Coracyne à col nu : il est très rare d’en observer dans la région, il vit normalement dans le bassin amazonien, dans les forets marécageuses. Il est très peu connu en Guyane, on en trouve toutefois quelques spécimens dans l’est.
Cette observation est donc particulièrement intéressante.

Nous avons également utilisé une technique permettant d’attirer les oiseaux .Nous avons diffusé différents chants extrais d’une base de données sonores internationales. Néanmoins cette technique peut perturber l’oiseau et l’amener à redéfinir son territoire. Nous avons donc pu observer grâce à cette technique :
Tirano franget : spécifique de ce biotope
Jacamar vert
Picum franget : c’est la plus petite espèce de Pic de Guyane, c’est une espèce très rare.

Nous profitons d’une petite pause pour installer nos affaires à l’auberge de Simili, où nous passerons les prochains jours. La vue est plutôt sympathique, nous sommes face à l’océan atlantique et sur notre droite nous pouvons voir le Surinam.
Après un repas à Mana, nous sommes partis observer les oiseaux migrateurs des rizières de Mana.

Actuellement, un nouveau projet est entrain de se mettre en place dans une rizière. Il s’agit de la récupération de six casiers qui seraient donnés en gestion à des associations naturalistes. Casier : zone rectangulaire d’environ 2,5x0,5 km. Cette rizière en compte une trentaine.

Certaines espèces de Limicol voient leur population fortement diminuer au fil des années faute de réglementations pour les chasseurs et de connaissances ce qui entraîne la mise en place de ce projet.
Il est donc plus qu’important d’étudier ces populations et qu’elles soient suivies.

trace d’un raton crabier

Après notre premier entrainement du matin l’observation aurait pu nous sembler facile mais il est très compliqué d’identifier certaines espèces, particulièrement lorsqu’elles sont en mouvement.
Au retour, une partie du groupe est en partie rentrée à pied et a eu la chance d’observer une chouette effraie et un caïman au loin.

Mardi 11 aout

Ce matin on ne rigole pas, 5h30 tout le monde debout direction la plage des hattes à la recherche des toutes dernières tortus luths venues pondre.

Après deux heures à arpenter la plage, il faut se rendre à l’évidence, il n’y aura pas de tortue luth ce matin.

Mais ça valait tout de même le coup de se lever aussi tôt, rien que pour le lever de soleil sur la plage !
Tout le monde a rejoint son hamac pour ajouter une ou deux petites heures de sommeil à son compteur.
Cette après midi nous sommes restés sur place et avons observé les limicoles présents au niveau des bandes de vase.
Vers 17h, nous avons installé les filets de capture. Ce soir c’est soirée Chiroptère !

Après une petite révision de l’anatomie des chauves-souris, c’est reparti pour l’identification.

Artibeus Jamaicensis

Ce soir la capture est bonne, une petite quarantaine d’individus.
A notre tableau des espèces ce soir :
Artibeus Jamaicensis (fructivore)
Saccopteryx leptura ( insectivore)
Glossophaga Soricina (nectarivore)
Lonchophylla Thomasi ( nectarivore)
Noctilio Leporinus ( piscivore)

Une grande partie des Glossophages étaient des individus en pleine gestation. Cette information permet d’émettre des hypothèses sur la période de reproduction de cette espèce.

Vers 1h du matin nous sommes retournés à la plage des hattes pour tenter une fois de plus notre chance avec pourquoi pas, une ponte de tortue luth mais non. Ce ne sera pas pour ce soir non plus.
Vers 2h, c’était la marée haute et nous avons pu observer un phénomène époustouflant. Avec la marée montante, du phytoplancton phosphorescent se dépose sur le sable et offre un spectacle féerique.

Mercredi 12 aout

Ce matin, nous sommes partis à la réserve de l’Amana où nous avons pu visiter son petit musée.

Squelette de tortue luth

Sylvain et Quentin y ont installé un piège dans le but de capturer un Martinet de Cayenne, oiseau très difficile à attraper de part sa rapidité, qui nichait sous les toits. Il n’avait jamais été capturé auparavant ainsi les chercheurs n’avaient aucunes données ADN. Après une longue attente, alors qu’ils allaient démonter le filet, notre petit martinet a enfin décidé de pointer le bout de son bec et de s’emprisonner dans le filet. C’est ainsi que nous avons eu la chance d’assister à la première capture du Martinet de Cayenne.

Martinet de Cayenne

Nid du martinet de Cayenne

Après un bon repas, nous sommes partis en direction des rizières dans le but d’y recenser des oiseaux. Nous avons ainsi pu observer de magnifiques sturnelles militaires
Orioles jaunes
Anhiga
Busard de buffon
Trèbe à gros bec
Tyran mélancolique : ventre jaune
Tyran des savanes : ventre blanc et longue queue
héron striéde
Tyran quiquivi : bandeau blanc qui ne se rejoint pas derrière
Dendrocine : canard au bec rouge
Bacasseau maubèche : il a perdu 80% de sa population en très peu de temps, ce qui en fait une espèce très importante à recenser. C’est un oiseau qui reste en front de mer.
Nous sommes donc ensuite allés sur la plage pour faire un comptage d’Ibis rouge et de Grande aigrette pour compléter les données de Sylvain.

Ensuite, nous sommes rentrés et nous avons préparé non sans difficultés des pâtes pour lesquelles nous avons sacrifié une fourchette en plastique. A cette occasion, Sylvain nous a prêté sa casserole et son réchaud dont il est très fier. Nous avons ensuite joué au président pendant que les yinyins nous mangaient puis nous sommes allés nous coucher.

Jeudi 13 aout

Aujourd’hui, nous avons remballé nos affaires car nous rentrons à Cayenne pour y rester une journée. Juste avant de partir, nous sommes allés voir une colonie de chauve-souris qui s’était réfugiée dans un bâtiment ancien. Nous avons alors fait une découverte extraordinaire : les chauve-souris Natalia naissent sans poils alors que tous les autres bébés naissent couverts de poils. C’est donc la première fois que nous découvrons cette particularité !!! Après ce « scoop », nous sommes partis nous baigner dans une crique. L’eau y était fraîche et la foret magnifique et nous avons expérimenté la pluie tropicale d’ailleurs plus chaude que l’eau. Nous avons enfin fait une halte devant le centre spatial de Guyane à Kourou pour finalement arriver à Cayenne en début de soirée.

Là-bas, nous avons fait des courses pour les trois ou quatre jours qui viennent puisque nous allons dans la foret amazonienne au camp de Patawa. Lors du dîner, nous avons goûté une nouvelle boisson faite à partir d’un fruit dont nous n’avons malheureusement pas compris le nom.

Vendredi 14 aout

Aujourd’hui, nous sommes allés au marché de Cayenne où nous avons goûté des spécialités de Guyane avec par exemple du poulet, du poisson et des bananes fries ainsi qu’un jus typique. Lors de notre visite du marché, nous avons acheté des souvenirs. Nous y avons vu des épices, du rhum, des robes, des pots en bois... Une fois les valises prêtent, nous avons une dernière fois profité de la piscine puis il était enfin temps de partir en direction de la foret amazonienne. A notre arrivé, après trois heures de route, avec une extrême rapidité (oui nous sommes plutôt fiers de nous), nous avons monté les hamacs. Puis nous sommes partis pour la réserve Trésors où Sylvain présentait une soirée chiroptères accompagné de Quentin.

Nous avons ainsi vu Cinq nouvelles chauve-souris appartenant à trois espèces différentes et capturées en début de soirée ainsi que deux oiseaux : un fourmilier manikup et un grimpar.

Fourmilier manikup

Une exposition présentait différentes espèces que l’on peut voir en foret ainsi que leurs caractéristiques. Nous avons encore appris plein de choses !
Les chiroptères comprennent deux sous-ordres, les Microchiroptères, espèces se dirigeant au sonar, et les Mégachiroptères, espèce se dirigeant à la vue.

Les premières sont le plus souvent insectivores de taille petite à moyenne, alors que les secondes sont de grande taille et se nourrissent exclusivement de fruits ou de nectars et pollens.

Les vampires, seuls mammifères à se nourrir exclusivement de sang, sont les chauves-souris dont le régime alimentaire est le plus atypique.

Lorsqu’il détecte une proie, il se pose à proximité d’elle et avance en marche quadrupède, se dressant sur ses longs pouces qui émergent de la pliure de l’aile. Il grimpe précautionneusement sur l’animal, reculant ou s’immobilisant dès que ce dernier fait un mouvement, et sélectionne une zone facile d’accès. Il lèche alors la peau et, de ses incisives tranchantes en découpent un fragment de quelques millimètres carrés de surface, atteignant ainsi le derme et les petits capillaires qui l’irriguent. Cette opération est très rapide et ne réveille généralement pas la proie. En léchant la plaie (sa salive est anticoagulante), il absorbe le sang qui suinte, jusqu’à ce que son estomac soit complètement rempli. Il s’envole alors lourdement et reste un moment perché à proximité de sa victime. Il urine abondamment, afin de concentrer le sang qu’il a prélevé en éliminant l’eau superflue et peut faire un second repas avant de retourner à son gite.
En métropole, ce sont les oiseaux qui sont principalement responsables de la dissémination des graines. En Guyane, ce sont les chauves-souris qui assurent ce rôle primordial.

A la fin de la soirée, nous sommes rentrés au camp Patawa où nous logeons.
Petit camp perdu au milieu de la foret où règne un calme absolu.
Nous avons eu la chance de participer à une soirée d’observation d’insectes. Le piège est constitué de lampes à mercure et d’un drap blanc . Les insectes sont attirés par la lumière et se posent alors sur le drap.

Nous pouvons donc les observer à notre guise. Nous avons ainsi pu voir des mentes religieuses qui venaient se nourrir des papillons, des guêpes, des punaises, des sauterelles feuilles et un grand nombre de papillons de nuit comme des sphinx.

Samedi 15 aout

Notre première nuit au camp Patawa fut bercée par le cri des singes hurleurs mais c’est avec une grande satisfaction que nous nous sommes aperçus que les moustiques se faisaient rares dans cette région montagneuse au cœur de la foret primaire.
Bien que la saison des pluies touche à sa fin, plusieurs orages ont éclaté dans la nuit.
Nous sommes partis à la rencontre d’espèces comme le tamarin à mains dorées, qui est un petit singe au pelage sombre et à la longue queue, ou encore des grenouilles comme la Dendrobate à tapirer (magnifique petite amphibienne aux motifs bleus, jaunes et noirs),

l’atélope ou le crapaud feuille, tout deux de couleur marron, se camouflant parfaitement sur le tapis de feuilles mortes qui recouvrent le sol.

La végétation dense et formée d’une multitude d’espèces ne laisse que très peu passer la lumière. En effet, elle représente la ressource essentielle pour laquelle les plantes vont entrer en compétition. Théoriquement, celles qui sont situées plus haut que les autres leur font de l’ombre, captent plus d’énergie, se développent plus vite et accroissent ainsi leur avantage. Mais il existe d’autres contraintes, physique comme la pesanteur ou le vent, chimique comme la composition des sols et leur disponibilité en eau et en éléments minéraux, biologique comme la vulnérabilité aux parasites et aux animaux prédateurs etc. qui vont conduire les plantes à de multiples solutions arrivant à des compromis. En écologie, on parle de « stratégie » pour décrire les adaptations développées par les êtres vivants en réponse à ces diverses contraintes.

Une des contraintes supplémentaires pour les végétaux en sous bois est qu’ils subissent un bombardement fréquent par les déchets divers qui tombent de la canopée. En revanche, ils se développent dans un milieu protégé du vent où la température et l’humidité sont quasiment constantes.

Pour survivre dans cet environnement hostile, les plantes de sous bois ont subi de profonds changements au niveau de la physiologie et de l’anatomie de la plante. Changement qui deviendrait par la suite, incompatible avec la vie en pleine lumière.

Durant notre exploration du sentier botanique de la réserve trésors,nous avons pu constater que l’on trouvait différents végétaux en foret.

Tout d’abord, l’arbre représente la majorité de la biomasse forestière. Botaniquement, l’arbre est une plante qui possède un tronc. Ce dernier s’accroît en hauteur par la cime et en épaisseur par son cambium, couche de cellules situées entre l’écorce et l’aubier ou « bois tendre ». C’est dans l’aubier, partie vivante et périphérique du tronc, que circule la sève, alors que la partie centrale est formée par ce que l’on a coutume d’appeler le « bois dur ». Le bois dur provient de l’ancien aubier qui est mort, sclérifié et durci. Il sert à rigidifier le tronc et a perdu son rôle conducteur.

Les plus grands arbres rencontrés en Guyane sont des « émergents » qui dépassent ça et là, le niveau moyen de la canopée étant de 10 à 20 mètres. Les deux plus grandes espèces au monde sont le séquoia géant (115 mètres), en Amérique du Nord et l’eucalyptus royal (130 mètres), en Australie. Ici, les arbres possèdent une particularité bien visible à terre : leurs racines. En effet, la terre meuble repose sur un socle rocheux très haut, ne laissant aux racines qu’une très faible profondeur pour se développer. Les racines ont principalement deux rôles : le premier est d’alimenter l’arbre en oligo-éléments, minéraux.. autant de nutriments qui se trouvent en abondance dans le sol de la jungle amazonienne. Le second rôle, aussi important que le premier, consiste à assurer une résistance aux contraintes physiques comme le vent et la pesanteur. C’est pourquoi les arbres ont développé des racines en forme d’échasses, normalement produites par le tronc mais aussi par les branches, fréquentes chez les arbres de petites ou moyennes tailles comme dans les mangroves ou les marécages.

Le second type de racines sont les racines traçantes, qui se développent dans les 20 premiers centimètres du sol couvrent une surface considérable et permettent à la plante de diversifier les nutriments absorbés. Enfin, les racines contreforts se rencontrent dans les familles très variées et sont généralement très fréquentes en foret tropicale humide. Concernant généralement des arbres de très grandes tailles (30m et plus), ils agissent comme des haubans qui accroissent la résistance de l’arbre au vent et à la gravité. C’est d’ailleurs dans les contreforts d’un Bois roucou (Sloanea spp.) que nous avons vu notre première Dendrobate à tapirer.

Bien qu’elles ne représentent que 2 à 3 % de la biomasse forestière, les lianes participent à la formation de près de 10 % des feuillages de la canopée.
La stratégie des lianes consiste à faire l’économie d’une tige autoporteuse et d’utiliser les arbres voisins pour parvenir aux zones ensoleillées.
photo : Echelle tortue (Fabaceae) Bauhinia longicupsis
feuille sabot de chèvre et croyance tortues

Enfin les épiphytes sont des plantes qui se développent sur d’autres végétaux et qui ne sont jamais reliées au sol par des racines. Il ne s’agit pas de parasites, l’arbre porteur n’étant utilisé que comme simple support, jamais pénétré par les racines de l’épiphyte.
En Guyane, elles sont omniprésentes et un seul arbre peut en supporter plus de 30 espèces.

Dimanche 16 aout

Aujourd’hui, après un bon petit-déjeuner, nous sommes partis vers 10h30 pour voir les coq-des-roches. La population des coqs de roche est très dispersée dans le territoire Guyanais ce qui rend cet oiseau rare et difficile à observer. Cette espèce arbore une crête de plume toujours hérissée et il existe une énorme différence entre le mâle et la femelle. En effet le mâle est complètement orange et la femelle marron chocolat. Cette espèce se situe principalement aux abord des grottes et des falaises. Les femelles installent leur nid sur les parois rocheuses à plusieurs mètres de hauteur ce qui les rend inaccessible aux prédateurs. C’est donc cet habitat spécifique qui réduit la répartition de l’espèce à une douzaine de massif connus des chercheurs. C’est grâce au GEPOG que le sentier a été ouvert car les chercheurs ont démontré que les visiteurs ne dérangeraient pas les parades nuptiales.
C’est après une marche de 30 minutes, nous sommes arrivés au lek des oiseaux : c’est l’endroit où paradent les mâles pour attirer les femelles. Ils gonflent leur pelage, chantent... Nous n’y avons malheureusement pas vu de mâle ni de femelle même si nous n’y sommes pas restés très longtemps puisque on est parti vers la grotte où les femelles nichent. Là-bas, nous avons observé en silence la grotte pendant une heure. Notre patience a été récompensée lorsque nous avons fini par voir une femelle. Malheureusement nous n’avons pu apercevoir de mâle. Nous sommes ensuite repartis au camp pour manger. Vers 14h00, on est reparti en balade dans le marais de Kaw. Les vastes prairies de Kaw, ou « savanes flottantes » fonctionnent comme des tourbières : les graminées y poussent sur un matelas d’herbes mortes accumulées au cours des siècles. Lors d’un carottage effectuer à 5 km des cotes des chercheurs ont mesurer une épaisseur de 3 m de tourbe. la couche la plus ancienne, vielle de 10 000 ans reposait sur lit de sable marin. Ces grands marais sont drainés, par des cours d’eau qui se jettent en mer ; des radeaux d’herbe flottante y dérivent, en fonction du flux et du déflux des marées, en saison des pluies, les prairies sont presque entièrement immergées.

Ces marais sont réputés pour ses grenouilles. Nous en avons en effet vu plusieurs mais il fallait pour cela marcher à coté d’elle et les faire bouger pour pouvoir les voir ; leur camouflage ne nous permettait pas de les remarquer lorsqu’elles étaient immobiles. Sur le chemin, nous avons rencontré des lézards, des papillons et même une mygale, la plus grosse du monde, sur laquelle Solène a failli marcher. Arrivés au bout du chemin, nous avons vu une paroi rocheuse gravée en granit. Elle était composée de riches motifs entremêlés. On peut y observer une figure de forme humaine (le corps d’une femme composé de deux triangles opposés par leurs sommets), mais aussi deux figures serpentiformes. Ces gravures ont été obtenues par piquetage suivi de polissage. Nous n’y sommes pas restés très longtemps en raison des moustiques présents en très grand nombre. Sur le retour, nous nous sommes arrêtés pour regarder les ruines d’un moulin à eau. Nous sommes ensuite rentrés définitivement au camp Patawa.

Ensuite nous sommes reparti à la réserve de Trésor à nous avons fait une marche de nuit sur un sentier puis autour d’une marre, pleine de surprises !
Nous vous laissons découvrir :

Lundi 17 aout

Aujourd’hui nous nous sommes levés vers 8h00. Nous avons ensuite pris notre petit déjeuner avant de partir retenter notre chance sur le sentier du coq de roche. Nous sommes restés immobile de longue minutes au lek dans l’espoir d’apercevoir le majestueux spécimen. Au bout de 30 minutes nous avons pu observer une femelle posée à une dizaine de mètres de nous. Nous n’avons malheureusement pas eu le chance d’apercevoir le mâle, pourtant d’une couleur bien plus remarquable.

Femelle coq de roche

Vers midi nous nous sommes résignés et sommes rentrés au camp. De là nous avons remballer nos affaires, décroché nos hamacs avant de partir pour Rourra où Syvain nous attendait pour une soirée capture. Mais avant, nous faisons un petit crochet proche d’une aire de harpie féroce.
C’est le plus grand aigle du monde. Son envergure peut atteindre 2,30 mètres pour un poids de 7kg.
Il n’est observé que très rarement car il est très discret.
A défaut d’avoir pu observer un mâle coq de roche, nous avons eu le privilège de voir un jeune Harpie. Nous réalisons d’autant plus la chance que nous avons eu lorsque Sylvain nous informe que ce nid est le premier connu en Guyane et que seul un dizaine de personnes ont pu observer cet animal.

Le soir nous avons refait une séance de capture de chiroptère qui a été très fructueuse, plus de trentes individus ont pu être identifiés.
Nous avons également testé un appareil que nous n’avions jamais utilisé, un scanner 3D. Nous avons donc testé ce nouvel outil sur nous dans un premier temps puis sur les chauves-souris. Cela pourrait permettre de créer une base de donnée générale et rescencer pleins d’individus mais les essais ont mieux fontionnés sur nous !
En effet, la luminosité n’était pas suffisante et les chauves souris sont de trop petite taille.
Nous avons par contre réussi à filmer en 3D l’envole de quelques individus.
Nous diffuserons prochainement les résultats.
Nous avons même en début de soirée capturé quelques oiseaux dont un colibri et un manakin à tête d’or.

Manakin à tête d’or

Nous avons également au cours de cette soirée eu la chance de rencontre Philippe Gaucher, directeur technique de la station du CNRS des Nouragues.

Mardi 18 août

Ce matin, nous laissons de côté la biologie pour s’intéresser à la physique.
Problème :
Si mon minibus pède ce poids, sachant que l’adhérance des roues avant dans de la boue et égale à x-tvp, combien de temps nous faudra-t-il pour sortir le minibus de là ?
Vous aurez compris, nous avons eu quelques péripéties suite aux fortes pluis de ces derniers jours. Mais quelques brouettes de graviers plus tard, tout était réglé et nous avons pu rejoindre monsieur Gaucher, qui nous avait proposé la veille de nous faire une visite VIP du zoo de Cayenne.
Nous avons pu poser toutes nos questions et avons appris un tas de chose sur la façon dont certaines espèces vivent et sont étudiées ici en Guyane.

Mercredi 19 août

Ce matin nous avons visité le futur FabLab du pôle universitaire de Cayenne.

Un fablab (contraction de l’anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication ») est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur, pour la conception et la réalisation d’objets.

L’après midi a été consacré à une ballade dans le centre de Cayenne, où nous avons pu regarder une exposition photo organisée par le CNRS.
Le soir se tenait le dernier concert de l’été sur la place des palmistes. Ce fut une soirée très agréable.

Jeudi 20 août

Ce matin nous préparons nos valises !
Non nous ne partons pas aujourd’hui, enfin pas direction la France.
Nous allons à Kourou car ce soir à 17h10 exactement, Ariane 225 va être lancée !
Comment mieux finir un séjour qu’avec un lancement de fusée ?!
Nous sommes tous super exités et ne pourrons probablement pas mettre de photo avant notre retour en France.
Mais un petit mot sera déposé soit sur le journal de bord, soit par e-mail pour vous informer de notre départ.

A bientôt !

Vendredi 21 Août

Bonjour, c’est encore Florian le directeur OSI Provence.
Solène vient de me téléphoner. Le décollage d’Ariane 5 était vraiment très impressionnant.
Tout le monde est maintenant à l’aéroport prêt pour le retour en France. Le vol est pour l’instant à l’heure.

A bientôt.

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